‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 88 sur 140 · Birt, Das ant. Buchiresen, p · texte numérisé non relu

Birt, Das ant. Buchiresen, p

4. Sénèque parle de casiers disposés ainsi : tecto tenus exstructa locumenta. Dial., IX, 9.

5. M. Conze évalue le chiffre à 14,400 volumes seulement ( Die per g. Bibliuthek, Sit^ungsb. der k. preuss. Akad ., 1884, II, p. 1262). Mais il calcule d’après les formats moyens de nos livres modernes, et compte un développement de murs de 180 mètres carrés. M. Dziatzko, admettant un moment que la salle de l’est a pu contenir des livres, suppose des casiers contre les parois, des casiers doubles au milieu, et arrive ainsi au chiffre de 75,000 volumes. ( Mémoire cité, p. q3 et suivantes.) Dans nos calculs, nous faisons abstraction des casiers supplémentaires, qu’on peut cependant admettre.

LA BIBLIOTHÈQUE

carrés de développement. Dans les trois pièces, on pouvait loger i36,ooo volumes, soit un total de 166,000 environ pour les quatre salles réunies. C'est un peu moins que le chiffre indiqué par Plutarque. Il faut donc chercher un local supplémentaire pour les doubles, les livres moins rares; cet emplacement on peut le trouver dans les annexes, dans les pièces situées au nord-ouest.

Nous placerons là des dépôts de livres, le logement des bibliothécaires, les ateliers où travaillaient les copistes, où l'on manipulait le parchemin pour en faire des rouleaux, où l'on se livrait à tous les travaux que nécessitait l'entretien d'une riche bibliothèque.

C'est pour les salles ouvrant sur la stoà qu’avait dù être réservé tout le luxe de la décoration. Des restes de pavage en mosaïque 'attestent que rien n’avait été négligé pour leur donner une belle apparence. Mais, pour en prendre une idée complète , nous devons y replacer les statues qui égayaient de leurs tons clairs les parois un peu assombries par les casiers de livres. Au dire de Pline,

Asinius Pollion aurait le premier, à Rome, orné une bibliothèque publique avec des portraits d’écrivains célèbres, usage qui, après lui, fit une singulière fortune ’. L’écrivain latin se demande si les rois de Pergame et d’Alexandrie n’auraient pas donné l’exemple. Le fait est aujourd’hui hors de doute. Les fouilles ont livré toute une série de bases provenant de la bibliothèque; STA1 elles portent des inscriptions témoignant qu elles supportaient des statues ou des bustes de poètes et d’écrivains 1. Pline, Nat. Hist., 35, 10.

rHENOS. TROUVEE D

. (Musée de Berlin.)

célèbres. C'était d'abord une statue de bronze d'Homère Sur la base sont gravées trois pièces de vers traitant le même sujet, à savoir le débat classique entre Smyrne, Chios, Colophon et Cymé, se disputant l'honneur d'être la patrie du poète; pièces assez médiocres d'ailleurs, compositions de bons écoliers, qui avaient peut-être été couronnées dans un concours; il faut rendre grâces au lapicide de ne nous en avoir pas conservé davantage. Plus loin, sous une image de Sappho, on lisait l'épigramme suivante : « Mon nom est Sappho; j’ai surpassé les femmes poètes autant que les chants du Méonide ont surpassé ceux des hommes2. » Le portrait d'Alcée de Mitylène faisait pendant à celui de la Lesbienne. Sur d’autres bases s’alignaient les statues ou les bustes d'Hérodote, du poète lyrique Timothée de Milet, contemporain d'Euripide, les portraits d’Apollonios fils de Philotas, et de Balakros fils de Méléagre, tous deux Macédoniens, et auteurs d’ouvrages concernant l'histoire de la Macédoine3. Voilà donc des renseignements sûrs, qui nous permettent de restituer dans la salle d'honneur une véritable galerie de « portraits littéraires »; fait très digne d’attention, car cette innovation hellénistique aura des conséquences durables. Ces images de poètes et d'écrivains, qui, suivant la remarque de Pline, reproduisent leurs traits « dans les lieux mêmes où parlent leurs âmes immortelles », deviendront comme l'ornement nécessaire des bibliothèques romaines. Et si de nos jours, la tradition veut que nos bibliothèques publiques ou académiques fassent une place, dans leur décoration sévère, aux bustes des écrivains célèbres, l'exemple vient de loin; c'est Alexandrie et Pergame qui l’ont donné.

D’autres statues, trouvées dans le voisinage immédiat de la bibliothèque, devaient également y figurer. C'est d’abord une statue colossale d'Athéna, découverte en avant de la salle orientale, à deux mètres au-dessus du sol du portique inférieur1. Elle se dressait, suivant toute vraisemblance, sur la grande base dont nous avons parlé plus haut. La plus simple comparaison avec les répliques conservées de la Parthénos de Phidias5, y fait reconnaître une copie de la grande statue chryséléphantine exécutée par le maître athénien; c’est la même attitude, la même chute de plis dans le chiton, la même forme de l’égide. Et pourtant nous ne pouvons songer à une copie affichant des prétentions à l’exac-

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