‹ Péritonite tuberculeuse de la région iléo-cœcaleChapitre 18 sur 30 · CRE RS · texte numérisé non relu

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Ant. pers. — Aucune maladie dans l'enfance. N'a jamais été réglée. Examinée pour la première fois le 42 mars 1899.

Il y a 2 ans à l'âge de 14 ans, elle fut prise subitement, dans ja nuit et sans causes connues, de douleurs dans le côté droit du ventre. Depuis cette époque, elle a toujours souffert plus ou moins. Habituellement constipée, elle a eu de temps à autre quelques débàcles.

Depuis 2? mois, elle souffre presque constamment surtout le soir ; la constipation est plus marquée, l'appétit diminue, l’haleine est mauvaise, d'odeur fécale. Jamais de molimen menstruel. Simplement quelques gouttes de sang s écoulent par le nez quand la malade se mouche.

Le ventre n’est ni ballonné, ni rétracté. Ii existe dans la fosse iliaque droite et plus spécialement au point de Mac Burney, une douleur {rès vive provoquant la défense de la paroi musculaire. Cette donleur s'est exagérée depuis 2 mois et surtout depuis 8 jours, au point d'empêcher tout travail et même la marche. On perçoit en déprimant la fosse iliaque, un empâtement peu étendu, mais plutôt vertical, dans la région iléo-cœæcale.

Aucune-altéralion du côte des poumons. L'opération est pratiquée le 20 mars 1899. Incision de 12 centimètres, parallèle au bord du muscle droit. Le péritoine étant ouvert, on reconnait immédiatement que le grand épiploon recouvert de granulations tuberculeuses grises, adhère d'une part à la paroi de l'abdomen et de l’autre aux anses intestinales. Après l'avoir décollé avec soin, on tombe sur l'extrémité inférieure du cœeum et sur l’origine de l'apnendice. Tout cet organe est voilé par des néo-membranes

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vasculaires, molles, allant se perdre sur la terminaison de l'iléon d’une part et d'autre part vers le détroit supérieur. On dissocie avec soin ces productions plastiques qui étaient semées de petites masses jaunâtres ou grisâtres et qui entouraient l'appendice. Résection de cet organe au niveau de sa base ; cautérisation du point réséqué. Le lit où reposait l’appendiceest saupoudré légèrement de poudre d'iodoforme. La plaie est refermée à 3 étages, sauf en un point par où passe une mêche iodoformée plongeant dans le foyer opératoire. |

Les suites de cette opération ont été absolument normales. Il n'y a pas eu de suppuration dans le trajet de la mèche. Depuis cette époque, la jeune malade a présenté un état de santé excellent. Aucune altération du côté des poumons. Il n'y a plus de constipation. La palpation de la fosse iliaque est indolorc et on ne perçoit aucun empâtement si petit qu'il soit dans la région. Les règies ont tait leur apparition 4-mois après l'opération. Elles sont régulières.

Examen des pièces. — L'appendice enlevé mesure 7 cent. Toute sa surface externe est tomenteuse. Le méso est confondu au milieu des produits plastiques. A sa base on rencontre 2? ganglions, du volume d'une petite cerise, dont i’un présente une coloration rosée et dont l'autre contient une petite masse jaune caséeuse. L'appendice n’est pas notablement augmenté de volume. Après l'avoir incisé dans toute sa longueur, on reconnait à un cent. 1/2 de son extrémité inférieure une petite ulcération ayant à peine le diamètre des 2/3 d'une lentille. Elle présente des bords taillés à pic etun fond jaunâtre. Dans la partie su-

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périeure de l'organe, on rencontre 3 autres lésions, beau: coup plus petites que la première et certainement plus récentes et très superficielles. Enfin, çà et là un piqueté rougeàtre comme on enrencontre dans toute appendicite catarrhale chronique.

L'examen histologique et bactériologique a démontré l'existence manifeste de follicules tuberculeux bacillifères au pourtour de la grosse ulcération, dans la muqueuse qui avoisine les petites, et dans ie ganglion caséeux précité.

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