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observations détaillées, avec présentation de pièce, de la Société anatomique.
I nous semble que les auteurs qui ont nié l'existence .de-- : da péritonite cancéreuse primitive ont été dominés par une à. idée théorique. ES CA 24 C'est ce que Lancereaux expose dans son Traité d'Ana- Se ete. pathologique, ï. IL, p. 384. LE Nous trouvons, dit- il, dans le péritoine autant +de tumeurs diverses que ce sac membraneux contient d'éléments | particuliers, à savoir des endotheHomes, des lymphomes et des fibromes.… .
en Quelques tumeurs s'y rencontrent rarement; ce sont celles dont les éléments ne font pas partie intégrante de la . composition du péritoine; il ‘en est de même des épithé- liomes qui s’y développent fowjours secondairement. ; Si, avec la théorie de la différenciation des tissus d’après les feuillets embryonnaires qui les ont fait naître, il est fa- cile d'admettre les tumeurs épithéliales dans les organes à haissance ectodermique ou endodermique, cancer du poumon, cancer'de l’utérus, du foie, etc. ; il semble impossible que le péritoine, produit essentiellement -mésodermique, donne naissance à des épithéliomes, et même des carcinomes. Nous nous permettrons de faire observer que cette théo. rie ne saurait, quelle que soit la valeur et l'autorité des maîtres qui la soutiennent, annuler des faits nombreux; et de plus, nous ferons remarquer que l'existence de la péritonite cancéreuse RTS être rapportée à la théorie de Conheim.
CNT CRE
On sait que, pour cet observateur, les tumeurs provien-. nent de germes embryonnaires qui ne se sont pas développés et qui, à un moment de la vie, se mettent à proliférer d’une façon atypique. | es
Ce n’est pas ici le lieu de discuter ni cette théorie générale, ni lobjection fort grave que lui oppose Quénu, qui demande pourquoi le germe fœtal prend un développement atypique ; mais étant donné que le cancer primitif du péritoine est plus fréquent chez la femme que chez l’homme, que souvent les observations rapportent l’existence d’une tumeur péritonéale considérable développée dans les ligaments larges ou dans les culs-de:sac, indépendamment des ovaires et des trompes saines, nous croyons pouvoir signaler une hypothèse qui nous a été communiquée par notre ami Rosenthal (1).
Les observations relevées notent l'intégrité des ovaires et des trompes, mais sont muettes sur l’état de ces organes embryonnaires contenus dans les ligaments larges.
Ii sera intéressant de vérifier leur présence et leur intégrité dans les observations suivantes et de voir si ce n’est pas dans ces organes embryonnaires que le péritoine puiserait son élément épithélial. Il y aurait un rapprochement à faire avec les tumeurs du médiastin, qui portent ainsi que la montré Letulle des débris de Thymus.
On voit donc que nous n’admettons comme péritonite cancéreuse primitive que les cas où à Pautopsie, on a trouvé
(1) Rosenthal, communication orale.
les, organes abdominaux intacts ou envahis certainement
façon tardive.
Nous nous séparons absolument de l'opinion de Chine
x qui dans sa thèse de 1879, croit pouvoir trancher la question pari l'observation clinique. Un cancer du péritoine peut avoir envahi un ‘organe sans que cet organe soit le point de
départ de la tumeur. Cela est évident, mais l'invasion
centripète de l'estomac, du foie, de l'intestin est facile à distinguer des cancers concomitants de l'ovaire, qui doivent
être tenus pour primitifs.
Si la tumeur ovarienne est petite, dit Chuquet, ele dou
Z être considérée comme secondaire. /
Ne commettrait-on pas, dans ce cas, une erreur semblable à
celle qui consisterait à faire dériver un cancer du pylore d’un cancer du foie, sous prétexte que celui-ci est beaucoup
plus volumineux. Il faut faire jouer un rôle au terrain, à organe sur lequel porte le processus. Le péritoine, sac lymphatique immense, va voir le cancer se généraliser à ses parois dès qu'un point en est atteint. Le processus n’en restera pas moins secondaire. | |
Dans une thèse soutenue en 1895, Goloatt Aanian nie l'existence de la note cancéreuse primitive, mais il
| considère le grand épiploon, comme un organe spécial pou- -vant subir la degénérescence carcinomateuse et produire un cancer qui se généralisera.
Nous avouons ne pas saisir comment on peut considérer
indépendamment du péritoine, le grand épiploon, simple meso
dans la vie embryonnaire, ayant simplement évolué d’une façon un peu spéciale.
L'Observation 93 de la thèse de Aslanian (p. 150) est en somme un type de péritonite cancéreuse primitive.
Quoi qu’il en soit, le processus de la carcinose au niveau du péritoine revêt ses formes et ses variations habituelles. Les cellules cancéreuses et le tissu fibreux, trame de la néoplasie, s'unissent de manière à donner des carcinomes colloïdes, c’est le cas le plus fréquent, des encéphaloïdes, des squirrhes et enfin pour être complet, des tumeurs mélaniques, extrêmement rarement primitives,
Le cancer colloïde atteint parfois des dimensions considérables ; il constitue une masse énorme gélatineuse que la clinique déjà à pu souvent reconnaître par le signe de la fluctuation superficielle. Cette masse gélatinéuse qui atteint le volume d’un kyste de l'ovaire de grand volume, réunit . en un bloc le mésentère, le mésocôlon, l’épiploon et souvent le feuillet péritonial du foie. Disséminés sur les parois, on trouve de petits nodules blanchâtres, pédiculés ou sessiles et présentant la même structure.
Cornil et Ranvier ont précisé cette structure. Ils distinguent les parties anciennes et les dernières envahies par le
processus.
Dans les parties anciennes. on trouve de grandes alvéoles remplies de cellules sphériques,volumineuses, transparentes, Ces cellules muñies d’un ou de plusieurs noyaux sont irrégulières, sphériques. Quelques-unes contiennent de la subs-
AD
tance colloïde (4), d’autrés présentent des dimensions considérables ; quelques-unes renferment de fines granulations et des valvules, : e : Dans les parties récentes, on trouve une grande quantité de tissu fibreux avec des fibrilles très fines qui vont enfermer au milieu de leurs mailles la substance colloïde. L'encéphaloïde présente un aspect un peu différent. Il parsème les feuillets péritonéaux pariétaux et viscéraux, le mésentère et les différents méso de noyaux mous, grisâtres ou blancs jaunâtres, rugueux, pédiculés ou sessiles, souvent semblables selon l’expression de Mongird à des gouttelettes de cire èt dont le volume varie de celui d’une lentille à celui d’une noisette qu’il ne dépasse que rarement. Dans une autre forme, il couvre les parois des organes et de la cavité de placards cancéreux, irréguliers dans leurs sièges et dans leur étendue et qui peuvent coïncider avec la transformation de l’épiploon en une masse irrégulière molle comprimant l'intestin, ou en une masse qui se rétracte de façon à donner la sensation de la corde épiploïque. C’est à l’encéphaloïde qu’il faut rapporter les noyaux miliaires de la péritonite cancéreuse aigüe, granulations grises, blanc jaunâtre ou rougeûtre, grosses comme des grains de millet ou des petits pois, tapissant les feuillets péritonéaux dans toute leur étendue, et qui se distinguent des granulations tuberculeuses par deux grands signes né-
(1) Substance colloïde. Pour l'étude histologique, consulter Voukæhiden et Laurent, Techniqué microscopique, p. 11.
gatifs : l'absence de cellules géantes et l'absence de bacilles de Koch.
Le squirrhe est plus rare. Il se reconnait sur les coupes
à là prédominance de l’élément fibreux, On le trouve en granulations où en noyaux cancéreux que la Coupe montre constitués par un tissu dur, lardacé, criant sous le scalpel et ne donnant pas au raclage un suc cancéreux abondant comme les deux formes précédentes. Le squirrhe peut envahir la paroi abdominale antérieure au point de former un squirrhe en cuirasse, presque analogue à la forme du squirrhe mammaire et particulièrement douloureuse.
Tel est le processus cancéreux. Mais dans l’évolution de la maladie, il intervient un autre élément; c’est l'élément inflammatoire. Ce retentissement inflammatoire se retrouve à l’autopsie et ses variations montrent que, s’il fait partie de la maladie, son importance n’est que secondaire. |
Dans quelques cas, les légers exsudats fibrineux tapissent de place en place le péritoine. Un peu de liquide citrin est exsudé. |
Le plus souvent les anses intestinales sont agglutinées entre elles, quelques-unes même sont soudées par des adhérences nombreuses, qui peuvent aussi réunir à l'intestin la paroi externe d’un organe de la cavité abdominale.
Rarement on trouve des abcès du tissu conjonctif profond
de la paroi abdominale antérieure. Rarement aussi, . et encore à une époque ou l’antisepsie était peu connue, on à vu à l’autopsie la péritonite généralisée aiguë à laquelle une. ponction non aseptique n’a pas toujours été étrangère.
Lys
L’ascite fait partie souvent du retentissement inflammatoire. Mais nous préférons l’étudier avec la symptomatologie.
Après avoir montré les deux processus cancéreux et inflammatoires de la péritonite cancéreuse primitive, il nous semble utile de reprendre les lésions organe par organe. Ce moyen va nous permettre d'appeler l'attention sur quelques
particularités de l'affection, qu’on ne: saurait passer sous
silence. :
Le grand épiploon est ue le plus atteint. Souvent il en est légèrement rétracté, farci de granulations, de tubercules ou de tumeurs ressemblant à des kystes, disséminés ou réunis, formant des plaques, des masses, des noyaux sessiles ou pédiculés. La teinte générale est jaunâtre, quelque fois un peu rougeâtre, ce doit être rapporté à la dégénérescence graisseuse et à la vascularisation inflammatoire. D’autres fois, comme nous l’avons signalé, il forme une masse retraitée d’une hauteur de trois centimètres, semblable à une masse de cire blanche. |
Dans les autres épiploons, on retrouve les granulations et lestumeurs cancéreuses. Parmi ces épiploons, il en est un qui présente une importance spéciale c’est l’épiploon gastrohépatique. Son invasion par le processus néoplasique pourra comprimer le cholédoque ou même le canal hépatique et donnera lieu au syndrome clinique de l’utère par rétention complexe ou partielle. Le canal cholédoque simplement comprimé pourra dans quelques cas être envahi.
Le mésentère nous montre des noyaux cancéreux près de Pintestin, et d’où partent des trainées cancéreuses allant