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voyons que le traitement médical est le seul mis en usage. Andral n'avait recours qu'aux antiphlogistiques et attachait une grande importance aux vésicatoires et aux sangsues sur le ventre. Clément dans sa thése conseille de « combattre l’inflammation. de modérer les symptômes fonctionnels, les vomissements, la diarrhée,de faciliter la résorption de l'épanchement et de tonifier le malade. » Hémey préconise le traitement local et le traitement général, l’opium, l'acide arsénieux, les pilules de nitrate d'argent de 0,01. Guéneau de Mussy attribue à l'hygiène un rôle capital. Hilton Fagge pense que chez l'enfant le liniment mercuriel peut produire des résultats surprenants et il rejette à tort, croyons-nous, l'huile de foie morue et le sirop d'odure de fer.
S1 nous voulons connaître les résultats produits par les médicaments seuls, nous les trouvons consignés dans le travail de Bourrigault (thèse, Paris, 1894). Sur 84 observations d’une part, il y en a 21 que l’on peut considérer comme définitives, les malades ayant été suivis 10, 11,19, et 17 ans. D'autre part, sur 91 cas observés par Perroud, Rabot, Bard, Bouday et Finsay, il y eut 7 guérisons confiimées et 84 décès. C'est-à-dire que sur un total général de 175 cas, on n’a obtenu que 28 guérisons, soit une moyenne de 16 0/5. Nous verrons que les résultats donnés par la chirurgie sont infiniment meilleurs puisqu'ils abaissent la mortalité à 8,5 0/0.
Abordons maintenant l'étude des opérations employées jusqu'à ce jour dans la thérapeutique de la péritonite tuberculeuse. Nous pouvons les ranger dans l'ordre suivant :
1° Insufflation d’air stérilisé dans le péritoine.
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2 Lavages de l'estomac.
3° Ponction suivie ou non de lavage boriqué.
4° Injections de naphtol camphré.
5° Laparotomie.
La première communication au sujet de linsufflation d’air stérilisé dans le péritoine, a été faite en France par M. Follet de Lalle, à l'Académie de médecine, dans la séance du 27 nov. 1894. M. Follet a constaté qu'après l'insufflation. le liquide ne se reproduit pas, que l'élat général s'améliore et chez un des malades cette amélioration s'est maintenue pen. dant 10 mois. M. Follet conclut en disant : « Dans les cas où, pour une raison ou pour une autre, la laparotomie ne peut être faite, on est autorisé à recourir à cette pratique modérée et pourtout efficace de l’insufflation d'air dans le péritoine.
L'invention de cette méthode n’est pas dûe à M. Follet. si nous en croyons une communication faite à Vienne par le professeur Mosetig, le 14 juin 1893. Le professeur Mosetig, enprésence des résultats de la laparotomie, a été amené à penser que l'influence curative de cette opération était dûe à l'irritation produite par l’entrée de l'air dans la cavité péritonéale. C'est ainsi ‘qu'il expliqua les résultats obtenus chez une femme de 44 ans qu'il avait opérée uniquement pour s'assurer du diagnostic et chez laquelle le ventre avait diminué de volume à la suite de l'intervention. La tumeur était devenue de la grosseur d’une pomme alors qu’elle était auparavant grosse comme une tête d'enfant. En mai 1892, Moselig eut l'occasion d'essayer une nouvelle méthode de traitement basée sur cette hypothèse.
Chez un enfant de 4 ans, avec ascite, hydrocèle, induration luberculeuse de l’épidydime, il enleva le testicule tubereuleux. et, en introduisant un drain dans la tunique vaginale puis dans le canal inguinal, il retira 1.700 gr. d’un liquide albumineux. Alors, de l'air stérilisé par son passage à travers une solution chaude d'acide carbonique et désséché sur du coton de laine, fut insufflé dans le péritoine à travers le drain. L’ascite disparut, le malade guérit vite et, en octobre, la percussion de l'abdomen était normale. A la suite de ces résultats, Mosetig conseilla la paracentèse abdominale avec insufflation d'air consécutive, dans la péritonite tuberculeuse avec ascite, au lieu de la laparotomie qu'il avait jusqu'alors pratiqué pour des cas semblables. Néanmoins, nous pensons que cette méthode n'a pas suffisamment fait ses preuves pour pouvoir être définitivement introduite dans la thérapeutique de Ia tuberculose péritonéale. On peut, cependant, la conseiller à cause de sa facilité.
Au mois de décembre 1894, le professeur Obrastzoff a présenté à la Société gynécologique et obstétricale de Kieff, une malade qui fut guérie de sa péritonite tuberculeuse par des lavages de l'estomac. Cette femme, âgée de 35 ans, fut opérée, il y à 5 ans 1/2, pour une tumeur des organes génitaux. À ce moment, déjà, on a constaté une péritonite tuberculeuse diffuse. Après la laparotomie, la malade se sentit très bien jusqu’en février 1894, époque où sont survenus les troubles digestifs qui l’ont forcée à entrer à l'hôpital. A son admission, elle se plaignait de nausées, de vomissements, de constipation opiniâtre. Elle était très amaigrie, très affai-
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blie. À l'examen, on constata des râles bronchiques dans les deux poumons. Clapotement stomacal des plus nets. A l'aide de la sonde, on a extrait de l’estomac 1000 gram. de liquide vert très acide. La grande courbure de l'estomac se trouve à 4 centimètres au-dessous de l'ombilie. Dans la fosse iliaque gauche, il existe un exsudat limité avec poche à paroi très épaisse qu’on a reconnu être d’origine tuberculeuse. Traitement : lavages quotidiens de lestomac et lavements. L'amélioration ne tarda pas à se montrer. Actuellement, l'état général est très satisfaisant. Il n'y à pas de vomissements. La constipation persiste et les lavements doivent être continués ; l’exsudat inflammatoire a disparu. La malade a engraissé de 12 kilos 5 (Méd. mod., an. 1894, p. 1548).
Ce cas est intéressant surtout à cause de la méthode employée. Comment agissent les lavages de l'estomac dans ces circonstances ? On ne sauraitle dire. Néanmoins, le résultat a été des plus favorables. Mais les observations sont encore un trop petit nombre pour que l’on puisse se prononcer sur la valeur réelle de ce mode de traitement.
Une des méthodes les plus simples et que l'on peut conseiller quand, pour une raison ou pour une autre, la laparatomie n'est pas pratiquable, est la ponction. Comme on le verra par les observations qui vont suivre,elle a donné des résultats éloignés excellents. Il faut cependant faire une réserve au sujet du lavage consécutif à l'eau boriquée, pré- conisé par le professeur Debove. Ce lavage est-il bien né-
cessaire ? Nous ne le pensons pas. Ce n’est pas impunément que l’on introtuit dans le péritoine « la plus susceptible des séreuses », dit M. le professeur Tillaux, une substance médicinale. Ce qui tendrait à démontrer l'inutilité de ce lavage, c'est l'existence de cas où il a suffi d’une simple incision exploratrice pour amener la guérison. D'après le relevé de Kæœnig, sur 130 cas, 80 fois on a employé les antiseptiques, 50 fois, on n’en a employé aucun. De plus, il n’est pas prouvé que les guérisons, observées à ‘la suite de la ponction avec lavages, soient attribuables à l'antiseptique dont on s'est servi. N'est-ce pas plutôt la pénétration de l'air qui produit l'effet curatif ? Les observations suivantes plaident énergiquement en faveur de cette hypothèse :
OBSERVATION IX (Poitou, Médical. 1:93, p. 241)
Péritonite tuberculeuse, ponclion sous lavage. Guérison maintenue 2? ans après l'opération.
Demoiselle D.., 24 ans, complexion délicate, consulte en juillet 1894, pour une toux sèche, pas d’expectoration, mais sueurs nocturnes, amaigrissement, appétit faible, alternatives de diarrhée et de constipation, augmentation de volume du ventre avec oppression. Aux poumons, matité, respiration rude.
-On diagnostique une péritonite tuberculeuse avec ascite. Onguent
napolitain, vésicatoires,"aucun résultat, on fait alors une ponction avec un petit trocart. Il s'écoule 4 litres de liquide, l'écoulement est saccadé. Suites excellentes, pas de fièvre, amélioration de l’état général et en 1893 plus de deux ans après l'opération, le liquide n’a pas reparu et la santé est excellente.