‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 93 sur 140 · Ussing, La Clidouchos de Phidias · texte numérisé non relu

Ussing, La Clidouchos de Phidias

4. Furtwaengler, Statuenkopieen, p. 17. Dans les Meisterwerke (p. 45) le même critique insiste sur ce fait que la statue est non pas une copie fidèle, mais une œuvre originale pergaménicnne.

LA BIBLIOTHEQUE

vant son goût les plis du vêtement, modernisant en quelque sorte à sa façon l'original du grand maître athénien.

Toutes ces hypothèses paraîtront sans doute bien subtiles. Quel qu'en soit 1 intérêt, elles n expliquent pas d’une façon suffisante un fait qui domine tout, à savoir les différences essentielles de style qu'on relève entre le corps et la tète. Si, comme le remarque justement M. Furtwaengler, certains détails d'exécution excluent 1 idée d'une copie exacte , pourquoi ne pas mettre cette sorte de contamination au compte du sculpteur pergaménien, qui aurait, en mélangeant les styles, fait une Lemnienne de sa façon? Et si cette solution ne satisfait pas encore, pourquoi ne pas en admettre une autre plus radicale, qui consisterait à disjoindre la tête et le corps? C’est celle vers laquelle nous inclinons, et elle a au moins le mérite de la simplicité'. Que l’on renonce à rajuster deux morceaux dont le désaccord est manifeste : il reste d'un côté un corps qui paraît être une copie libre d'un original attique postérieur à Phidias, de l’autre, une tête de l'école de Calamis.

Nous avons restitué l’aménagement et la décoration plastique de la bibliothèque pergaménienne. On le voit, les fouilles éclairent d'une vive lumière les textes qui, seuls jusqu’ici, nous renseignaient sur les bibliothèques hellénistiques; elles nous aident en outre à comprendre tout ce que Rome a emprunté à Pergame. Quand Auguste faisait construire près du portique d’Octavie des « salles de livres » (àitoWaas t™ pieu™), quand il mettait à la disposition des érudits, près du temple d’Apollon Palatin, les richesses littéraires de la Grèce et de Rome, il s'inspirait de l’exemple donné par les Attalides, qui avaient fait de leur bibliothèque 1 annexe d un grand sanctuaire. Lorsque Asinius Pollion réunissait dans la bibliothèque de l' Atrium Libertatis les portraits des écrivains célèbres, il imitait encore les rois de Pergame et d'Alexandrie. Comme le royaume des Attalides appartenait à Rome depuis l'année i33, on mesure facilement toute la portée de l'influence que Pergame a dû exercer sur ces Romains lettrés et bibliophiles, admirateurs passionnés de la civilisation grecque.

La bibliothèque de Pergame n'était pas seulement un riche dépôt de livres dont des catalogues (mvsrass), soigneusement dressés, facilitaient l’usage1 : c'était encore un musée. Les statues que nous avons décrites en sont la preuve, et il est certain qu il y en avait d autres. Sans doute les salles principales abritaient une partie des collections d art formées par les Attalides. Nous essaierons plus loin de reconstituer ce qu'on peut appeler le musée royal, de caractériser le dilettantisme artistique qui trouvait à la cour d'Eumène et d'Attale de fervents adeptes. Ce mouvement d'idées dirigeait les recherches des savants pergaméniens. La cri-

1 . M. Furtwaengler remarque avec raison que la tUtc est trop grosse pour le corps. Statuenkopieen, p. 1 8.

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