‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 84 sur 140 · Boissonade, Anecdota, I, p · texte numérisé non relu

Boissonade, Anecdota, I, p

6. Saint Jérôme, E pitre VII , » Unde et Pergamenarum nomen >•. Cf. Boissonade, Anecdota , ibid., SOev... T:epyafj.rlvctç ta; txsgëpotva; xaÀoüoiv.

7. Plutarque, Vie d' Antoine, 58. ?à; sv rhpyâpw piêXtoOrîxa;, ev tu; eixosi gupictSe; f3i5X(ci>v sEirÀiôv r,uav.

LA BIBLIOTHEQUE

l'aménagement d une grande bibliothèque hellénistique. C'est donc une heureuse

fortune que de pouvoir tout au moins restituer avec précision le plan de la bibliothèque pergaménienne, identifiée aujourd'hui d'une façon certaine1. Elle

i. La bibliothèque a été étudiée en particulier par Conze, Die pergamenische Bibliothek, Sit^ungsberichte der k. preuss. Akademie der Wissensclia/ten, 1884, II, p. 1259-1270 et par Karl Dziatzko, Die Bibliotheksanlage von Pergamon, Beitraege \ur Kenntnis des Schri/t-Buch-und Bibliothekswesens, III, Leipzig, 1896, p. 38-47. Cf. Altertiimer von Pergamon, II, p. 56 et suivantes.

PLAN COTÉ DE LA BIBLIOTHÈQUE. (État actuel.)

de droite est à l'alignement du mur de fond du portique oriental. Ainsi, quatre pièces communiquant entre elles, de plain-pied avec le portique supérieur, sur un front de 40 mètres, telles étaient les salles principales de la bibliothèque.

Du côté ouest, on remarque un groupe de constructions, peut-être plus anciennes en partie, et qui semblent avoir formé les annexes de ces salles. Elles ouvrent sur une sorte de cour de service, très irrégulière, qui est à peu près de niveau avec le sol du portique inférieur, et se trouve ainsi en contre-bas des salles de la bibliothèque. Du portique inférieur, on y avait accès par une porte pratiquée dans le mur du fond, et dont le seuil est encore très apparent. Cette porte franchie, on trouvait d abord, à droite, une construction qui s’accotait aux fondations de la salle la plus occidentale, sans qu on puisse imaginer une commu-

occupait un emplacement situé derrière le portique nord, au niveau de l'étage supérieur, auquel elle était contiguë. De ce côté, nous l'avons vu, le relief du terrain est très accentué, et le niveau du sol est au niveau de l'étage supérieur; il s'abaisse ensuite assez brusquement vers l'ouest. C'est sur cette partie de la terrasse qu’on a relevé les vestiges de la bibliothèque : un mur de trachyte, parallèle au mur de fond du portique; des murs de refend, indiquant qu'il y avait là trois pièces; à l'est, une quatrième chambre plus grande, dont le mur latéral

LA BIBLIOTHÈQUE

nication directe, en raison de la différence de niveau. Elle se composait d'une salle unique, précédée d'un prothyron à antes et à deux colonnes. Sur le côté nord de la cour, s’ouvrait un autre prothyron, formant la façade d'une grande construction. Plus loin, des marches et une rampe assez raide conduisaient à un couloir en pente, débouchant sur un vestibule à trois colonnes. Autour de ce vestibule se groupaient des pièces de dimensions inégales, dont quelques-unes paraissent avoir été des pièces d'habitation. Elles sont au niveau des salles de la bibliothèque, sans que nous puissions dire si elles communiquaient avec ces dernières par des portes de service.

Revenons à ces quatre salles principales dont nous avons parlé tout d’abord. Une première observation s’impose, qui permet de fixer immédiatement la date relative de la construction. Ces salles font pour ainsi dire corps avec la stoa, par laquelle on y accédait. Pour y arriver, en effet, il fallait monter l'escalier du Propylon et suivre dans toute sa longueur le portique oriental; alors on se trouvait en face de la salle de l'est, que ses dimensions désignent comme la salle d'honneur, celle où pénétrait tout d'abord le visiteur. Dès lors ne faut-il pas que les salles et les portiques aient fait partie du même ensemble? Et si, comme nous l’avons vu, les portiques ont été construits par Eumène II, la même conclusion ne s’applique-t-elle pas à la bibliothèque ? Nous en trouvons d’ailleurs la confirmation dans le passage de Strabon qui attribue à Eumène II, entre autres embellissements, l'édification de la bibliothèque '. Elle avait donc été conçue comme une sorte d’annexe du sanctuaire d'Athéna Polias, et nous ne devons pas nous étonner qu’Eumène l’eùt placée en quelque sorte sous la protection de la déesse. Il y a bien d'autres exemples d’une disposition analogue. A Alexandrie, une des bibliothèques était contiguë au Sérapéion, et celle qu'Auguste fonda près du temple d'Apollon Palatin était comme une dépendance des portiques construits autour du sanctuaire2.

Avant de rechercher quel pouvait être l'aménagement intérieur des salles, nous devons d'abord réunir les renseignements qui peuvent nous aider à en restituer l’architecture. Ils sont par malheur assez incomplets et ne s'appliquent guère qu’à la grande pièce de l’est. Les fouilles ont mis au jour les restes d'une corniche et d’une cymaise couronnant le mur à l’intérieur; d'autres fragments proviennent d’un fronton. Or, il n'y a d’autre place pour une décoration de cette nature que sur le revers nord du mur du fond. Le fronton était donc placé sur la face nord, dans une partie peu en vue, et n’avait d’autre office que de terminer le mur de derrière.

Nous savons mieux comment les salles communiquaient avec .le portique

1. OStoç... x#\ àvaÔïîaetTa xa\ |Îi6Xio0v}x!«;... npooeiiXoxâX^ce. Strabon, XIII, 4, 2.

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