‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 202 sur 323 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Que les Orientaux, orthodoxes, schismatvjues, ou hérétiques, ont la doctrine et la pratique des sept sacrements.

En prouvant que l'église grecque reconnaît sept MCremenls connus et pratiqués pour tels dans l'Église romaine, nous avons suffisamment prouvé que tous les chréliens soumis aux quatre patriarches du rit grec, ont la même créance et la même pratique. Car il est très-certain que les Moscovites , les Moldaves, les Valaclies , et ce qui reste de clirétiens dans la Colcliide, la Mingrélie, et autres provinces voisines, sont soumis au palriarc!;e de Constantinople , et suivent la foi qui est contenue dans la Confession ortliodoxe. Tous les chrétiens du rit grec soumis aux patriarches d'Alexandrie, d'Anlioche et de Jérusalem, et ceux qu'on appelle melchitcs qui font l'ofiice en syriaque, ont aussi la même créance, étant eni;inis de la inême église. On en doit dire autant des maronites ^i sont entièrement réunis au S. -Siège ;et il n'y a aucune difiiculté sur tous ceux-là. U ne reste donc à parler que des jacobites et des nesloriens , sous lesquels sont compris tous les autres chrétiens qui restent en Orient.

Ils ont presque tous déclaré dans les attestations solennelles qu'ils donnèrent pendant l'ambassade de M. de Noinlel à Constantinople, qu'ils croyaient sept sacrements, comme les croit rÉglisc catholique : le baptême, le mtjron ou la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence, l'ordre, le mariage et rextrême-onclion. Les calvinistes ayant appris de quelques-uns de leurs controversistcs et de voyageurs ignorants ou prévejius, que la plupart de ces sacrements étaient inconnus dans ces églises éloignées, voulurent faire passer celte conformité de doctrine avec celle des catholiques, comme une preuve d" fausseté et de supposition. Enfin celui qui a écrit le dernier n'a pas trouvé de meilleur argument pour attaquer plusieurs de ces attestations, que cette doctrine des sept sacrements, établissant que tous les Orientaux n'en croyaient que deux, et tirant de ce faux principe autant de conséquences, que si le fait avait été incontestablement reconnu.

Nous ne trouvons pas à l'égard des Orientaux la même abondance de preuves, que celles qui nous ont été fournies par les théologiens grecs, parce que les livres des premiers sont plus rares, et qu'ils n'avaient aucune raison d'écrire sur cette nwiière. Les Grecs, avant qu'ils eussent eu connaissance des opinions des protestants cl du renversement entier de la discipline des sacremcnls, qui était un des premiers fruits de la réforme, n'avaient composé aucun ouvrage sur ce sujet , sinon ceux qui paraissaient nécessaires pour . instruire les ecclésiastiques de la manière dont on devait les célébrer , et donner en même temps des Instractions aux laïques pour tes recevoir avec fruit.

timeuts des luthériens qu'd les attaqua, comme firent ensuite ceux qui écrivirent contre la fausse Confession de Cyrille. Les Syriens , les Égyptiens et les autres nations chrétiennes n'ont jamais entendu parler de ces disputes; et lorsqu'on les a consultés sur le nombre des sacrements , ils ont répondu très-simplement selon la créance de leur église.

Mais outre ces preuves réccnlcs, il y en a de bien certaines, pour établir que l'usage de tous les sacroments est conservé parmi les Orientaux depuis plusieurs siècles, puisqu'on sait qu'ils n'ont eu aucune dispute sur cet article, ni avec les Latins ni avec les Grecs, dont ils ont presque tous les rites. Ces preuves consistent en faits ; il est par exemple trèscerlain qu'après le baptême et en même temps ils donnent le viyrou, ou l'onction sacrée faite avec le chrême, dont la bénédiction se fait par les seuls évêqnes , et même plus ordinairement par les seuls patriarches. On a l'office de ce sacrement en toutes les langues orientales. Il n'est pas moins certain que la confession des pèches est pratiquée parmi tous ces chrétiens, ou qu'au moins elle doit l'être selon les règles de chaque église ; nous avons leurs formes d'absolution des pénitents , par conséi|uent nous ne pouvons pas douter qu'ils n'aient le sacrement de pénitence. Les ordinations des maronites, des jacobites, et des nesloriens qui ont été publiées par le savant P. Morin, démontrent qu'ils ont le sacrement de l'ordre. Nous avons aussi divers offices de la bénédiction nuptiale, que tout chrétien est obligé de recevoir en face de l'église lorsqu'il se marie, et sans quoi le mariage est regardé comme un concubinage. De même nous trouvons un office particulier appelé kaiulil, c'est-à-dire, de la lampe en syriaque , et en d'autres langues , qui répond à celui de l'exlrême-onclion; et supposant que tous ces offices fo)!t partie de la discipline de ces églises , ce qui est incontestable, on ne peul douter qu'elles n'aient, comme nous, tous les sacrements.

Comme les protestants ne peuvent pas nier que les Orientaux n'aient la pratique de toutes ces cérémonies sacrées, et qu'il en faut nécessairement convenir ou contester l'autorité de tous les Rituels syriaques , cophles, éthiopiens, arméniens, cl généralenienl tous ceux qui sont en usage dans l'église d'Orient, ils se retranchent à dire que ces cérémonies ne sont pas considérées comme des sacrements, ni comprises sous un nom général tel que celui qu'elles ont dans notre théologie. C'est là un des grands arguments dont M.Ludolfs'est servi, pour prouver que les Éliiiopiens n'en recevaient que deux, à quoi il a ajouté ce pitoyable raisonnement, qu'ils ne connaissaient pas sept sceaux de la foi; c'est-à dire qu'ils ne comprenaient rien à la définition loule nouvelle el inconnue à l'a;!cienne Église, que les protestants ont donnée des sacremcnls. C'est réduire la chose à une question de nom, et n une pure chicane, qui peut prouver (|ue les Orientaux n'ont pas connu des termes lhéologi(pics, dont la connaissance n'est i)as nécessaire au salut, e(

qui n'ont été mis en usage parmi nous qn*", plusieurs siècles après l'élablisserneiit de 1;\ pratique constante et universelle des choses qu'ils signifient. Laissnnî donc à part les noms et les termes, qui oui pu varier, il n'y a qu'à examiner si les Orientaux ont connu , et s'ils connaissent encore les elioscs signifiées par nos termes tliéologiqucs.

Nous disons que le sacrement est un signe sacré, d'institution divine, qui produit la grâce suivant la promesse de Dieu. On ne peut nier que les cérémonies et les choses sensibles employées dans la conlirmation, dans l'ordination, dans l'absolution dos pénitents, dans la bénédiction nuptiale , et d;ins l'onction des malades, ne soient dos signes, puisqu'elles peuvent être employées à d'autres usages qu'à celui des sacrements, et elles le sont en effet en diverses bénédictions qui ne sont pas regardées comme sacrements.

A l'égard de l'institution divine, qu'on demande aux Orientaux si ces cérémonies sontdes inventions immaines, dans le sens le plus innocent que puisse recevoir cetle expression; c'est-à-dire que ce sont des pratiques pieuses que Jésus-Christ n'a pas instituées, que les apôtres n'ont pas établies , mais qui ont été introduites sans l'autorité de l'un , et sans celle des autres, pour nourrir la piété des fidèles; les Orientaux i-épondront que non, mais qu'elles ont été toutes instituées par Jésus-<]lhrist; car ils le croient ainsi, comme nous l'avons marqué ailleurs. Si on leur fait entendre la question selon le sens que la réforme a allacbé à ce mot d'invention humaine par opposition à l'inslitiilion divine ; c'est-à-dire que ces céi émonies Bont des abus et des superstitions qui ne peuvent s'accorder avec la pureté du christianisme, et que par conséquent il faut abolir, comme ont fait toutes les communions protestantes, il n'y a pas de Levantin si ignorant qu'il puisse cire, pourvu qu'il sache son catéchisme, qui ne rejette avec horreur une pareille proposition. €n théologien n'en demeurera pas là, niais il lui citera toutes les autorités qui se tirent des Constitutions apostoliques, des canons, et de la praliqiie de l'Égiise.

Qu'on lui propose cetle objection , que toute cérén'.onic ou signe sacré qui confère la grâce, doit êlrc d'institution divine, il en conviendra connne nous. Mais si on prélend lui persuader que tout ce qui a été instilué par Jésus-Clirist doit être marqué dans la sainte Écriture, il répondra en deux manières : preniièromenl que cela n'est pas absolument nécessaire, puisque Jésus-Christ a fait cl dit plusieurs choses qui ne sont pas écrites; que les apôtres qui en o:it été témoins les ayant établies dans l'Église, nous les devons recevoir comme de la bouciie de leur divin maître, et écouter leurs disciples fondateurs des premières églises, comme nous aurions écoulé les apôtres et Jésus Christ. En second lieu ce ihéologit^n oriental répondra que toutes ces cérémonies saerécs sont fondées sur l'Écriture sainte, et il le prouvera par tous les passages dont nous nous servons contre 1 s pro-

testants, pris dans le même sens que nous leur donnons, et qui est celui dans lequel les Grecs les ont toujours entendus.

Ce théologien oriental se servira des mêmes passages, pour prouver que ces cérémonies produisent uc^e grâce spéciale dans les clnéiiens qui les reçoivent clignement. 11 prouvera, par exemple, que les premiers fidèles recevaient le Saint-Esprit après le baptême par l'imposition des niaiiis dos apôtres, et que les nouveaux baptisés le reçoivent encore parla ciu'ismation, et par le signe de la croix ; puisque les gi àccs miraculeuses qui étaient nécessaires dans la naissance de l'Église, ne le sont plus; et que la sanctification des âmes est la (in principale et essentielle de l'institmion des sacrements. De même ce théologien prouvera la nécessité de la confession des péchés par le témoignage de S. Jacques, et la puissance sacerdotal;; pour l'absolution des pécheurs par les paroles de Jésiis-Christ à ses apôlres, et par les clés du ciel promises à S. Pierre, avec l'anloriié de lier et de délier. Il prouvera do môme l'ordination et la grâce qu'elle produit , par plusieurs passages des Actes des apôtres; la sainteté du mariage chrétien, par ceux dont les protestants nous contestent le sens; l'extrcinc-onclion par S. Jacques et par S. Marc, et ainsi du reste ; ce qu'il conlirmera par l'autorité de la tradition et par la pratique de l'Église. Tout ce que nous disons n'est pas avancé témérairement, et c'est ainsi que Sévère, que Barsalibi, Michel, patriarche d'Antioche, les deux Ebnassal, Echmimi, divers patriarches d'Alexandrie dans leurs constitutions synodales, Abulfarage, Abulbircat, Abusébah, l'auteur de la Science ecclésiastique, et divers anonymes, soutiennent la doetrinc et la discipline de leur église, comme on le fera voir clairement par leurs témoignages, qui seront rapportés en traitant de chaque sacrement en particulier.

Pour ne rien omettre, nous examinerons deux objections, qui ont éîé souvent rebattues par les proleslants. La première est que non seulement divers auteurs (jtii ont écrit sur les héiésies, mais plusieurs théologiens et des voyageurs a;?sez dignes de foi, témoignent que les Orienlaux n'ont pas quelques-uns des sacrements. La seconde est que ces cérémonies et ces prières dont nous venons de parler sont défectueuses Cil plusieurs manières, soit du côté de la matière, soit pour la forme.

On répond à la première objection ce qui a déjà été dit, et qu'on est obligé de répéter en traitant cette matière, que la plupart des auteurs qui ont voulu apprendre aux autres la foi et la discipline des chré-j liens du Levant l'ont souvent ignorée eux-mêmes, et qu'on ne doit pas juger sur de pareille; autorités. Nous répondons à la seconde, que ceux qui ont examiné les rites des Orientaux suivant les préjuges do l'école, et sur le fondement dont on reco:jnaît présentement la fausseté, et qui est qu'on ne peut célébrer les sacrements que selon l'usage présent de l'Église romaine^ ont pu former un pareil jmemeul.

Mais comme il est conlraire à celui de i^lnsicurs papos, à la piniiqiie de l'Église, el à la plus saine ihéologie; que de plus les coiiî-équenees en sont fort périlleuses, puisqu'elles peuvent être employées contre IV.iicienne F«lise, aussi bien que contre les églises 'jricnlalos, on n'y doit avoir aucun égard.

Les protestants disent, pour rendre la doctrine des Cr-îcs suspecte, qu'ils oui adopté dans leurs traités louchant les sacrements dis expressions de nos lliéologicns, même des scolasiiques. Cela prouve qu'elles paraissent si orlliodoxes aux Grecs, qu'ils ne fonl pas de diflicuUé do s'en servir; au lien qu'il ne s'en est pas trouvé un seul qui, avec l'approbation de sou église, ait approuvé la théulo^^ie di; Cyrille, ni des iliéologiens luti.éricns. A l'égard des Orientaux, ou lie peut pas faire la même objection, puisqu'ils n'ont pas traité dogmaliqueuicnt cette matière, ce qui donnera peut-ê:re lieu à d'autres do dire qu'ils n'en disent pas assez, et qu'ils ne s'expliquent pas suflisamment sur les sacremenis.

Mais (pioique celte objection n'ait rien de solide, piii-^qu'il ii'e^l pas besoin de savoir lotit ce que l.i lliéobigie enseigne sur les >acrcmeuts, iiom- croire ce qiKî l'Église nous propose coum'.c des vérités nécessaires au salut, il y a une raison bien certaine de celle difléreuce. Car les Grecs, quoiqu'ils soient dans la même captivité que les autres clircticns orieiilanx, étant éL;aleuient suutnis à !a lyrannie des infidèles, comme ils ont élé les derniers conipiis, ils onl conservé, anlani qu'a duré leur empire à Constaiilinople, les lettres, les éludes ecclésiastiques, et tontes les sciences. Les disputes qu'ils ont eues avec les Latins les ont engagés à étudier plus que les Orientaux, qui, étant presipie tous soumis aux Mahométans dés le ^eplicme cl le builième siècle, sont tombés dans mie grande barbarie. De plus, ils n'oiil jamais ou occasion de (lérendre la doctrine ancienne des sacrements contre les béréliipies, parce qu'ils n'onl ouï parler de lulbérauisme (m de calvinisme que lorsqu'ils onl vu venir dans le Levant des Anglais el des Hollandais, qu'ils regardaient d'abord comme chrétiens el comme leurs frères; mais quand ils surent leur nouvelle religion, ils ne les considérèrent que comme des héréliques, ce que savent assez tous ceux qui ont l'ail quelque séjour dans le Levant.

Au contraire, le-s Grecs, depuis le temps de Jérémie, patriarche de Conslautinople, onl eu occasion de connaître la doctrine dos proie>laiiis, premièreiuenl par les écrits que les luthériens de Tubinguo lui envoyèrent avec la Confession d'Augsbourg, el par ceux qi'ils firent pour la S' iiienir. Alors les opinions des calvinistes étaient peu connues en Grèce, el ce fut par les disputes de Coressius contre Léger, el auparavant par !e commerce que Mélèce Piga, patriarche d'Alexandrie, eut avec les Anglais el les Hollandais, que les Grecs les connurent. La Confession de Cyi ille, el toutes les affaires qu'elle excita, leur donnèrent lieu i'en être parfaitement insli nits. C'est ce qui a produit plusieurs ouvrages des théologiens grecs des ^v*.».—^

SUR LES SACREMENTS. 7iO

siècles, par lesquels ils ont amplement éclairci cett« matière, de quoi les autres Orienlaux n'onl pas eu occasi(m.

lis sont demeurés dans l'état où a été autrefois l'Église, avant qu'elle fût agitée par les nouvelles hérésies. La doctrine des sacrements étant simple, et consistant priiicipalcuieiil à croire ce qu'où enseignait aux fidèles touchant les sacrements, dont la pratique était pour eux une iiis-truclion coutinuolle, sur laquelle il n'y avait aucune contestation, ils n'étaienl pas obligés de penser à soutenir par les lémoignages de rÉcrilnre et des Pères des vérités que personne ne conte^tail Ainsi les Orientaux n'ont eu presque jusqu'à nos jours que deux sortes de traités sur les sacrements : les uns comenaienl des instructions pour exhorter ceux qui les recevaient à entrer dans l'esprit de rÉgli:>e, afin de les recevoir utilement; les autres, qui no regardaient proprement que les ecclésiastiques, étaient nniqueuient pour marquer les rites qui devaient être observés eu les aduiinistraut.

Si cependant, à l'occasion de nouveautés ou d'abus considérables, il fallait instruire les chrétiens de quelque chose de plus, et les forlificT contre ceux qui pouvaioMi les écarter do la foi do l'Éi^lise, on trouve qu'ils l'ont souieune avec beaucoup de force, par l'É' crilure et par la tradition. Nous en avons un exemple considérable par rajipori à la pcnileiice. Deux patriarches d'Alexandrie, Jean cl Marc, fils de Zaraa, avaient laissé inlroduire un abus énorme, qui était de no pas obliger les péchiMirs à se confesser, el de les aduieilre à la communion sans (lu'ils eussent reçu le ca7îon, cVst-à-dire la pénitence canonique et l'absoluliou du prêtre. Outre qu'ils avaient toléré cet abus, ils avaient de plus engagé .Michel, métropolitain de Daniielle, el quelques autres, à prouver que personne n'était obligé à confesser ses péehés aux prêtres. Non seulement ils trouvèrenl un grand nombre d'ecclésiasliiiues (jui s'oj posèrent à cette nouveauté, comme on le marquera en parlant du sacrement de la pénitence; mais dans le icuip-; même .Michel, patriarche jacobite d'Antioche, el les deux frères Ebnassal, écrivirent très-fortement |)our prouver la nécessité de la confession sacramentelle, et dans les hoinélies à l'usage de l'église dAloxaudric, celle doclrino est répandue en îani d'endroits et prouvée en tant de manières, qu'il est aisé de reconnaître qu'ils avaient en vue de comballre celte erreur. On est donc en droit de présumer qu'ils en auraient lait autaul à l'égard de celles qui auraient pu .-^'élever contre la créance et la pratique de leur ôglise, s'il y en avait eu quelqu'une 'louchant les anlres sacrements ; mais il ne s'en trouve pas le moindre vestige.

11 est encore à remarquer que depuis plus de cenl tcinquante ans on a imprimé à Rome des catéeliismes ■en syriaque, en arabe, el en arménien, qui ont élé Tépandus dans tout le Levant, et par les(iuels les Orientaux ont connu la doctrine de l'Église ro.nainc 3orl en détail, surtout dans le grand calécliismc de Bellarmin, et dans celui du cardinal de Richelieu, U

ne se Iroiivon pns que sur ce qui regarde les sacrements, les plus oulrés héréliqiKîS ou sclii^nialiqucs y aicni trouvé à redire : et quoique la difréreuce dos cciéuKiuii'S pût liHU- doninr d(s soupçon^ contre la doctiine (cou)uie il est arrivé à 1 égard des Grecs, qui à cotte occasion nous reprociicnl divers ai)MS), cependant ils l'approuvent on ce qu'elle a d'essentiel, et jniénie on ajiprend par (pielques tcnioigiiiigcs non suspecis, que se trouvant qiiel(picfbis destitués du secours de leurs prêtres, ils ont deuiamlé ces uiênies sacremculs aux catlioliipies. Ou ne peut donc foruicr aucune difficulté sur la conforuiilé de la cré.ince des Orieiilaiix que sur le téuioiguagede quelques catholiques, sur celui des prote>l.nis, ou sur des raisonnements, pour prouver que les cérémonies oiieiiiales ne sont pas de véritables sacrements. N;)us avons fait voir que les premiers n'ont pis toujours enlemlu la matière, et (pi'ils ont condamné souvent dos céiémoiiios et des prières que la pratique de l'ancieune Église justidait surfisammenl; que les protestants l'ont encore moins entendue, et que leur témoignage doit être coni|)té pour rien, et qu'à l'égard des. objections, ou y répond aisément de la même manière qu'à celles qin; quelques auteurs ont faites contre les Grecs; puisque les papes ont approuvé ce que ces particuliers C)iidamni nt si hanlimeiil. Kndn (juand les arguments que quelques-uns de ceux-ci ont (ait trop valoir auraient la force qu'ils n'ont pas, il ne s'ensuivrait pas (pie les Orientaux, non plus que les Grecs, ne croient pas sept sacrements ; mais que croyant les avoir, ils ne les ont pas. Ainsi quan<l on prétendrait avoir prouvé que le conroimement ou mariage, cl l'onction des malade^, de la ma^ière dont les C.ophies et les autres chréiicns d'Orii-nt célèbrent ces cérémonies, ne sont point des ^aciemenis, on n'aurait rien fait. Car cela u'empéclierait pas (pi'il ne fiit vrai de dire que les Orientaux les considèrent comme des sacremeuis : et si on entrait en discussion des preuves, il ne serait pas dildcile de faire voir que celles qu'ils (uit pour soutenir leur tradition, sont atissi solides que les autres sont faibles et défectueuses : c'e->l ce (lu'on éclaircira en parlant de chaque sacrement en particulier.

Nous avons marqué, comme une preuve certaine de la tradition et de la créance des églises orientales

louchant les sacrements, la discipline qu'elles conservent depuis un temps immémorial pour les administrer : et comme elle est conforme à celle de l'église grecque, on en peut conclure certainement, par le principe que nous avons établi ailleurs, que leur créance doit être la même. Mais outre la prati(pie Constante de toutes ces cérémonies, qui est prouvée par tous les auteurs, on voit que chaque église a conservé ces offices avec grand soin, et (pi'ils ont été mis en l'état où ils se trouvent dans les manuscrits, par les soins des palri irclies et des plus savants évêqucs de chaque commimion. Ainsi les nesloriens attribuent leurs offices àMar Abba, un de leurs plus fameux callioliques.

Les jacobites syriens en ont quelques-uns attribués à Sévère d'Antioclie, d'autres h Jacques d'Edesse ; (piel(|nes autres ont été réformés par Denis Barsalibi et par Grégoire Abulfarage. Les Cophtesou Jacobites d'Alexandrie se servent paiticuliè-ement du Rituel Ciuilirmé par le patriirche Gabriel, et ils ont les offices du mariag •, de l'evctrême-onetion et d'autres, rédigés par Paul, évcipie de .Melicba; d'autres par Kyriacpie, évêque de Rehnsa, sans |»arler de ceux qui sont sans nom d'auteur, mais approuvés par les églises qui s'en servent, counne sont les ordinations que le P. .\lori!i a fait imprimer; de plus amp'es tirées dû la hibliiithèque du grand-duc ; celles desdopiites qui sont dans plusieurs maimscrits, et les offi es qu'Abnlbircat a insérés dans sa Collection Ceux d^uit ils portent le nom n'en sont pas les luemiers auteurs : ils ont seulement ajouté diverses prières conformes à l'esprit des anciennes, comme dans plusieurs Liturgies. Ils sont dans des langues inconnues au peuple depuis plusieurs siècles et longtemps avant les comme: céments que lis protestants doiincn; aux cérémonies des sacrements qu'ds rejettent. Ou ne peut doue raisonnabhunent douter que ces Rituels ne repiésenient une discipline beaucoup plus ancienne, et que les patriarches et les évcquos qui ont eu soin de la conserver eu revoyaiit et augmentant les offices de leurs églises, ne l'aienl regardée comme étant de tradition ap-sloliqiie, aussi bien que la doctrine toucliaiil les sacremeuis, qui a un rapport nécessaire à cette iiiéme discipline, puisqu'elle ne peut sub ister avec des opinions coniraires.

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