Acte i, scène i
FAVIÈRES, rerenant à ganch«.
U n’est donc pas venu avec vous, votre muguet P’s?
MADAME DE VITRÉ
Je vous ai déjà dit que non. 11 dinait avec des amis.
FAVIÈRES
Ouah! avec des amis! croyez ça!... Il est à l’Opéra, je le prricrais; il y continue sps" exercices, paradant èt faisant la‘r ue, avec ses vingt ans pour tout mérite..'.
y MADAME DK VITRÉ.
Ah, mon Dieul Favières, vous étcs^ien heureux de n’aÿçir pas d'enfpts, allez 1 • ^ ‘
FAVIÈRES
Oui, je suis diablcmenjt heureux, parlons-en 1 — Bonsoir.
MADAME DE VITRÉ
Allons, voyons, ne soyez donc pas loulou comme cela... Asseyezvous là... (Farières 8-«sird sur lu diraa.) J’ai facsoin 'de m’épanclier... Et puis, malgré, tous vos défauts, vous êtes un homme d’expérience...
D’expérience l . . . Merci bien !
MADAME DE VITUE,
• Sérieusement... vous me conseillerez. ’
FAVIÈRES
Quoi?
MADAME DE VUTRÉ.
Je suis dans le dernier désespoir, mon pauvre Favières ! Tout ce que j’aime me trahit indignement ; d’abord mon fils; ensuite, La Roseraie, votre beau neveu et mon filleul adoré; puis enfin sa femme, la douce Caroline, qui mène la bande... Une petite femme que j’ai mariée de ma propre main, et pour laquelle je me serais mise au feu... Croiriez-vous ça?
FAVIÈRES
Qil’ost-ct; qu’ils vous ont fait?
* MADAME DE VITRÉ
Je vous OIS qu’ils s’entendent tous trois... ou plutôt qu’üs ne s’entendent pas... pour me trahir. Figurez-vous que depuis un an,
i PÉRIL EN LA DEMEURE.
mon rêve est de caser Albert dans une ambassade . vous jugez s’il m’en coûte de me séparer de cet enfant-là, quand je n’ai plus que lui sur la terre 1 mais j'en ai fait le sacribce. Il a vingt-trois ans ; il est temps qu’il débute dans une carrière séneusu ; car, avant tout, je ne veux pas qu’il prenne le train de l’oisiv‘'té dorée... S’il y a une chose qui me dégoûte au monde, c’est de voir de grands gaillards bien portants et bien nourris, se lever à midi, fumer, — monter à cheval, refumer, — changer de cravate, archifumer — et mourir après cela! Ne voilà-t-il pas une existence bien remplie? J’aimerais mieux que mon fils fût notaire, quant à moil
'** ^AVIÈRES.
Pour ça, vous avez raison. Ces jeunes gens d’aujoiard’hui sont révoltants.
MADAME DE VITRÉ
En premier lieu, La Roseraie, naguère encore secrétaire d’ambassade, aujourd’hui investi de hautes fonctions, ici, à la chancellerie, posé à bon droit comme un homme supérieur et indispensable... car c’est véritablement un monsieur fort distingué que votre neveu, quoique dans les menues affaires de la vie pratique il ne vaille guère mieux qu’un écolier. "
FAVIÉRES.
"Vous n’avez jamais rien dit de plus vrai... Tirez*le de son ’ cabinet, ce phénix est un oison.
MADAME DE VITRE
Oh! vous exagérez tout en mal, vous! N’importe, La Roseraie, dis-je , est en passe de tout obtenir pour les autres comme pour lui-même. En second lieu, sa femme est la propre sœur du ministre , et l’on sait que cette Excellence ne peut rien lui refuser... Ça coulait donc comme de source.
FAVIÉRES.
Mais puisqu’on remanie de fond en comble l’ambassade de Madrid pour le quart d’heure, c’était une occasion...
MADAME DE VITRÉ
Précisément. Il en était déjà question, de ce remaniement, il y fl six semaines, quand je fus forcée de partir brusquement pour Bordeaux, où ma pauvre sœur était en proie aux médecins. Avant mon départ, j’adressai ma pétition à La Roseraie; cet aiiimal-là parut trouver la chose toute simple, et je la crus finie, E!i bien,