OBSERVATION XVII
Appendicite ayant évolué comme une tuberculose des séreuses (Hermann in Prager médicinische Wochenschrift, 4899, n° 10 et 11.
Homme de 45 ans.
Antécédents hér‘ditaires. — Une sœur morte de tuberculose pulmonaire, l'autre d'une affection d'estomac.
Est entré à l'hôpital pour des douleurs stomacales, dont les débuts remontaient à 3 ans et qui depuis 2 mois s'étaient compliquées d'ædème des jambes et d'une tuméfaction de l'abdomen.
A l’examen, on constata l'existence d’une ascite notable et d'un œdème des membres inférieurs particulièrement accentué au niveau des malléoles.
L'examen des poumons, indiqué par une dyspnée assez forte, n’a rien révélé de particulier. Cœur normal. Pas de fièvre. Ni sucre ni albumine &@ans les urines.
2 jours plus tard, ia dyspnée devenant de plus en plus forte, on ponctionna l’abdomen et on retira 6 litres d’un
liquide ascitique présentant une couleur verdâtre et ne contenant pas (après examen spécial) de bacilles tuberculeux. L'examen pratiqué le lendemain de la ponction, permel d'établir que le ventre n'était pas douloureux, mais que la plèvre droite contenait un épanchement qui remontait jusqu'à la 7% vertèbre dorsale.
La ponction avait amené un peu de soulagement, mais l'ascite ne tarda pas à se reproduire, si bien que 10 jours après, il fallut refaire la ponction et retirer de nouveau 6 litres de liquide ascitique ; 3 jours plus tard on fit une ponction exploratrice de la plèvre droite et l’on retira un liquide hémorragique où l'examen montra l’absence de bacilles tuberculeux.
Le lendemain de cette ponction la température, jusqu'alors normale, remonte à 38° et 38°,5. On refit donc la ponction de la plèvre, et pour la seconde fois, l'examen des crachats donna un résultat négatif.
Néanmoins le diagnostic de tuberculose périlonéopleurale fut maintenu jusqu'à la mort, qui, après un affaiblissement progressif du malade, arriva 2 mois après l'entrée à l'hôpital.
A l’autopsie, on trouva une appendicite gangréneuse enkystée, une thrombose des veines mésaraiques au niveau de la valvule iléc-cœcale, un pyléphlébite du tronc et des branches de la veine-porte avec abcès secondaires du foie. Le péritoine était épaissi et recouvert par places d’un exsndat fibrino-purulent. La plèvre droi.e renfermait prés dun litre d'un exsudat fibrino-purulent. En fait de lésions tuberculeuses, on ne trouva qu'un ancien foyer
- Caséeux dans le sommet du poumon gauche. Les autres organes ne présentaient rien de particulier.
. L'auteur estime donc que chez son malade, la lésion primitive était constituée par l'appendice gangréneux et que c'est elle qui a provoqué la pyléphlébite et la suppuration secondaire du foie, ainsi que très probablement la pleurésie purulente du côté droit.
Conclusions
1° Il existe une péritonite tuberculeuse localisée à la région iléo-cœcale.
* Il° Elle est toujours consécutive à une lésion tu-
berculeuse des parois du cæœcum, de l’appendice ou de la terminaison de l'iléon.
III Elle revêt des aspects très variables et peut simuler une appendicite aiguë ou un cancer de la région.
IV° Le porteur de cette lésion est rarement un phtisique, mais il est susceptibl e de le devenir par
propagation au poumon del’affectiond’abordlocalisée.
Ve Les lésions dela péritonite tuberculeuse 1léocæcale sont une porte d'entrée constamment ouverte aux associations microbiennes et peuvent donner lieu par là même à une péritonite aiguë généralisée.
VI Le souci de ces complications toujours possi-
bles, devra guider le chirurgien dans le choix d’une intervention, qui très souvent améliorera et parfois guérira définitivement le malade.
Vu: Le Président de la Thèse, PILÉAUX Vu: Le Doyen, BROUARDEL.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,