STATUE DE FEMME TROUVÉE DANS LA BIBLIOTHÈQUE
(Musée de Berlin.) j. La statue a été reproduite par
Puchstein, Jahrbuch des arch. Inst., V, 1891, p. 91, fig. 3, et étudiée par Winter, Arch. Gesellschaft %u Berlin , Arch. An\eiger, 1894, P- 48- Cf. Conze, Sit\ ungs ber i chte der berl. Akad 1893, p. 207; Furtwaengler, Slatuenkopieen, p. 539.
2. Il faut cependant noter qu’une figure de type analogue représente Héra, dans un en-tête de décret attique de l’année 362. Arch. Zeitung, 18 77, pl. 1 5, 1.
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du bras, et elle retenait sans doute le coin du voile de fête jeté sur les épaules. La main gauche tenait un attribut. Quant au vêtement, on n’a pas de peine à y reconnaître celui-là même que portent, avec une si noble élégance, les Korai de l’Erechthéion : le chiton dorique, serré par une ceinture qui fait retomber la souple étoffe en plis serrés, sous le bord de l'apoptygma. Le caractère attique de la statue, les étroites analogies de style qui la rattachent aux œuvres de l'école de Phidias, n’ont pas besoin d’être longuement démontrés. Mais les fouilles nous ont-elles rendu une œuvre originale, comme le pensent plusieurs critiques, ou simplement une copie? Nous hésiterions à prononcer ici le nom d'Alcamènes, auquel a pensé M. Winter et nous croyons plus prudent de nous en tenir à la seconde hypothèse. Si soigné que soit le travail, il ne paraît pas exempt dune certaine sécheresse, notamment dans les plis qui s’arrondissent sur la poitrine. Comparée aux statues de l’Erechthéion, d’un faire si souple et si moelleux, la statue de Pergame, malgré tous ses mérites, accuse une exécution un peu maigre qui semble trahir la copie. Nous y verrions volontiers la reproduction très fidèle d’un original attique, due à un sculpteur contemporain d'Eumène II.
En même temps que la « Héra », les fouilles ont mis au jour une seconde statue d'Athéna, dont l'identification soulève des problèmes fort ardus1 2. Notre figure la montre telle qu’elle a été reconstituée à Berlin; le corps est d'une seule pièce, et les sculpteurs Frères et Possenti l'ont complété par une tète découverte plus tard, au nord de la salle occidentale de la bibliothèque. A n’en pas douter, le corps est celui d'une Athéna, portant, comme la Parthénos, le chiton ouvert sur le côté gauche, avec l'apoptygma dont le bord tombe jusqu'à mi-cuisse. Le vêtement est serré au-dessus des hanches par une ceinture faite de deux serpents, dont les tètes et les queues s’entrelacent pour former deux nœuds3. L égide a un aspect très particulier, et jusqu’ici on n’en connaît pas d'autre exemple. Ce n’est plus la cuirasse d'écailles plaquée sur la poitrine, comme celle de la Parthénos, ni l’égide jetée en écharpe autour du torse, comme dans la célèbre statue de Dresde où M. Furtwaengler a reconnu la Lemnienne de
1. Mémoire cité. M. Winter a cru reconnaître des analogies entre la statue de Pergame et le groupe d’Athènes, où l’on a proposé de voir l’ex-voto d’Alcamènes représentant Procné et Itys. Antike Denkmaeler, II, pl. 22. M. Furtwaengler ( Statuenkopieen , p. 53g) a combattu cette théorie, et conclu à une copie, avec raison, croyons-nous.
2. La statue a été signalée d’abord dans le Jahrbucli der k. preuss. Kunstsammlungen. III, 1882, p. 53. Elle a été étudiée depuis à plusieurs reprises. Puchstein, Die Parthenonsculpturen, Jahrbuch des arcli. Inst.. V, 1891, p. g5, et fig. 6. Conze, Ueber eine Athenastatiie ans Pergamon, Sit^ungsberichte der k. preuss. Akad. der Wissensch., XIII, 1893, p. 207 et suivantes. Furtwaengler, Statuenkopieen , p. 451. Ussing, La Clidouchos de Phidias, Extrait d'un mémoire sur les statues d'Athéna de Phidias, Copenhague, 1898. Cf. Ussing, Pergamos, p. 75 et suivantes.
3. Il en est ainsi dans plusieurs copies de la Parthénos. Puchstein, Jahrbuch des arch. Inst., V, 1891, p. 84.
Phidias’; ici, elle est faite de deux morceaux, qui se croisent sur la poitrine, et
STATUE D'ATHÉNA TROUVÉE DANS I.A BIBLIOTHÈQUE. (Musée de Berlin.)
l’on ne saurait mieux la comparer qu’à des buffleteries. Le bord inférieur de chaque baudrier est entaillé par des échancrures arrondies, et à l’extrémité de chaque pointe un petit serpent déroule ses anneaux. Un Gorgonéion d'un type archaïque très mitigé est fixé au point de croisement des deux baudriers. A vrai dire, cette forme d’égide, si inusitée, paraît s'expliquer par la fantaisie d’un artiste en quête de nouveauté, et sans doute 1 idée lui en a été suggérée par ces bandelettes qui, dans les stèles attiques du cinquième siècle, se croisent sur la poitrine des jeunes filles, et constituent un des accessoires de leur toilette. Le bras droit de la statue, aujourd’hui brisé, tenait un attribut; le bras gauche, un peu écarté du corps, soutenait un objet d’un certain poids, car le hanchement sur la jambe droite a pour effet de ramener l’équilibre. Cet objet était-il une lance, comme le pense M. Conze? Dans ce cas, si l’on tient compte du mouvement des doigts , la lance ne pouvait poser sur le sol; la déesse devait la tenir un peu inclinée, sans qu elle touchât la terre par l'extrémité inférieure. A ne considérer que le
1. Meistemverke, p. 22 et suivantes. Nous n'avons pas ici à rouvrir le débat soulevé par l’hypothèse de M. Furtwaengler ; on sait quel en a été le retentissement. M. Jamot [Monuments grecs, n° 21-22, 1893-1894, p. 24 et suivantes) en a fait la critique. Récemment, M. Studniczka a défendu la thèse de M. Furtwaengler, qu’il considère comme prouvée. Berliner pliil. Wochenschrift, 1899, p. 1149.
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corps, nous avons donc sous les yeux une Athéna apparentée à la Parthénos et à la statue de Dresde, dérivant manifestement des types créés par Phidias ou par son école, offrant seulement pour la forme de l’égide un caractère de nouveauté.
La tête nous ménage une surprise, car elle est d'un style tout différent. C’est celle d’une jeune fille aux traits sévères et réguliers. Elle n’est point chargée du pesant casque de guerre.
La chevelure, relevée sur le front étroit, se masse par derrière en un chignon allongé, très saillant, qui recouvre les cheveux retroussés sur la nuque, et que la morsure du peigne a strié de longues ondulations.
Cette forme de coiffure si caractéristique, nous la connaissons fort bien. Nous la retrouvons dans une tête du musée des Thermes, dont il existe une réplique à Catajo 1 ; or, le style de cette tête, encore empreint d’une certaine saveur archaïque, permet de 1 attribuer à quelque précurseur de Phidias. M. Furtwaengler y reconnaît la manière de Calamis; en tout cas, elle est antérieure à l’époque où prévaut 1 influence de Phidias. Si la restauration faite à Berlin est exacte, la statue de Pergame présenterait donc un curieux mélange de styles; la tête garderait quelque chose des formes archaïques; le corps serait celui d'une Athéna telle que pouvait l'exécuter un élève de Phidias.
(Restituée comme la t
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: d’Athéna.)
t. Tête du musée des Thermes. Helbig, Filhrer durch die Samml. in Rom, 2e édit., n° 1071. Réplique de Catajo, Arndt-Bruckmann, Ein^elverkauf, n0’ 36, 37, et. Furtwaengler, Mei.stenperke, p. -36.
PEUGAME.