ACTE I, SCÈNE XII
LA ROSERAIE} distrait, lisant.
Pativre garçon 1
ALBERT
Ne me plaignez pas, La Roseraie, ne me plaignez pas, je vous » en suppUe... cela m'achève. Ma position est inlernale.
LA ROSERAIE
Je ne te plains pas... mais tu m’ennuies...
ALBERT
Ce u’est pas ma faute.
LA ROSERAIE
Je ne comprends rien à cette dépêche... tais-toi, que diantre I
ALBEi^T.
Je ne puis pas, je suis fou.
LA ROSERAIE, avec impatience, dérangd dans sa lecture*
Ah ! ta mère croit-elle que je n’aie rien de mieux à faire que de?... Et toi, est-ce que tu ne peux pas te tenir en repos?... Tu es comme un tigre en cage. Qu’est-ce qu’il y a donc de si pressant, de si désespéré?... Demain n’est-il pas là? Voyons, honoremoi de ta confidence... je te promets que tu n’auras pas lieu do t’en repentir.
*■; ALBERT
C’est impossible... vous me demandez l’impossible, mon ami,
LA Roseraie.
Je te dis que tu t’en féliciteras ensuite.
ALBERT. '
Eh I non, que diable!
LA roseraie.
Quelle discrétion! Est-ce que je connais la dame?
ALBERT
Oh! je ne sais... je ne pense pas.
LA ROSERAIE
Ah! dame, si c’est réellement le premier rendoz-vtus, il est fâcheux de le manquer, je t’en avertis.
« » A L b AA Ù i »
^Ibi U !
* LA ROSERAIE
Car, vols-tu, mon garçon, un second rendei-vous, ça se retrouve toujours; mais im premier... eh! eh! c’est plus douteux. Les réflexions peuvent survenir, si on leur en donne le temps.
^ ALBERT
Eh ! sans doute, surtout dans une âme si hésitante, dans cette conscience de sensitive.
LA ROSERAIE
AhI c’est une conscience...
ALBERT
Aussi, sans certains chagrins intimes... qui me secondent.
^ LA ROSERAIE
Ah! l’infidélité, les torts du mari, eh?
ALBERT
Je ne vous dirai pas.
LA ROSERAIE, riant.
Oui... on serait battu les trois quarts du temps, si le mari n’d^ tait là, puissant allié, qui s’ignore lui-même. Or çà, finissons
attrape cette clé ! Hop ! (u lul jette une petite cU, restant toujour* ateis.) ALBERT] s&isissani la clé au toI.
Cette clé!... qu’est-ce que c’est?
LA ROSERAIE
Fais-moi la faveur d’ouvrir cette porte.
ALBERT
Cette porte?... mais... pourquoi?...
LA ROSERAIE
Ouvre, te dis-je. ( Albert, après un noureau geste d’étonnement, ouTrelaporle
ùe droite.) El maintenant, mon garçon, cette porte qui le mène tout droit sur le boulevard, est ce que nous appelons, en langage diplomatique, un faux fuyant, une échappatoire, une solution !... Bon voyage!
ALBERT
Vous voulez?...
LA nOSERAIE.
Je veux que tu me procures i avantage de me débarrasser du ta