‹ Péritonite tuberculeuse de la région iléo-cœcaleChapitre 24 sur 30 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Tuberculose du cœcum avec péritonite localisée. —0Obs. de M. B:oca, in. Bullet. soc. anat. Juillet 1891.(Résumée)

Ch. d'Ann..., corroyeur, entre à l'hôpital Bichat le 31 août 1891.

Il était venu consulter quelque temps auparavant, et dès le {er juin, M. Broca porta le diagnosticdc tuberculose cœcale.

A. H.— Père mort suicidé à #7 ans. *

Mère âgée de 49 ans, bien portante, ne tousse pas, niais a eu it y a 15 ans, un abcès à l'épaule, qui nes'est guéri qu'au bout d’un an par des pommades.

3 frères; l'un bien portant: un autre âvé de 23 ans a cu à la cuisse 3 abcès qui ont duré des années et sa jambe est plus courte que l’autre ; le troisième âgé de 16 ans, a euun abcès au cou qui a duré 6 mois.

Une sœir âgée de 27 ans, bien porlante.

A.P.— Aucune maladie pendant son enfance. Na jamais eu d'abcès, n'a jamais tousié.

Depuis 2 ou 3 ans, il a une diarrhée opiniàtre: il n'a qu'une ou 2? selles par jour, mais ces selles sont presque toujours liquides Ge symptôme a pendant longtemps été le seul, sauf quelques co'iques de médiocre intensité. Mais

Or —

depuis 3 mois, sont survenues des douleurs abdominales peu à peu accruës, continues, assez fortes aujourd'hui avec desexacerbations.— Ces douleurs, absolument localisées au côté droit du ventre, occupent surlout la fosse iliaque droite. — En même temps l'appélit a beaucoup diminué. Depuis un an le malade a maigri de 6 livres. — Jamais de vomissements ; mais il y a 2? ans, il a eu des pituites matinales qui ont duré de 6 à 7 mois ct semblent liées à des excès alcooliques. — Peu à peu, les souffrances se sont accentuées; elles augmentent pendant la marche et même la simple station debout. Depuis quelque temps tout travail a dû être interrompu. — Jamais de fièvre.

Actuellement on se trouve en présence d’un hcmme assez maigre. à teint peu coloré, mais d'apparence assez vigoureuse.— Rien d'ansrmal n’estrévélé par l'inspection de l'abdomen; le ventre symétrique n’est pas ballonné, mais plutôt un peu rétracté.

A la palpation, on constate au niveau de la partie supéro-externe de la fosse iliaque droite, à 4 cent.en dehors et au-dessus de l'épine iliaque antéro-supérieure, une tuméfaction allongée de consistance solide, mais encore assez souple remontant vers l'hypochondre où elle se perd sans limites nettes. Sa forme est cylindrique, à la pression elle est sensible, sans que cependant on provoque une vive douleur ; la partie inférieure de la fosse iliaque droite es! également sensible à la palnalion. Partout ailleurs le venire est souple, dépress ble, indolent. A la percussion, la région taméfiée est submate. |

Pas de fiévre, anorexie, selles diarrhéiques. — Rien d'anormal du côté du cœur et des poumons, — Poids : 52k.

ns

Traitement: Repos completau lit. — Régime lacté intégral.

Chaque jour ? paquets contenant chacun 0 gr. 50 de naphe $

tol 8-et O gr. 50 de salieylate de Bi.

Le 8 septembre. Depuis 8 jours que le malade est à ce règime, il souffre beaucoup moins, il n'a plus de diarrhée. Urine 3 litres, 11 grammes durée par litre; ni sucre, ni albumine.

Le 16, la diarrhée et les douleurs M n'existent plus. — À l'examen physique, la tumeur parait diminuée de volume et surtout elle est plus souple et moins douloureuse à la pression.

Le 6 octobre. — Depuis 4 jours le malade se lève. son

êtat général est bon, son poids a augmenté de 4 kg, la.

diarrhée n'a pas reparu de mème les douleurs au repos ; à souffre un peu, mais modérément quand ii marche: il toïère très bien le régime lacté.a recouvré de l'appétit. — Pendant tout le séjour à l'hôpital, lapyrexie a êté complète.

Ce malade a êté revu plusieurs fois. Il y a une quinzaine de jours son état-local et général était bon, et il avait recommencé à travailler, en prenant, il est vrai, des besagnes moins pèmbles. |

Discussion. — D'après la forme et le siège de la tu-

meur, M. Broca ne eroit pes pouvoir la localiser ailleurs que dans le cæœcum et l’origine du colon ascendant. Quant au diagnostic de la nature tuberculeuse, malgré l'absence de toute lésion pulmonaire appréciable. il le eroit probable Sinou certain. Les abeè: chroniques dont furent atteints la mère el les deux frères, sont des antécédents héréditaires imporlants. Du-cètè du malade lui-même, la diarrhée chronique qni dure depuis 3 ans, fait penser à une tuber-

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