LIV U. EXAMEN DE LA SUPPOSITION D
n'y avait presque point de Latins établis dans ces payslà, puisque ce ne fut quapiès la prise de JcrusalL-ni, j en 1099, qu'ils conunencèrenl à s'y établir; ils ne I peuvent donc y avoir porté alors une nouvelle docli irinc.
Puisque ce même minisire a reconnu que plusieurs cérémonies que l'Église romaine pratique sont des Buites nécessaires de sa cré;ince sur l'Eucharistie, et qu'il a été assez mal instruit sur la discipline des Grecs et des Orienlanx , pour assurer qu'ils n'observaient rien de semblable, partout où ces cérémonies se trouvent, l'opinion qui les produit devait être reçue; or il est certain qu'avant le temps dont parle Sévère les Copliles avaient la même discipline qui se trouve prescrite dans leurs Rituels. Ils ne peuvent pas l'avoir prise des Latins, puisque ceux-ci n'ont jamais changé les rites orientaux dans ces sièelcs-là que pour subs tiluer ceux de l'Église latine ; outre qu'ils connaissaient si peu ceux de l'église orientale, que souvent ils les ont condamnés ou supprimés faute de les entendre.
On a fait voir dans les chapitres précédents que les croisades n'avaient eu aucun effet à 1 égard des chrétiens orientaux hérétiques ou schismatiqiies, puisqu'à Aniioche et à Jérusalem les Latins avaient éiabli des pali iarches au préjudice des Grecs et des autres communions qui avaient les leurs; et qu'à peine ils leur avaient laissé qucbiiies églises pour y faire le service thucun selon son rit particulier. Ils les laissèrent tels qu'ils les avaient trouvés, à l'exception des mai oiiites, qui furent rôunis à l'Église romaine. Les au- . Iros chréliens regardèrent toujours les Francs comme béréliques calcéJoniens, ainsi qu'ils appellent ordinairement les orthodoxes ; cl de plus ils les accusèrent d'ajouter au symbole les paroles FUioque, et de célébrer avec du pain azyme, outre plusieurs abus que leur reprochent Paul, évêque de Séide, Ebnassal, Pierre, évè(iue de Mélicha, et quelques autres. Peuton supposer que ceux que les Orientaux regardaient comme Iiciétiques, en sorte qu'ils reconciliaient les églises et les autels où les prêtres latins avaient célébré, fussent fort propres à leur apprendre un nouvel article de foi, tel que celui de l'Eucharistie? et sur celle supposition, la plus extravagante qui fut jamais, pourra-ton croire qu'on ne les instruisait que sur cet article, et qu'on passait sous silence toutes leurs autres erreurs? On voit aussi que les jacobites d'Alexandrie (irent un crime à Cyrille, (ils de Laklak, soixantequinzième patriarche, de ce qu'il avait eu commerce avec les Francs, et qu'il avait ordonné à Jérusalem un Miéiropolitain accusé de trop de familiarité avec eux, cl qui avait détourné les Cophtes de leur ancienne créance et de quelques pratiques de cette secte. C'élail vers l'an 12i0, et cela fait voir que près de deux siècles depuis, les jacobites n'avaient pas changé la mauvaise opinion qu'ils avaient des Latins, qui par conséquent n'élaicnt guère propres à leur inspirer de nouvelles opinions sur l'îuicîia- 11 çlsiie.
UN r,ri\NGEMENT DE DOCTRINE, etc. 6">4
Fnfin il faut convenir qu'une proposili:>n aussi générale et aussi hardie que celle de M. Claude devait être appuyée de quchpies preuves; mais par le dénombrement qu'il fait des nations chrétiennes d'Orient, on reconnaît qu'il savait à peine leurs noms, tant s'en faut qu'il ait rien dit de leurs dogmes, de leur discipline et de leur histoire ; et on ne voit pas qu'aucun autre calviniste ait suppléé à un défaut si essentiel. M. Claude n'a pas parlé des jaiobitcs ea prirliculier; mais il a cru finir la question sur ce qui les regarde en disant qu'ils étaient eulychiens, et que les eutychiens niaient que Jésus-Christ eût eu un véritable corps , ce qui n'est pas vrai , et encore moins que les jacobites suivent les erreurs d'Eulycliès, auquel ils disent anatlième.
Les preuves que les auteurs de la Perpétuité ont données, et celles qui ont été découvertes depuis détruisent entièrement cette mauvaise réponse; çt les jacobites s'expliquent si clairement, que loules les subtilités dont Aiibcriiii et M. Claude se sont ser vis pour détourner le sens naturel des passages des Pères grecs, ne peuvent être employées. Quand loutfs nos preuves se réduiraient à la seule Confession de foi que font les Coplites avant la communion , il n'en faudrait pas d'autres, puisqu'elle exprime par les paroles les plus simples que ce qu'on voil sur la patène cl ce qu'on reçoit actuellement de la main du prêtre est le véritable corps et le sang do Jésus-Christ.
On a cité cette Confession dans la Perpétuité ; et on ne pouvait pas s'inscrire en faux contre une telle j)ièce, puisque dès le commencement du siècle passé elle avait été imprimée en latin, traduite sur un manuscrit de Joseph Scaliger, et qu'elle se trouve de même dans la Liturgie éthiopienne. C'est là cependant une autorité à laquelle M. Claude n'a pas daigné répondre, parce qu'Aubertin, qui ne pouvait p,\s l'ignorer, n'en a fait aucune mention. Scaliger a parlé dans ses lettres de celte traduction, et quoiqu'il y remarque quelques fautes, on ne trouve pas qu'il ait accusé les maroniles qui y furent employés, d'avoir rien mis qi:i ne fût dans l'original. On ne reprochera pas aux pro- IcstaQls de n'avoir pas fait mention des cérémonies qui accompagnent celte Confession, et dont on a donné divers extraits lorsqu'on en a parlé; elles ne se trouvent pas dans tous les manuscrits, et mémo elles ne sont pas nécessaires pour faire comprendre toute la force de cette Confession. Quand nous n'aurions aucune preuve que celle-là, elle serait plus que suflisanle pour établir incontestablement que non seulement les jacobites d'Égyple croient la présence réelle et le changement véritable , mais encore qu'ils n'ont pu recevoir ce dogme d'ailleurs, puisque cette Confession leur est particulière; qu'elle est plus ancieime de trois ou quatre cents ans que les époques du prétendu changement, et qu'elle renferme ime proposition qui comprend l'hérésie des monophysites. Or on ne peut pas douter de celte anli(iuité, puisque non sculcmcni les prctrièrcs paroles sent en grec, ce
^35 peupétuité de la foi
(jui la fait remonter au-delà du mahomélisme, mais que Sévère et d'autres auteurs en font menlion ; cl que lorsqu'il arriva dans le douzième siècle quelque contestation sur les dernières paroles qui regardaient le mystère de l'Incarnation, et non pas l'Eucharistie , ceux qui ne voulaient aucune addition se défendaient sur l'ancien usage.
Les cérémonies qui se trouvent marquées dans un grand détail dans les Rituels et les Missels plus récents, sont une continuation des mêmes preuves. On ne peut dire que les jacobites les aient prises des Laiiiis, qui n'en ont pas de semblables, et qui en condamnent quelques-unes, outre que certainement on ne les connaissait pas parmi nous avant la dispulc touchant la perpétuité. Ceux qui ont des usages semblables ne peuvent être que fort éloignés des opinions des calvinistes ; et puisque les ministres ont cru prouver par des témoignages de quelques auteurs fort méprisables, que les Grecs et les Orientaux n'^adoraicnt pas riîucliaristie, et qu'ils n'avaient aucune attention sur ce que nous regardons comme une profanation et comme un sacrilège, ceux que nous citons ayant une autorité fort supérieure et qui ne peut être contestée, prouvent d'une manière bien différente tout le contraire. C'est aux disciples de M. Claude à répondre à ces nouvelles preuves.
Il est aisé de comprendre que le changement qu'on suppose n'est pas si aisé que ce ministre se l'était imaginé , puis(iue cet Abraham dont il a été parlé cidessus, ayant proposé une nouvelle doctrine sur l'Eucharistie , et ayant trouvé des sectateurs , même des évêqiies , éleva contre lui, non seulement le patriarche d'Anlioche son supéiicur, mais celui d'Alexandrie , quoique vraisemblablement ce que cet hérétique proposait fût moins dilïicile à recevoir que la créance opposée, pour laquelle il faut que la foi combatte les sens et la raison. On a marqué d'autres cliangements dans les mêmes églises qui ont toujours cxciié beaucoup de trouble ; et il n'y en a eu aucun dont il ne se trouve quelque mention dans l'Iiisloire ou dans les auteurs qui ont vécu dans l'église jacol)ilc.
Denis Barsalibi, de l'aveu même des protestants , a enseigné la présence réelle de telle manière qu'un d'entre eux avouait que si un catholique voulait choisir des termes pour exprimer les sentiments de l'Église romaine , il aurait de la peine à en trouver de plus forts. Denis a cependant dans ses écrits attaqué souvent les Latins, surtout dans son commentaire sur la Liturgie de S.-Jacques. Est-il vraisemblable que des jacobites ainsi disposés fussent prêts à recevoir aveuglement tout ce que les missionnaires et les ecclésiastiques établis en Syrie et en Palestine leur auraient voulu inspirer?
Ainsi il n'y a pas le moindre fondement à supposer que les jacobites d'Egypte et de Syrie aient pu recevoir de nouvelles opinions sur l'Eucharistie, ce qui doit s'entendre pareillement de tous les autres de celte secte : car les Éthiopiens depuis le patriarche
TOUCHANT L'EUClIARISTiE. S'S
Benjamin , qui tenait le siège d'Alexandrie lorsque les Arabes conquirent l'Egypte , ont dépendu entièrement de ses successeurs ; leur créance est la même, puisque les orthodoxes, ayant élé chassés par les infidèles, n'ontjamais rétabli leurautoritéen Ethiopie, qui est devenuejacobile depuis ce temps-là. Les Éthiopiens ont la même Liturgie et la même Confession de foi sur l'Eucharistie; el puisque c'est celle des Cophtes, ils ne l'ont pas prise des Latins. Quelq^ues-uns de leurs rois ont écrit aux papes, eomme Zara-Jacob, et d'autres avant lui , en sorte que quand le pape Alexandre III leur écrivit il leur envoya un de ses domestiques nommé Philippe, et il leur donna l'église de S.- Étienne, près de celle de S. -Pierre, où il y a eu des Abyssins jusqu'à nos jours. Mais on était alors si pea instruit de la religion des Orientaux , qu'ils furent reçus non seulement sans renoncer à leurs usages, mais sans qu'on changeât rien dans leurs livres : car lorsque sous le pontificat de Paul 111 ils firent imprimer le nouveau Testament avec leur Liturgie , à l'exception de l'addition au Symbole , le reste demeura comme il était dans les exemplaires des Cophtes. La Confession de loi avant la communion avec la clause qui comprend la reconnaissance d'une seule nature ; el dans les diptyques les noms de plusieurs rois cl patriarches jacobites ne furent pas retranchés. Ainsi non seulement on n'introduisit aucun changemeiil dans les points qui ne devaient pas être changés , mais on ne toucha pas môme à ceux qui devaient l'être.
Les maronites faisaient autrefois une secte à part; et quoi que disent leurs auteurs modernes , ils étaient regardés comme monolliéliles. Ils renoncèrent à leurs erreurs sous Aimeric, troisième patriarche latin d'Antioche , et ils le firent de bonne foi. Cependant parce qu'ils furent abandonnés et laissés sans instruction, ils devinrent jacobites, et ce n'a élé que sous Grégoire XllI que leur église a été entièrement réformée ; on sait le temps de la première et de la dernière réiuiion. ?v*
Ou sait de même qtie de pieux et savants religieux de l'ordre de S. Dominiiiue convertirent à la foi catholique plusieurs Arméniens du temps de S. Louis, et qu'ils réf(U'mèrenl une grande partie de leurs offices , afin de les rendre plus conformes à la discipline de l'Église romaine. Ces Arméniens sont encore distingues des autres de la même nali<in , et n'ont aucune communion avec eux. Les autres suivent la créance des jacobites, et ils ont outre cela plusieurs erreurs particulières. On ne les a jamais confondus , et il ne se trouvera pas un seul auteur qui marque qu'on ait été obligé de les catéchiser sur ce qui regarde la présence réelle. Nous ne mettons pas au nombre de ces auteurs des faiseurs de catalogues d'hérésies , quelques missionnaires peu instruits , el d'autres semblables qui trouvent des erreurs partout, et qui n'ont pas excepte de cette censure plusieurs points de discipline ancienne établis sur la plus haute antiquité. Ce n'est pas sur leurs témoignages que
67,7 LIV. X. EXAMEN DE LA SUPPOSITION nous établissons nos preuves , et ainsi on ne peut pas s'en servir eonlrc nous.
Ce qui a élé dit louclianl les réunions des neslo- FÎcns , et quelques dépulalions de leurs patriarches , doit s'entendre de quelques-unes des jaeobiles. On ij'examinc point si elles ont clé sincères; il est au moins certain qu'elles n'ont pas élc supposées. Mais on doit reconnaître de bonne foi qu'elles n'ont pas eu le moindre effet pour la réunion des jaeobiles. Les missionnaires ont autant à travailler en ces pays-là, que si jamais personne ne s'était employé à un si saint ouvrage ; et les difficultés qu'ils y rencontrent, sont une nouvelle preuve contre les calvinistes touchant ce prétendu changement dont ils veulent se servir, pour faire croire que la créance de la présence réelle y a pu être introduite.
Enfin puisque M. Claude est convenu (]ue le consentement de toutes les communions était une preuve incontestable de la perpétuité de la foi de la présence réelle, on croit ne rien exagérer en disant que les auteurs de la Perpétuité ont prouvé ce consentement d'une manière à ne laisser aucune répli(iue : car on a fait voir que ses prétendues démonstrations n'étaient pas des objections soulenables ; qu'd n'a rien avancé sur les Grecs et sur les Orientaux dont la fausseté ne soit évidente, cl qui n'aii élé également combattu par les Grecs et par les luthériens, aussi bien que par les catholiques ; qu'il n"a pas produit la moindre preuve de ce qu'il a a\ancé, et qu'il n'a répondu à aucune objection. C'est à ceux qui le voient abandonné par les autres ministres sur ce qui regarde l'église grecque, à reconnaître qu'il ne mérite pas plus de créance sur tout le reste.
Ce n'est pas sans raison que ceux qui l'ont loué avec le plus d'excès ne l'ont fait qu'en termes généraux, et jamais sur ce qui regarde les Grecs et les Orientaux, si on excepte M. Bayle, qui ne lui a pas épargné l'encens sur ce sujet ; mais d'une manière qui ne fait pas beaucoup d'honneur à son héros. // fallut, dit-il, lire plusieurs voija^eurs , et bâtir bien des hypothèses; et c'est en effet la seule chObC qu'a faite M. Claude, quoiqu'il faille d'autres lectures que celles des voyages pour décider aussi aflirmalivcmcnt qu'il a fait sur la créance des églises orientales. Cependant il les avait lus avec tant de négligence, et il s'en est servi avec tant de mauvaise foi , qu'il a conte.-té ou rejeté l'autorité de ceux qui sont reconnus pour être les plus véritables , comme celui de M. Oléarius ; il en a cité de falsifiés, comme celui de Herbert; il ne s'e&t servi que des plus décriés et des plus méprisables ; et il n'a pas fait mention de ceux qui ne pouvaient lui être suepects, les auteurs étant calvinistes, lorsqu'ils lui étaient contraires. Voici entre autres ce qu'a écrit .M. Tavernier, en parlant des Arméniens : Quand ils vont à la communion, l'archevêque ou le prê' tre dit ces paroles : t Je co^ifesse et je crois que ceci est le corps et le sang du Fils de Dieu , qui ôte les péchés du monde, et qui est non seulement noire satui, mais auui de tous Us hommes. > Le prêtre dit ces paroles pur
D'UN C11ANCE.MENT DE DOCTKINE, ctc. ^t
trois fois au peuple, pour Cinslruire et lui faire savoir à quelle fin il prend le Sacrement. A chaque fois que le prêtre dit ces paroles-, le peuple les répète mot pour mot, car il est très-ignorant. Persuadera-t-on à quelqu'un que des ignorants pussent entendre ces paroles autrement qu'à la lettre, ou qu'ils pussent afoir dans l'esprit toutes les subtilités d'Aubertin et de M. Claude, auxquelles les plus habiles ne comprennent rien , sinon que ceux qui ont parlé de la sorte ne peuveul pas avoir eu dans l'esprit ce que ces miiiislrcs leur attribuent? M. Tavernier a imprimé ses Voyages avant que M. Claude eût fuii d'écrire sur la perpétuité ; quelle raison peuvent donc alléguer ses défjuseurs d'un silence d'autant moins excusable que l'auteur était alors plein de vie, et de sa c«9mmunion, qu'il devait croire par cette raison , puisqu'il n'avait pas voulu déférer au témoignage de M. Bernier, parce qu'il était catholique? Nous pourrions citer plusieurs prolestants qui ont parlé de la même nianière ; et tout récemment on en a vu un (Dumont , Voyages, liv. 1, p. IG) qui a marqué dans son Voyage ces propres paroles : Des docteurs si illustres ont avancé que les Grecs ne reçoivent point la transsubstantiation , que je me fuis une peine de vous dire le contraire. Cependant il le faut bien, puisque c'est la vérité; apparemment qu'ils ont eu de mauvais mémoires. Il peut y en avoir plusieurs autres que nous ne citons pas, ou même que nous ne connaissons pas , et que nous ne nous sonmies pas mis en peine de rechercher, parce que les preuves produites dans les premiers volumes de la Perpétuité et dans celui-ci , sont originales et beaucoup plus sûres que les meilleures relations.
Enfin il a bâti bien des hypothèses, et on en convient ; mais quelles étaient ces hypothèses, sinon des paradoxes inouïs, insoutenables, et fondés sur des faussetés évidentes ? Une de ces hypothèses, et qui iutlue dans tout son ouvrage, est celle des Grecs latinisés ; c'est-à-dire, qu'un Grec qui croit la présence réelle et la transsubslantialion est latinisé, quoiqu'il eroie sur tous les points contestés avce les Latins, tout ce qu'ils condamnent. Celles de la véiialiié des allestaiions ; de la créance des eulychiens., qu'il attribue aux jaeobiles; des changements arrivés par les croisades et par les missions, et tous les faiis faux dont il soutient ce qu'il a dit sur Cyrille et sa Confession, sur les synodes qui la condamnèrent, sur la Confession orthodoxe, sur les Grecs dont on lui a cité les témoignages, et dont il n'a connu ni les personnes ni les ouvrages, sont assurément des hypotiièses qu'il a bâties, et qui sont également rejetées par les Grecs, par les Orientaux , par les catholiques et par les luiliériens , comme ayant pour fondement les faussclés les plus grossières.
Si les preuves de fait par lesquelles les auteurs de ia Perpétuité les ont renversées laissaient encore qucl- .jue doute, celles qui ont été produites dans ce volume, dans la Défense de la Perpétuité, et dans les observations ajoutét^s aux opuscules des Grecs, y salisfcraient cnlicrcmcnt : car on ne peut plus douter
que les Grecs ne croient la présence réelle cl lu transsubstanlialion , puisqu'ils ont imprimé eux-mêmes la Réfnlalion de la Confession de Cyrille Liicar, par Mciècc Syrigus. Il est inutile d'attaquer le synode de Jérusalem de 1672, puisque Dosithée, qui en dressa les décrets, les a aussi publiés plusieurs années après avec d'amples additions, ainsi que les œuvres de Neclarius, où la transsubstantiation est clairement enseignée. On ne peut pas contester l'autorité de la Confession orlliodoxe, puisqu'oiitre les deux impressions du vivant de Panaiotli, les Grecs en ont fait une nouvelle en Moldavie. Tout ce qu'on a voulu tirer de l'histoire de Corydale et de Caryoi>liyllc tombe pareillement, puisque ce dernier a élé condamné synodalcment parle pahiarcbc Calliniquc, et que Dosilliée l'a réfutée par un traité cxitrcs.
On ne peut rendre les anciennes attestations suspectes, à cause qu'elles ont été sollicitées par un ambassadeur de France , puisque ces impressions et la condamnalion de Caryopbylle se s;)nt faites sans que