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OBSERVATION X

Péritonite tuberculeuse. Ponclion sans lavage. Guérison (Poitou Médical 4893. p. 241).

M. T..., 22 ans,‘porte des traces d’adénites scrofuleuses et d’abcès osseux à la 6° côte. Ajourné par le conseil de révision, il y a quelques mois. En décembre 1892 le ventre a augmenté de volume et est devenu douloureux. Il y a des alternatives de diarrhée et de constipation. Rien d'anormal à la poitrine. On diagnostique une péritonite tuberculeuse et on propose la ponction qui est faite et donne issue à 3 litres de liquide. Suites opératoires excellentes. Le malade reprend ses travaux aux champs. Depuis il a été trouvé bon pour le service militaire.

M. Debove a publié à la Société Médicale des hôpitaux, en 1890, l'observation d'une femme de 28 ans qui subit une ponction suivie de lavage et chez laquelle la guérison s'est maintenue. Le diagnostic avait confirmé expérimentalement.

Nous ne dirons rien du manuel opératoire qui a été.

ET Ce

décrit dans la thèse d'Alaume (Paris 1894), et qui est des plus simples. M. Debove conseille la ponction en disant que dans bien des cas on obtiendra les mêmes résultats qu'avec la laparotomie. Nous objecterons cependant qu'il faut prendre ceriaines précautions quand on emploie cette méthode. Il peut se faire que l'on perfore l'intestin avec le’trocart, et l'on devine les conséquences de cette manœuvre. En second lieu, l'épiploun peut-être atteint dans son système vaseulaire, il en résulte une hémorragie grave, qui emporte le malade rapidement. La laparotomie, au contraire, evite ces complications. Le chirurgien voit sur quelle région il porte son bistouri. Avez le trocart, on ne peut affrmer que l’on ait pénétré du premier coup dans le péritoine, sans avoir lésé le tube digestit ou lPépiploon. En présence de la possibilité de ces accidents si redoutables, nous ne conseillerons la ponction sans lavage que dans deux circonstances : 1° quand le malade est trop faible pour supporter la laparotomie. 2° Quand le médecin ne dispose pas des moyens nécessaire pour laire cette laparotomie.

Il y a deux ans — en 1893 — M. le Professeur Berger employait pour la première fois le naphtol camphré en injections, et l’année dernière, Guignabert publiait, sous la direction de M. Rendu, plusieurs cas de péritonite tuberculeuse ayant cédé à cette méihode. Les doses employées sont, d’après cet auteur, de cinq seringues de Pravaz. D’autres, les malades ayant été préalablement laparotomisés, on s’est contenté d’un simple attouchement au naphtol camphré. Les suites opératoires sont nulles, paraît-il et la sen-

sibilité du ventre à la pression s'alténue assez rapidement.

L'inocuité du naphtol eamphré est ioin d’être absolue. M. Colot de Berck a observé un cas d'intoxication à la suite d'une injection de cetie substance dans une poche purulente. M. Ménard à rapporte une observation d'scrês épilepliformes suivis de mort en 40 minutes. Erntin, à la societè médicale des hôpitaux dans sa Séance du 9 nai, 1895, M. Netter a rappelé l’histoire d'un enfant de T aus chez jequel on avait diagnostiqué une perltonite tuberculeuse et qui lut soumis au naphtol Camphre. À Fa suite d'une injection de 5 gr.aucun phénomène immédiat nese produisit, mais au bout d’une demi-bheure,il survint de l'agitation et un etat convu sif que rien ne put enrayer et qui se termina par la mort en quelques heures. L’autopsie demontra que ie petit malade n'avait pas, il est vrai, de tubercules dans le péritoine, mais cetteséreuseétait le siège d’une inflammation aigué qui avait causé la mort. Quoiqu'il en soit malgré le co"seil de M. Catrix de ne pas évacuer complètement le liquide pour atténuer l’action irritante du naphtol camphré, on ne devra recourir à cette méthode que très raremert, et seulement chez l’adulte, qui semble mieux la supporter.

De la laparotomie. — La liste est longue, des auteurs qui ont étudié les avantages de cétie opération dans la péritonite tuberculeuse. Presque tous ont admis sans conteste, l'efficacité de ce traitement. D’autres plus audacieux comme O. Callaghan ont conseillé l’iutervention dans tous les cas.

Nous verrons qu'il ne faut pas être aussi absolu.

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