‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 1 sur 323 · AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE · texte numérisé non relu

AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE

11 e<^l bien aisé de saiisf:iire, le monde sur le dessein du petit livre que Ton donne prései.ienicnt a,: ^rA lie, ^oiis le liire de Réponse générale au uouveun livre de M. Claude. Ch:ictin sait que lorsque ce livre pr.rut, ou ciait occupé à s'acquitter de la promesse (pie l'on avait faite d'examiner ce que l'Ecriiiire el les Pères diS six premiers siècles nous enseignent de l'Eucliaristie (1); el à montrer de plus, par un antre ouvrage, que l<-9 calvinistes ont renversé entièrement les fondements de la morale de l'Evangile (2), par les erreurs sur los- <pielles ils ont établi leur réformalion. il n'était donc nullement à propos de se détourner de ce travail, pour ré|)omlre exactement à ce nouvel ouvrage, qui n'avait rien de si fort ni de si éblouissant, que l'on dût craindre qu'il fît beaucoup d'impression sur les es|)riis. Outre qtie la plupart des choses qu'il contient, en ce qui regarde le dogme, trouveront tellement leur place naturelle dans ce q-i'on donnera bientôt au public, touchant les Pères des six premiers siècles, que c'aurait été les obscurcir que de les traiter séparément.

Mais comme il est diflicile que tout le monde soit aussi instruit qu'il le faudrait être, pour discerner (ont «l'un coup toutes les illusions qii'i.n bonnne d'esprit comme M. Claude répand sur une matière à latjuelle il s'applique deux ans durant : que peu de personnes prennent la peine de conférer ensemble les livres de C(inlesiaiion : <jn'd n'y en a rjue trop qui s'arrêtent aux deruiers et qui se laissent toucher par les plaintes, par les reproches et par les accusations d'illusion, de mauvaise foi, de f.ilsilication, d'aigreur, d'emportement, dont tout le livre de M. Claude est rempli ; la charité obligeait aussi de prévenir ces ntauvais effets, et Ton a cru y réussir par le petit ouvrage que l'on a fait dans cette vue, et (pie l'on a divisé en deux livres.

Le preutier fait voir que le premier tome de la Perpétuité, que Ù. Claude se vante d'avoir absolument renversé, non seulement subsiste tout entier après son livre, mais reçoit même une nouvelle force par les vains efforts qu'il a faits pour le détruire.

On y réluie de plus en particulier toutes les réponses par lesquelles il a tâché d'éluder, dans son livre, l'an lorilé des témoins réc<;nts qu'on avait produits dans celui de la Perpétuité ; ce qui donne occasion d'en produiri» eiuMire de nouveaux, tant à l'égard des Grecs que des autres sociétés orientales, qui sont si authenliques el si <lécisifs, qu'on aura tout sujet d'en conclure, (pie ceux (|ui ont fait paraître une opiniâtreté si contraire à 1.* i»(uine foi dans des choses eiitièremeiil évidentes, sont .justement suspects de se jouer encore avec plus de licence de l'aulorité de l'Ecrilure el des Pères, et ue uiérilenl [las ainsi d'être écoulés dans une dispute dj religion.

Mais on fait voir de plus que ces preuves de la foi des ég'ises d'Orienl, s'élendent plus loin ([ue le temps présent, d qu'elles donnent droit de conclure par deux consécpicnces évidentes, (juc ces coinmunions ont lou jours été dans la doctrine de la présence réelle. La première est, que si toutes ces nations sont présenlemeut <iaus celte créance, il faut (pi'elles y aient été du temps de Bérenger. Et la seconde est, que si elles y ont été du lemps de Bérenger, il faut qu'elles y aient toujours élé, parce qu'il est tellement impossible que devant ra>cliase ou depuis Paschase jusqu'à Bérenger, il se soit fait un changement universel de ciéance sur le point de rEucbaristie, dans toutes ces sociétés séparées de l'Iiglise romaine, que M. Claude même n'a pas osé porter jus(|ue là ses préientions, el est tacitement demeuré d'accord de rabsurdité de cette supposition.

Ainsi ce premier livre contient la preuve entière de rargument de la Perpétuité dans les bornes où on l'avait d'abord renfermé, (|ui est de conclure que la doctrine «Je la présence réelle csl la doctrine constante et perpétuelle de l'tglise depuis les ap<}trcs jusqu'à présent. On a tiré celte même conclusion à l'égard de la traussubsiantiation dans le premier loine de la Perpéuiité, en la manière que nous l'expliquerons plus b.is, et <Mila tirera encore beaucoup plus expressément et plus formellement dans le second. Mais tant s'en laui qu'on la tire dans ce livre-ci, que pour empêcher (fue M. Claude ne détourne les lecteurs de levidence de lu preuve à laquelle on est bien aise de les attacher, on déclare ex|)ressément qu'on ne la lire point, et (pie l'on se borne à la présence réelle. Ce(iui n'empêche pas néanmoins (|ue la plupart des passages que l'on produit, cl des preuves que l'on ein|doie ne donnent lieu aux personnes équitables de la tirer à l'égard de la transsub ■ stantiaiion méiïie. Mais il est toujours permis de réduire les disputes de controverse à un point pi éeis, pour éviter la longueur et l'embarras; el c'est un assez grand avantage (|ue de faire voir que les calvinistes sont liéréliqnes sur un dogme capit:d, comme la pré-ence réelle, et que l'on ne peut demeurer en conscience dans leur sociélé, pour en faire le sujet unique d'un livre particulier.

Mais comme ce qui peut faire impression dans le livre de M. Claude, consiste encore plus dans les rejiroches daiV/rcttr, (ïemporiemeul, de mauvuhe foi, de fahificalion, donl il remplit toujours ses ouvrages en faveur de ci'ux qui ne jugent des choses que par ces sortes de mots, il a élé nécessaire de répondre aussi à ces accusations. Et c'est ce (jne l'on a fail par diverses remarques qui composent le second livre de celle réponse. Ou y a traité, de plus, diverses questions incidentes ei qui se |)ouvaient délacber du corps de la question [iriucipale, et particulièrement celles qui regardent la métb ule qui esl le sUjet de tout le premier livre de M. Claude. Car quoique l'on n'ait pas eu en vue d'en faire une rétut ilion exaole, ou peut dire néanmoins (jne l'on y en niiiuî lellemenl tout les principes, (pi'il n'y a personne (|ui après avoir lu ce (pie fou en dit , ne reconnaisse sans peine (|ue tout ce |ueniier livre n'est qu'une iliu.ion continuelle, fondée sur de fausses suppositions qui sont déi miles dans ces reHiar<pies.

Outre le dessein ipie Ton y a eu de répondre a ce qu'il y avait de plus spécieux dans ces reproches per.onmls, on avoue (pie l'on a de plus été bien aise de débarrasser cette dispute de ces discussions importunes, afin de se pouvoir appliipier iiniiiuement aux dogmes, cl de n'être |»lus obligé de se détourner à chai-ue pas pair réponclre à ces ac< usalions malignes et (icrsoniiclles que .M. Clauite y mêle à dessein d'amuscr le inonde. .4in-4 l'on peut dire avec vérité (jnc si la nécessité de faire connaître son injujtice, a obli;jé de la repicsenlcr daiit

(I) Tom. 2 de la rerpéDilé.

(i) e'csi l'ouvrao'c intiu;lé : renversement de la ma: aie, etc.

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