AITS TOUCHANT L'ÉGLISE GRECQUE. Z
ample exposition de la créance des Grecs sur l'Ei:charislie, fut que M. de Noinlel ayant appris qi^i? se devait faire une assemblée de méiiopolilains , d'évéqucs , et des principaux ecclésiasiiques du patriarcat de Jérusalem , pour la dédicace d'une nouvelle église que les Grecs avaient obtenu permission de bâ;ir à lîeihléem, il écrivit à Dosithée, alors paiiiarche, pour le prier de lui donner son jugement et celui de son clergé siu- les questions qui f^iisaiefit les principaux points de la dispule entre les auteurs de la Perpétuiié et le ministre Claude , et en particulier sur divers extraits lires de ses livres. Dosithée, homme aussi savant que Grec l'ait été depuis longtemps dans les nialièrcs ihéologiques , dressa un écrit assez ample , qu'il intitula le Bouclier de la foi orthodoxe , dans lequel tout fut mûrement examiné : il fut approuvé par le synode, et signé par Dosithée, par Nectarius , son prédécesseur dans le patriarcat, et par tous ceux dont on voit les signatures. Cela fut fait en IG72, et c'est ce qu'on appela le sijnode de Jérusalem ou de Bethléem. En 1090, le même Dosithée changea le titre de cet ouvrage , il y fit des additions considérables, il éclaircit quehpies articles, et le fit imprimer à IJucharest en Valachie. Voici le titre: Manuel peur servir de réfutation à l'extravagance par laquelle les calvinistes accusent faiissement la sainte Frjlise catholique et apostolique d'Orient, de croire louchant Dieu et les choses divines ce qu'eux-mêmes ont de méchantes opinions, se servant pour prouver ce qu'ils avancent des chapitres appelés de Cijrille Lucar ; composé par Dosithée , patriarche de la sainte ville de Jérusalem , l'an de Jésus- Christ 1G7'2. Ainsi le titre a été un peu changé , en ce que d'abord cet ouvrage portait le nom du synode de Bethléem , et (|ue dans l'édition de Vahieliie, il poile le nom de Dosithée qui l'avait composé , comme président de ce même synode.
Les calvinistes sont si peu ménagés dans le discours , qu'il ne leur a pas été possible d'employer aucune des subtilités ordinaires de M. Claude, pour interpréter des décrets qui condamnent expressément et en détail tous les articles de leur doctrine. Au si ce ministre, content des victoires qu'il croyait avoir remportées, n'a pas jugé (|n'il fillûl répondre à une pareille autorité. Ses disciples et ses admirateurs ont eu recours à ses prescriptions générales contre les Grecs pour rejeter ce synode , comme U!ie déclaration mendiée et obtenue par argent, et comme l'ouvrage d'un petit nombre de Grecs latinisés. Cette objection peut frapper des ignorants préoccupés de confiance pour leurs ministres, et des préjugés de leur éducation; mais elle ne peut être examinée en détail , sans reconnaître que c'est un tissu de faussetés et d'absurdités.
C'est aussi ce qu'on a reconnu d'une manière bien sensible , lorsque l'auteur des Monuments a voulu entrer dans les preuves particulières des propositions générales tirées des principes de M. Claude. Il a fallu avoir recours à inie imagination féconde eu chimères, ijour inventer des f liis noloirenioiit faux, rclrahchc.
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plusieurs arlicles pour trouver lieu à de^ iiilcrprélari(jiisa))surd(;s, et inco!iip;ililjles avec la doctrine et la discipline des Grecs; enliii il a fallu l'aire un système h\ plus Lizarre (lui ait ixiil-ctre jamais clé imaginé. Car si on croit cet écrivain , c'est une assemblée qui .'ivanlcn vue de rcjelerla Confession de Cyrille Lucar, cl de condamner les opinions des calvini:acs. les justifie prescpie partout ; ensuite (]ui les réfute , <|ui combat en plusieurs articles la créance des Latins, et qui est cependant cou)posée de Grecs hitinisés; qui est dévouée au pape, cl qui a lour clief deux patrinrchos les plus animés qu'il y ait eu depuis longiemits contre sa primauié , qui l'ont allaqnée par des écrils trcssanglanls , et qui sont morts hors de sa communion ; enfin des Grecs dévoués à un ambassadeur de France, (onire lequel ils étaient acluellemenl en dispute p:)ur la possession des saints lieux, alHiire à laquelle les <leux nations s'intéressaient autant qu'à resscnliel de la religion. Tel a élé le syslème qu'a été obligé de faire celui qui a voulu tirer des onséquonces pailiculièics des propositions générales de M. Claude; et (juoiqii'il paraisse as-ez (;u'i)n ne doit pas écouter si^f celte nialière im li «nnne q-ii en avait si peu de ciinnaissance , qu'il prend la grotte de Bctliléan jour le n'ui d'un saini, il esl vrai némmoins (;u'on ne peut aiiaiiner l'aiitorilé des déeicis de Jérusalem (pie par iiU('i(j(!e- preu\c^ semlilMbles :
C'esl-ii-due , (ju'il faut montrer que ces décrets ne s'aciordcnl |)oinl avec la créance ancienne cl présente de légli-e grecque; qu'il.-; ont élé dressés par des personnes suspectes de collusion avec les Latins; q:ie les formes n'ont pas élé observées ; (pie dans la suiie ces décrets ont élé désavoués , ou condamnés; que ceux (pii les oui dressés ont été accu-.és comme novîiteurs ; enlin il f.u.t qu'il paraisse queli|iie acte cohiraire (pii détruise ceu\ de 1G7-2 , et (pii conliciiue une exposition de fui toute difïérenle , et généralcmenl approuvée dans ré..;lise grec(|ue. C'est ce que le sieur A. n'a |)as f.iit, et ce (pie les calvinistes ne sauraient faire , surtout après qu'on a donné au public dius la Défense de la Perpétuité, des démonstrations seiisililes de la fausseté de tout ce que ce téméraire écriviiiu a osé dire louchant ce synode.
l'ariui les auteurs (pii peuvent passer pour sérieux, un des premiers qui ail attaqué le synode de Jérusalem a été AL Smiih , dans ses Miscellauea, et dans un aniie écrit qu'il a fait pour la défense du premier. Il ii'a|tpieiid à ses lecteurs aucune circonstance qui ait rapiiort à ce que nous venons de marquer; mais il avoue siiiccremenl qu'il n'en sait aucune, puisqu'il dit seulement qu'on saura par la suite du temps , ou au moins au jour d- jugement, arcanorum revelutor dics docebil (car ce u'«--,l qu'en ce jour là que tout ce qui é ail caché paraî'ra), par c,uels arlifices ce synode et la Confession oitiiodoxe oui adopté la Iraiisaubslanlialion. Dans le Nccond écrit il s'avance un peu plus, eu disant qu'il fut étonné lorsqu'il vil ces décrets, se 8(uvena!it fort bien qu'avant de partir de Constanlisiople, dans une visite ou'il rendit au palriarclie de
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Jérusalem , dont même il avait oublié le nom , celuici lui avait parlé d'un traité contre le pape qu'il av.iit composé, cl (ju'il vou'ail faire imprimer en Angleterre; d'où il conclut (pi'un Gscc co;nme celui-là ue pouvait avoir part à de tels déercts.
On a fait voir dans la Défenae di> la Perpétuité, et dans la préface sur l'écril de NiClarius adressé aux religieux du Moul-Sina, la faiblesse cl la fausseté d ; cet argument embarrassé. Il n'y a qu'à le mettre en forme pour en être convaincu, car la majeure doil être celle-ci : Tout Grec qui croit In Iransmbslanlialion ve peut pas alluqucr la primauté du pupe; ou celle-ci : Tout Grec qui ne croit pis la primauié dn pipe, ne peut pas croire la transsubstaïuiation. Or on voit clairomenl que si ces deux proposiiions, qui reviennent à la mèiue, ne sont pas fausses, elles sonl au moins douteuses, puisque les caiholiipics les nient; et ou ne les peut supposer prouvées que par ce défaut de rrdsonncmeiil que les logiciens appellent pétition de principe. Mais il ne fatit point de raisonnemenl contre des fa ts; ol si jamais il y en a eu de certain, c'est (jue Nectarius a cru la Iranssubslantialion , jmisqu'il ne pouvait pas approuver solennellement la Coll'■e^S!orl orthoiloxe, par une lettre (pii est à la tctc de l'édition de Hollande et de colle de Leips'.ck, sans croire ce dogme, qui s'y trouve formellement enseigné. 11 le reconnaît avec la même netteté dans sa lettre aux religieux du Monl-Sina, et dans une préccditnle écrite à Paisius, patriarche d'AL-xandrie, qsii est en français dans la Pcryétuité. Mais ce qui est le jibis remarquable, est que dans ce même traité contre la primauté du pape, imprimé quatre ans avant les Mi.tcellanca, il l'enseigne très-clairement. C'est là où se sont bon. es les arguments de M. Smith, qui enlin n'a pu disconvenir dans Tosivrage suivant que les Grecs ne crussent la transsubstantiation ; mais en prétend ml que ce n'est que depuis pou, cl par les artifices des émissaires de la cour de Home, qu'elle a été introduite parmi eux, ce qu'il ne prouve pas mieux que le reste.
Enfin M. Allix, le plus savant des ministres qui soient sortis de France, ayant traduit le traité de Nectarius, a reconnu que ce patriarche avait cru la transsubstantiation. Il a seulement ajouté que ce que les Grecs croyaient sur ce sujet n'élait pas enlièremenl ce qui esl cru dans l'Église romaine ; et celle objection a été examinée ailleurs. Nous ne parlerons pas de^cc que i)lusieurs habiles prolestanls de la confession d'Augsbourg ont écrit sur ce sujet, parce que la plupart se sont copiés les uns les antres. H suffit de dire en général que comme les plus fameux théologiens de cette conunuuion ont élé fort éloignés de croire que la Confession de Cyrille représentai la f < i de l'église orientale, sachant assez d'ailleurs qu'elle enseigne tout le contraire, ils n'ont pas les mêmes motifs d'aliaquer les décrets du synode de Jérusalem qu'oui les calvinistes. M. Normannus, dans la préface sur la Coi:fession orthodoxe, a donné assez à entendre qu'on ne pouvait les avoir pour suspects, en ce qu'il