‹ Péritonites Indolores Dans Le TabèsChapitre 4 sur 10 · PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Normalement les deux feuillets péritonéaux glissent l’un sur l'autre non seulement sans douleur, mais même sans aucune sensation. Cependant d’après certains auteurs le péritoine comme les synoviales serait sensible au pincement.

Lorsque le péritoine est 1ésé, lorsque la couche épithéliale est détruite, la douleur apparaît, soit que cette chute mette à nu les extrémités nerveuses incluses dans le tissu conjonctif sous-jacent à cet épithélium, soit qu’elle entraîne, ainsi que le pense Robin, des modifications vaso-motrices.

« Les troubles vasculaires inflammatoires qui en résultent sont suivis d’exsudations du plasma entre les éléments anatomiques qui imbibent et gonîlent ceux-ci » et changent ainsi les relations anatomiques et fonctionnelles des filets nerveux, produisant par cela la douleur.

-« Pour J. Mackensie, le péritoine ne possède aucune sensibilité & la douleur; ce qui, dans la paroi abdominale apparaît comme particulièrement sensible, c’est cette couche de tissu cellulaire lâche qui double, en dehors, la tunique péritonéale. D'ailleurs, M. Ramstrom y a découvert une infinité de terminaisons nerveuses. »

Mackensie estime que «l’on peut poser comme règle que les viscères sont insensibles aux excitations qui produisent la douleur dans les nerfs cérébro-spinaux; mais comme, d'autre part,

les excitations viscérales peuvent provoquer des. phénomènes douloureux, il faut conclure que le mécanisme de la douleur est différent dans ces deux cas. La douleur n’est point perçue, dans l'organe lésé, mais elle est transmise dans la zone de distribution des nerfs sensibles des téguments externes » par un phénomène réilexe.

« À l’état normal, les excitations qui s’écoulent vers la moelle par les fibres afférentes, oxopètes, du système organique sont trop faibles pour affleurer au plan de la conscience en ébranlant les centres spinaux; ce qu’elles déterminent par réflexion c’est le maintien à un niveau physiologique du tonus sympathique. Au contraire, lorsque, du fait d’une altération viscérale, ces excitations dépassent le niveau normal, elles retentissent sur les centres médullaires somatiques où sont localisées les fonctions élémentaires de la sensibilité consciente. »

Quelle que soit l'hypothèse admise, la douleur spontanée appa- 1aît dès que la séreuse est enilammée et constitue un des signes les pius importants des péritonites aiguës.

La péritonite aiguë est souvent précédée d’un frisson auquel succède bientôt une douleur abdominale intense, qui, d’abord localisée, ne tarde pas à s'étendre à l’abdomen tout entier.

La douleur est le symptôme le plus pénible de la péritonite et elle est pour certains malades absolument intolérable.

N'est-il pas superflu d'ajouter que la sensibilité du péritoine, comme la sensibilité des autres viscères, se différencie entièrement de la sensibilité superficielle des téguments.

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