‹ Perles et paruresChapitre 6 sur 49 · LE MIRAGE DU LAC DES MAKIDAS · texte numérisé non relu

LE MIRAGE DU LAC DES MAKIDAS

Sage brahmane, si vous n'êtes jamais sorti des sentiers brûlés et des rochos ardentes, où le soleil trop généreux torréfie les diamants d'Hyder-Abad, vous ne pouvez vous faire une idée dos charmes primitifs du lac des Makidas. C'est un miroir de nacre unie, et il est couronné de naucléas, de lenstiques, de boabads, de caquiers, des liquidambars, de palmistes, dont les verdures mêlées sont plus réjouissantes à l'œil que les plus beaux tapis tissus par les brahmanesses, dans la fraîche vallée de Kachmir. La tribu sauvage qui s'est établie au bord de ce lac, depuis les premiers jours du monde, offre la plus belle espèce d'hommes et de femmes qui se puisse voir dans les zones ardentes. Les Makidas

l(\ LES JOYAUX.

ont la couleur de l'ébène, et leur peau est douce comme l'ivoire jeune. Les femmes ont des cheveux superbes comme la race bengalienne, et leurs traits ont la correction gracieuse des visages de nos plus belles statues de la déesse Lachmi.

Au milieu du lac est une île très vaste, pleine de huttes de joncs, toutes ombragées de beaux arbres. C'est la ville et le royaume des Makidas. De tous les côtés, ce peuple est défendu par la profondeur des eaux, contre les attaques des bêtes fauves et contre les éléphants des bois de Sisikarma. Chaque Makida est roi un jour de Tannée et gouverne. Les vieillards conseillent le roi et ne gouvernent plus : on les vénère comme des dieux; on leur donne les plus beaux produits de la chasse et de la pêche; et le soir, on se range en cercle autour d'eux, et on écoute leurs sages leçons.

Un brahmine que j'ai vu à Solo, et qui a beaucoup voyage sur les terres lointaines, a visité la tribu des Makidas et m'en a parlé ainsi :

Ce matin, j'ai assisté, sur la facette émeraude du diamant Beabib, à un mariage de Makidas.

Il y avait une jeune fille, belle comme la déesse de lavolupté que

nous adorons sous le nom de Sursuti. Sesbeaux cheveux Mais

toute description , quelque poétique qu'elle puisse être, ne serait jamais parvenue à la faire apparaître aux yeux du brahmane avec tous ces charmes. Zeb-Singcut donc recours à son talent de dessinateur, et arrivé à ce point de l'histoire qu'il racontait, il déroula une feuille de palmier desséchée , sur laquelle il avait tracé cette ravissante image.

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