‹ Péricardite Inflammatoire: D'Origine Tuberculeuse: Tuberculose InflammatoireChapitre 4 sur 19 · AR AE · texte numérisé non relu

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Ainsi, M. le professeur Poncet établissait un fait qu'on n'aurait jamais osé soutenir avant le Congrès de chirurgie de 1897: c'est que le rhumatisme et la tuberculose n'étaient pas toujours deux affections absolument opposées, mais que bien souvent, au contraire, ils rentraient tous deux dans la même diathèse.

D'ailleurs, dans un article qu'il fit paraître en 1876 dans le Progrès médical, Laveran avait pressenti le rôle de l'infection bacillaire dans certains cas de douleurs articulaires aiguës que l’on avait essayé de faire rentrer dans le cadre banal du rhumatisme. Un de ses malades se plaignant de douleurs vives dans le genou droit, était décédé quelques jours après son entrée à l'hôpital. A l'autopsie on constala un superbe cas de granulie. Sans compter de nombreuses granulations dans différents organes : poumons, plèvres, périloine, foie, reins, rate, elc., les synoviales présentaient un fin semis de granulations grises, nettement tuberculeuses.

Commentant cette observation, Laveran ajoutait : «Il n'est pas étonnant de voir la tuberculose qui se localise si souvent sur les séreuses viscérales, envahir quelquefois les séreuses articulaires; je serais même porté à croire que si l’on examinait avec soin les articulations chez les sujets qui meurent de tuberculose aiguë, on y trouverait assez souvent des granulations, et cela expliquerait les douleurs vagues dans les membres et dans les articulations dont se plaignent beaucoup de malades, mais en général on ne fait pas cet examen et il a fallu que ces douleurs prissent un caractère d’acuité tout à fait inusité pour que l'idée me soit venue d'ouvrir les arliculations. La confusion possible de la tuberculose

Er aiguë avec le rhumatisme articulaire est un fait clinique intéressant; il faudra se défier à l'avenir de ces rhumatismes articulaires, qui s’'accompagnent de pleurésie, de méningite, de péritonite, ete., et qui se terminent par la mort, lorsque lautopsie n'aura pas été faite. »

De nombreux travaux exécutés dans le laboratoire de la clinique du professeur Poncet, ont maintenant bien éclairé la science médicale sur le rôle de l'infection bacllaire dans de nombreux cas de rhumatisme. Il est bien entendu qu'à côté du rhumatisme tel qu'on l’entendait Jusqu'en 1897, il existe un rhumatisme tuberculeux dont l'importance n’est pas moindre. Il semble d'ailleurs que dans certains centres, où la tuberculose exerce volontiers ses ravages, le dernier soit plus fréquent que le premier, et il est important pour le médecin d'établir un diagnostic exact, afin d'aboutir à une thérapeutique appropriée et différente dans les deux cas.

Poussant plus loin l’analogie entre les deux sortes de rhumatisme, nous admettrons aussi que l'attaque rhumatismale tuberculeuse peut ne pas rester limitée aux jointures, mais venir porter aussi son action nocive sur les autres organes.

« L'existence de ces localisations intra-articulaires nous est fournie par des faits cliniques que nous enregistrons volontiers chaque jour. Ils sont d'autant plus acceptables que l’on ne voit pas en vertu de quel privilège les organes, les tissus volontiers frappés par les diverses variétés derhumatisme infectieux : blennorrhagique, puerpéral, scarlatineux, etc., ne le seraient pas par le rhumatisme tuberculeux. »

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« Au nom encore une fois de la pathologie générale, il est bien permis de croire que ce qui est vrai pour cer- {aines infections l'est pour un autre état infectieux : la tuberculose. Elle les prime, du reste, par sa fréquence, par ses manifestations multiples. »

Toutes les localisations viscérales possibles du rhumatisme tuberculeux-méritent donc d'être étudiées.

Celles de l'appareil circulatoire d'abord (endocardite, péricardite, phlébite rhumatismale) ;

L'appareil respiratoire ensuite (pleurésie) ;

Le système nerveux (cerveau, moëlle, nerfs périphériques, etc.) ;

Les voies digestives, ete., etc.

Cette étude a été faite en partie avec un soin minutieux. Nous dirigerons, nous, nos recherches dans le champ de la péricardite, considérée comme étant la manifestation d'un rhumatisme tuberculeux.

Nous diviserons notre travail en sept chapitres.

Dans le premier, nous étudierons la pathogénie des lésions péricardiques.

Le second traitera des considérations étiologiques auxquelles nous avons été conduit par l'étude des observalions que nous avons pu recueillir.

Dans un troisième, nous décrirons les lésions qu'on a pu constater à l’autopsie.

Nous donnerons, au chapitre IV, les symptômes et les formes cliniques des péricardites pseudo-rhumatismales.

Les cinquième, sixième el seplième chapitres traiteront du diagnostic, du pronostic et du traitement.

FE ryiRRe M. le professeur Poncet « bien voulu nous inspirer le sujet de cette thèse et nous faire l'honneur d'en accepter la présidence. Nous sommes fier de placer ces quelques pages sous la haute autorité de son nom. Nous l’assurons de notre entier devouement et de notre profonde reconnaissance.

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