Suetone, Octavian. 29. Cf. Dion Cassius
nord. Les visiteurs y avaient accès par des portes dont l'architecture était en rapport avec celle des portiques. Les quatre portes n'étaient pas identiques. Si pour les trois pièces de l'ouest, plus petites, on avait adopté un même type d'encadrement architectural, pour celle de l’est, qui était la salle principale, on avait fait, pour ainsi dire, une entrée d'honneur. Plus large que les autres, la porte offrait l'aspect d'un prothyron à deux colonnes doriques, avec des pilastres d'antes. En fait, ces colonnes n’étaient que des demi-colonnes, comme celles des niches du portique; elles terminaient des pilastres contre lesquels elles s'appliquaient, et, au point de jonction, on voit encore les rainures où s’inséraient les vantaux des portes. Antes et pilastres étaient couronnés par une architrave à deux fasces, avec une rangéè de denticules1. Ainsi, l'entrée de la bibliothèque avait une apparence monumentale qui la désignait de loin à l’attention, et elle formait comme un décor de fond à l’extrémité du portique oriental. Le cadre architectural des autres portes était différent. L intervalle entre les antes était coupé seulement par un pilastre, terminé sur ses faces étroites par une demicolonne2. Nous retrouvons là une disposition déjà connue : c’est celle des colonnettes doubles qui servaient à ajourer le portique du grand autel.
La bibliothèque était donc en communication directe, immédiate, avec la stoa nord. Celle-ci en formait, véritablement le promenoir , et l’expression dont nous nous servons se trouve justifiée par le passage où Plutarque, décrivant la bibliothèque privée de Lucullus, parle des « promenoirs qui l’entouraient »3 4. On comprend fort bien qu’il y eût, auprès des salles de travail, un portique spacieux, où l'on pût causer, lire, ou s’accorder un peu de loisir. A Pergame, les conditions les plus favorables étaient réunies. Les savants qui fréquentaient la bibliothèque voulaient-ils, pour un instant, interrompre leurs recherches? En quelques pas, ils se trouvaient dans une vaste loggia baignée d'air et de lumière ; ils pouvaient s'accouder à la balustrade, reposer leurs yeux sur le calme paysage de la vallée du Caïque, et jouir de la fraîcheur des heures matinales; dans la paix du sanctuaire, nul bruit ne venait distraire leur méditation, sinon la vague rumeur de l’agora, qui montait à peine jusqu’à eux, confuse, indistincte, assourdie par l’éloignement.
Quel aspect présentaient les salles de la bibliothèque, et comment en restituer l'aménagement? Les indices fournis par les fouilles sont fort insuffisants. Nous ne disposons pas ici des ressources qui ont permis de prendre une idée assez exacte de la bibliothèque découverte à Herculanum, dans la Villa dei Papiri h
1. Voir, pour la restitution de la porte, Altertilmer von Pergamon, II, pl. XXXIV.