‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 75 sur 140 · L’expression se trouve dans Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

L’expression se trouve dans Hérodote, VIII

navires d’escadre. Nous croyons que l’explication est plus simple, et nous reconnaissons ici la stylis (erukîç) à laquelle était attachée la flamme. Abstraction faite des ornements, il reste en effet un objet en forme de croix; or c'est avec cette forme sommaire que la stylis apparaît sur les monnaies, témoin les tétradrachmes de Démétrios Poliorcète où figure la Victoire de Samothrace*. Le trophée de Pergame nous met donc sous les yeux une stylis de vaisseau, décorée avec une richesse qui ne saurait surprendre à l'époque hellénistique. Dans le reste du bas-relief, le sculpteur a placé un autre ornement de navire, un chênisque (pv iV/.oç) recourbé en col de cygne, des boucliers, des lances, des épées, une cotte de mailles dont on peut affirmer l'origine galatique 2, enfin deux casques, dont l'un, orné d’un panache et d‘un cimier, se recourbe en avant comme un bonnet phrygien3.

Les emblèmes de victoires navales reparaissent sur un autre bas-relief4. Le milieu est occupé par des boucliers grecs, recouvrant à demi un long bouclier galate. A droite, un éperon de navire, et une stylis richement ornée de palmettes et de rinceaux, terminée par une fleur aux larges pétales; à gauche, une cuirasse, une épée avec son baudrier, un ciphlciste, un casque et un gouvernail.

Le quatrième bas-relief présente une composition moins flatteuse pour l'œil, et plus maigre; mais les détails intéressants n'y font cependant pas défaut5. Au centre, un bouclier galate posé contre un bouclier grec vu du côté intérieur; à gauche, des cnémides, des lances croisées; plus haut, un curieux objet ressemblant à une barrette ou à une toque, et qui ne peut guère être qu'une coiffure portée par des auxiliaires barbares de l'armée syrienne. De l’autre côté, un arc et des flèches, une cuirasse de métal, une épée à poignée recourbée en forme de tête d’animal, et munie d’une écharpe nouée autour du fourreau; au-dessus, une trompette. L'objet le plus digne d’attention est une machine de guerre figurée à droite des boucliers. C’est la partie principale d’une catapulte grecque, et le document a d’autant plus de valeur qu’il est unique jusqu'à ce jour. En le rapprochant des descriptions que nous ont conservées les écrits de Héron et de Philon relatifs à l'art militaire, on reconnaît que l’artiste a voulu représenter une machine appelée euthytonon , dont les projectiles étaient des flèches. Toutefois, supprimant de parti pris la base et le magasin à projectiles, il s’est borné à figurer le plinthion, avec ses deux pièces de bois horizontales (-epfrpr-a) réunies par des montants

1. M. Babelon a cité plusieurs exemples de monnaies où la stylis est représentée comme emblème de victoire navale. Mélanges mtmismatiques, ire série, 1892, p. 203-217.

2. Diodore parle des cuirasses à mailles de fer portées par les Galates (ôwpaxai; S’É/ouatv oi3y,poüç àXuciSoiToil;, V, 3o).

3. C’est le seul exemple connu, avec le casque d'un guerrier gréco-italique représenté sur le sarcophage de la Vigna Ammendola. S. Reinach, Les Gaulois dans l'art antique, p. 5g.

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