‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 92 sur 140 · I DO · texte numérisé non relu

I DO

Dès lors la question à résoudre est la suivante. Cette statue, où tout le monde s’accorde à voir une copie exécutée à Pergame, est-elle la reproduction directe d un original attique? Ou bien est-ce une adaptation libre, où le sculpteur aurait mis beaucoup du sien? La première hypothèse a trouvé plusieurs défenseurs. M. Puchstein se prononce pour une copie fidèle d'une statue attique du cinquième siècle, exécutée entre q5o et q3o, par un élève de Phidias qui aurait repris le motif de la célèbre Lemnienne, de l'Athéna pacifique, caractérisée par la suppression du casque1. Ainsi s'expliqueraient certaines analogies — qui ne nous frappent pas — avec la statue de Dresde. M. Conze va plus loin encore, et déclarant que 1 identification de 1 Athéna de Dresde avec la Lemnienne ne lui paraît pas prouvée, il se demande, si par une bonne fortune inespérée, le marbre de Pergame ne serait pas la copie si ardemment cherchée de cette célèbre Lemnienne, qui passait pour le chef-d’œuvre de Phidias2. Dans ce cas, les attributs ne seraient pas douteux; la déesse tiendrait le casque de la main droite, et la lance de la main gauche. Plus récemment, M. Ussing a émis une nouvelle conjecture, qui, si elle était justifiée, serait grosse de conséquences. Suivant lui, l’objet qu'Athéna tenait de la main gauche n’est pas une lance, mais une clef, une de ces lourdes clefs affectant la forme d'une barre coudée à angles droits, dont les Grecs faisaient usage surtout pour les portes de temples-. Dès lors, nous aurions sous les yeux une copie de l 'Athéna porteuse de clef ( Clidouchos ), signalée comme une œuvre de Phidias, et dont aucune réplique n’était parvenue jusqu'à nous. En la faisant placer dans une des salles de la bibliothèque, Eumène II n'aurait pas fait son choix au hasard; la Clidouchos figurerait là comme la gardienne des trésors littéraires réunis par le roi de Pergame. L'hypothèse est à coup sûr fort séduisante. Mais quelle preuve avons-nous que l’attribut d’Athéna fût précisément une clef? Toute la question est là, et nous ne pensons pas que M. Ussing ait apporté des arguments décisifs. Voici enfin une dernière explication; elle est due à M. Furtwaengler4. La statue est une interprétation faite par un sculpteur de Pergame, d’après l'œuvre d’un artiste athénien contemporain de Phidias. L'auteur de 1 original s’était, pour la donnée générale, inspiré de la Lemnienne, et avait représenté le type de l'Athéna pacifique, sans casque, la tête nue. Pour le corps, il s’était inspiré de Phidias; pour la tête, il était resté fidèle à la tradition de Calamis. Le modèle copié à Pergame serait donc l'œuvre d'un élève de Calamis, utilisant un motif créé par Phidias. Mais M. Furtwaengler reconnaît que le copiste a pris bien des libertés, changeant la forme de l'égide, modifiant sui-

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