‹ Peril en la demeure comedie en deux actes, en proseChapitre 5 sur 59 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ALBERT, Mi*uo da bal ; MADAME DE VITRE.

ALBERT) s'arrêtant près do la porte.

Oh ! Dieu ! Ah ! on va m’enlever ma mère ce soir, j’en réponds,

MADAME DE VITRÉ, i part.

C’est mon garnement. (Haut.) Approchez, Albert, j’ai a vous parler; et je vous dirai en passant, mon ami, qu’on n’enlève pas les femmes do mon âge... on les vole, tout au plus. (eu« s’assied sur le

dlran, L gaucbe.)

ALBERT

Mais à qui ressemblez-vous donc dans ces grands atours?... Ah 1 j’y suis 1

« Sévigné, de qui les attraits ’ « Servent aux grâces de modèle ,

a Et qui naquîtes toute belle ,

« A votre indifférence près ! »

MADAME DE VITRÉ

Prenez garde, mon enfant! vous me manquez positivement d’égards.

ALBERT

Moi, grand Dieu ! (n se met è. g^enoux dorant elle. ) Eh bien , pardon ! MADAME DE VITRÉ.

Voyons, relevez-vous. Je ne sais pas qui est-ce qui vous apprend ces coquetteries-là. Ce sont, mon fils, des gentillesses de paauvais aloi, et je vous avertis qu’elles m’offensent. S’il est désormais au-dessus de* vos forces de m’aimer, faites-moi là grâce de me respecter encore.

ALBERT, tonjours l genoux.

Ce langage?... Certainement on m’a changé ma mèrel — Voyous, regardez-moi donc en face.

MADAME DE VITRÉ, le regarde avec une BêTêrltê qui fait place peu à peu à un air de complaisance et d'admiration maternelle.

En face comme de profil, je suis fort mécontente, et je ne souf-

frirai pas... Hon!... comme tu es beau, va! (Eiie 'attire à eue et lui baise le front.) Voyous, i‘elève-toi, tu es sur ma robe.

ALBERT) reloTant.

Et maintenant, je vais connaître , j’espère , la raison de cet étrange accueil?

MADAME DE VITRÉ

Vous vous en doutez bien. Asseyez- vous. (Albert s’assied sur ledlran Il la sanche de sa mère.) Réellement, mon fils, on ne peut être plus mal satisfaite de quelqu’un que je ne le suis de vous... (secouant ses Toiante.) Comment la trouves-tu, ma robe?

ALBERT

J’en suis ébloui. Qu’es-ce que c'est donc que cette étoffe-là ?' On dirait du parfilago do diamant... Vous avez eu ça... attendez, je vais vous dire où vous avez eu ça. C’est au boulevard de la Madeleine, dans un magasin où il y a une demoiselle avec de grandes anglaises blondes ...

MADAME DE VITRÉ. '' '

Oui, vraiment? Et voilà sans doute à quoi vous avez passé votre temps en mon absence ; à inspecter les demoiselles de magasin...

ALBERT

Blondes... Je ne regarde que les blondes.

MADAME DE VITRÉ, avec une impatience émue.

Assez... je ne ris plus. Votre dissipation m’afflige sérieusement; et si vous ne vous en apercevez pas, si j’ai besoin de vous apprendre que je souffre , que je suis malheureuse et que vous en êtes la cause... Votre âge même est une faible excuse pour tant de légèreté I

ALBERT, SS levant et avec une tendresse respectueuse.

Madame , s’il y a une chose au monde que je ne verrai jamais

avec légèreté , c’est l’ombre d’une larme dans vos yeux mais

enfin, qu’y a-t-il? car très-évidemment on m’a desservi... on m’a calomnié près de vous... voyons, au nom du ciel, qu’ai -je fait?

(U so rtssied.^ *

MADÂBIE DE VITRE, rattirant à elle aveo émotion

Écoute, tu n’as rien fait... d’extraordinaire, que je sache; mais je suis inquiète. Vois-tu, mon enfant, il faut avoir pitié des

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