V. UE LA V. IIL > ---.A^. ^Première
nt RÉPONSE GÉNÉUALE AU NOUVEAU LIVRE DE M. CLAUDE. '»
«e second livre en la inanièrequc l'onacni!' propre poiircn donner Pidée qu'on en doit avoir; on neP*. Tiil néanmoins que dans le dessein de le pouvoir épargner davantage dans la suite , et de le traiter connue un aulra ministre avec qui ou n'aurait pas de différend particulier.
Mais quoique ce soit par contrainte que l'on s'est appliqué à ces différends personnels, on croit que les lecteurs ne laisseront pas d'y trouver quelque utilité et même quelque plaisir. On verra que l'on y fait une justice exacte à M. Claude, qu'on ne lui fait jamais de reproches (5n l'air et sans preuves , que l'on ne passe |ioint au-delà de ce qu'on prouve , et que lorsfju'il a quelque petite apparence de raison, on ne fait pas difficulté de i'avouer sincèrement. Ainsi l'on croit que toutes les personnes judicieuses reconnaîtront facilement combien ce procétié dont on use en son endroit est différent de celui dont il a usé envers ceux qu'il a attaqués, et qu'elles demeureront persuadées qu'il peut servir de préjugé de la justice de la cause que l'on défend contre lui ; n'y ayant rien dans tout ce que l'on dit de lui, qui ne soit conforme aux règles véritables de la justice et de l'Iionnôtelé; et n'y ayant rien au contraire dans tout ce qu'il dit coalre sou adversaire qui ne soit contraire à ces mêmes régies. C'est ce qu'on ne dirait pas si assurément, si on ne le prouvait dans ce livre-ci, d'une manière dont on croit que tout le monde demeurera satisfait.
LirRE PREMIER,
ou LON FAIT VOIU QUE NON SEULEMENT IL NE DONNE AUCUNE ATTEINTE AU LIVRE DE LA PERPÉTUITÉ, MAIS Qu'iL l'ÉTABLIT d'uNE MANIERE INVINCIBLE.
jê'JSîSîei^
CnAPlTnE PREM1EI\.
Que M. Claude n''a osé combattre la conséi]uence capitale du livre de la Perpétuité.
Il paraît assez par la manière dont M. Claude parle , dans son dernier livre, et de lui-même et de celui qu'il réfute, qu'il se représente à lui-même comme nu victorieux qui tient sous ses pieds ses ennemis abattus , et qu'il regarde sou ouvrage à peu près comme ce grand livre dont parle le propliête Isaïe, dans lequel Dieu lui commanda d'écrire ces paroles triomphantes : Hâtez-vous de recueillir les dépouilles de vus eunemis vaincus , amassez promptemeiil le butin que vous avez fuit : < Sume tibi lïbrnm grandemel in eo scribe stylo ■iioviinis; velociler spolia detrahe , cito prœdare. » Car si l'on en croit M. Claude (I), il a déiruit pleinement, par ce grand volume qu'il a publié, toutes les suppositions et toutes les consé(iuenccs du livre de la Perpéluilé. il a fait voir que l'on n'a jamais vu tant d'illusions et tant de faiblesse, et que les raisons de M. Ariiauld ne sont que des chimères que l'engagement et ta nécessité de soutenir sa thèse à tort et à traveis lui ont fournies : de sorte qu'il semble qu'il ne lui reste plus rien à faire maintenant qu'à jouir tranquillement des fruits de la victoire qu'il a remportée.
Je ne prétends pas encore le détromper pleinement ici de celte agréable imagination. Peut-être qu'avec le temps on lui donnera sujet de soupçonner qu'il jiourrait bien y avoir du mécompte dans ces grandes idées qu'il a conçues de son livre. Mais, quoiqu'il nous croie entièrement abattus, il ne peut néanmoins nous refuser d'abord le droit naturel qu'auraient même 1rs vaincus de rassembler les misérables restes de leur défaite, c'est-à-dire, celui de réunir les raisonneînents et les consé(iuences qu'il lui a plu d'épargner, et les laits qu'il n'a point osé contester, ou qu'il a positivement .'iccordcs. Car s'il se trouvait que le livre de la Perpétuité subsistât encore tout entier dauss ces conséquences non condtallues et dans ces faits avoués, ces triomphes de M. Claude pourraient bien passer pour de pures visions.
C'est donc ce qu'il est bon de considérer d'abord ; et on ne le peut mieux fain; qu'en remar(iuant que le livre de la Perpétuité peut cire réduit à ce syllogisme conditionnel.
Si toutes les communions schismatiques qui sont répandiics dans ir.uie la terre se sont trouvées imies, au temps de Béreuger, avec l'Eglise romaine dans la < réance de la pré--^ence réelle, il est contre tonte apparence de raison de s'imaginer (|u'elles puissent êlre venues à cet état par une imiovation et un clinngement universel de créiuice sur ce myslcre, qui se soit
(I) M. Clau.le, 3' Ré{)0use, pag. 919; ibid. page -2;>8
introduit dopiiis P.ischase, comme les ministres le piétendcnt.
Or toutes les communions schismatiques se sont toutes trouvées unies avec l'Eglise romaine, au temps de Bérenger, dans la créance de la présence réelle. ^ Donc il est impossible (ju'clles en aient changé : c'est-à-dire qu'il est nécessaire que la doctrine de la prési-nce réelle ait été perpétuelle d.ms toutes ces sociétés.
La seconde proposition de cet argument est tirée du traité de la Perpétuité. Et pour la première, M. Claude iirend lui-même soin de l'établir; car il n us fait souvenir h la fin même de son livre , et eit i>lnsiein-s autres endroits , que la première proposition de l'auteur de ta Perpétuité est que, dims le onzième siècle , lors de la condamnation de Bérenger , les Grecs tenaient la présence réelle et la transsubstantiation ; que c'est le temps qu'il a choisi , et qu'il appelle son point fixe, pour prouver par là que ces doctrines étaient perpétuelles dans l'Eglise. C'est ce que je désire, ditil (1), qu'on remarque soigneusement, afin qu'on ne nous vienne plus faire une nouvelle illusion.
Je n)onlrerai dans ce livre même qu'il se trompe d'une manière inexcusable, en ce qu'il avance ici que la transsubstantiation était enfermée dans celle proposition de l'auteur de la Perpétuité. Mais il ne se trompe point dans le temps de cette supposition et de ce point fixe. La remarque qu'il en fait est très-véritable ; et on le prie seulement de remarquer lui-niême que si dans la siiite de son livre il se trouve qu'il l'ait oubliée, il est lui même coupable de cette illusion qu'il reproche aux autres. Or c'est ce que nous allons faire voir.
Tout cet argument se réduit à un fiit que l'on entreprend de prouver, cl à une conséquence que '.'ou en tire.
Le fait est que toutes les coïnmiuiions scliismau quns se sont trouvé s unies, au l^mps de Bérenger, dans la doctrine de la présence réelle.
La cousé(|uence que l'on en tire est, qu'il est impossible qu'elles soient venues à cet éiat par innovation; et par consé(iuent qu'elles ont toujours tenu cette doctrine, et que le prétendu changement inventé par les ministres est une fable et une chimère.
Tout ce que contient le livre de ta Perpétuité se réduit à la preuve ou de la conséquence, ou du fait. Et ainsi il est très-clair que l'on 'n'y peut répondre qu'eu niant ou cette conséquence que l'on tire, ou ce (ait que l'on entreprend de prouver.
Ce[»cndant M. Claude, par un tour d'esprit qui lui est particulier, et par une adresse qui a été jusqu'à
(Ij 3' I\épons(^, p. 92Û