‹ Péritonites Indolores Dans Le TabèsChapitre 3 sur 10 · ANA PROPOS · texte numérisé non relu

ANA PROPOS

Au moment de quitter la Faculté de Bordeaux pour entrer dans la carrière médicale, il nous est bien doux d'exprimer nos sentiménts de gratitude à tous ceux qui nous ont guidé dans nos etudes par leurs leçons et leurs conseils.

Nous remercions tous nos Maîtres de la Faculté et des Hôpitaux, dont nous avons reçu de précieux enseignements.

Notre reconnaissance particulière va à Monsieur le Professeur G. Dubreuil qui nous a reçu si simplement dans son laboratoire et nous a fait aimer de bonne heure le microscope.

A Monsieur le Professeur Cruchet pour l’'amicale bienveillance qu'il nous a témoignée durant la at courte période où nous avons été sous ses ordres.

À notre Président de thèse, Monsieur le Professeur H. Verger qui, durant les mois passés auprès de lui au centre neurologique de la 18° région, a été pour nous un véritable ami et n'a cessé de nous prodiguer ses conseils avisés et paternels, et qui veut bien, après nous avoir donné l'idée de ce travail, nous faire l'honneur

de le présider.

INPR CBC ANRTON

Le 9 février 1920, entrait dans le service du Professeur Verger une femme qui présentait, à ce moment, une diarrhée profuse avec un état général très grave.

Cette femme reconnue alors comme tabétique fut soignée pour sa diarrhée et son collapsus. Elle présentait dans l’hypocondre droit une tumeur volumineuse qui devait disparaître quelques jours plus tard.

L'état général parut s'améliorer, mais le mieux ne dura pas et la malade mourait quelques jours plus tard. L’autopsie montra une péritonite aiguë à point de départ vésiculaire.

Mais, détail à remarquer, cette péritonite avait évolué sans aucune douleur soit spontanée, soit provoquée, ni défense de la paroi.

Le fait nous paraît digne d’être signalé. Nos recherches bibliographiques nous ont permis de découvrir un second cas, à peu près analogue, publié aux Etats-Unis dans le ]. Michig. M. Soc. Grands Rapids de juin 1917.

Ayant pu nous procurer cette observation et la traduire, nous la rapportons à la fin de notre travail.

Les péritonites sans douleur chez les tabétiques bien que très ares, constituent un fait que l’on doit rattacher aux diverses anesthésies viscérales qui ont été signalées depuis longtemps dans cette maladie.

EFEÉSTORTQUE

C'est en grande partie à l'Ecole de Bordeaux que l’on doit l'étude des anesthésies viscérales dans le tabès.

En 1886, M. G.-E. Rivière consacre sa thèse à l'étude de l’anesthésie testiculaire. Les trois-quarts des tabétiques examinés présentaient une analgésie marquée. L'auteur faisait remarquer que la sensibilité si caractéristique du testicule n’est nullement hée à celle de la peau du scrotum. Il faisait aussi remarquer que cette anesthésie est en rapport direct avec le nombre d'années aui nous sépare du début du tabès.

En 1891, cette étude est reprise par Bitot et Sabrazès qui trouvent sur trente-sept examens dix hypoalgésies uni ou bilatérales et dix-huit analgésies.

Eux aussi notent l'opposition entre les deux sensibilités, celle au testicule et celle du scrotum.

Genouville (1894), signale l’hypoesthésie vésicale à la distension qui permet à certains malades de doubler le volume de leur vessie sans provoquer de douleur.

En 1898, Tardiff rapporte une série de sept cas d’analgésie mammaire sur dix femmes ataxiques examinées.

L'année suivante, Sicard décrit l’analgésie trachéale, décelée par la compression de la trachée; sur trente-trois malades il ne note que sept cas normaux.

Quelques semaines plus tard, J. Abadie et L. Rocher trouvent, chez vingt-cinq tabétiques, douze fois une hypo ou analgésie des globes oculaires, à la pression. Carrez, dans sa thèse, donne comme statistique 9 sur 16.

En octobre 1898, Pitres dans le Journal de Neurologie décrivait l’anesthésie épigastrique et les moyens de la rechercher.

« Chez le sujet sain la compression brusque du creux épigastrique détermine une sensation douloureuse, très spéciale, accompagnée d'angoisse et de défaillance lipothymique... Les réactions aouloureuses et cardio-vasculaires qui succèdent au choc de la région épigastrique sont vraisemblablement dues à l'excitation traumatique des gros ganglions nerveux intra-abdominaux, 1épandus dans cette région, notamment du plexus solaire et des ganglions semi-lunaires. »

Dans la statistique de Pitres, 22 tabétiques sur 50 ‘présentent de l’analgésie épigastrique. « L’abolition de la sensibilité protonde de lépigastre n’est pas nécessairement accompagnée d’analgésie ou d’anesthésie superficielle des téguments de la partie antérieure de l'abdomen. »

Quelques années plus tard (1902), Carrez étudie l’analgésie linguale, recherchée par la pression de cet organe.

Puis Pauly consacre sa thèse à l’anesthésie tendineuse (1905).

Entre temps, Déjerine (1901) avait étudié l’analgésie osseuse déjà signalée par Egger en 1899.

Enfin toutes ces recherches se complètent par l’étude successive des analgésies utérines, cardiaques, péritonéales, etc.

Aux anesthésies utérines doivent être rattachés les accouchements sans douleur.

La connaissance de ces accouchements indolores dans le tabès date de 1902 avec lies observations successives de Mirabeau, Cohn, Heitz. À la même époque J. Abadie et H. Grenier de Cardenal rapportent deux cas identiques et un troisième en 1906.

Toutes ces femmes n’avaient présenté aucune douleur durant la période des contractions et de l’expulsion fœtale.

À l’anesthésie utérine rapprochons celtes du rectum et du vagin signalées par Déjerine.

RQ re

Enfin Heitz, dans sa thèse sur les nerfs du cœur chez les tabétiques, insiste sur la latence remarquable des lésions cardiaques et aortiques dans le tabès. « La lésion cardiaque est chez les tabétiques une découverte du médecin dont l'attention n’est nullement attirée par le malade sur ce point. » Cette latence déjà remarquée par de nombreux auteurs étant bien moins fréquente dans les cas frustes ou peu avancés de la maladie que dans les autres.

SENSIBILITÉ PÉRITONÉALE

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