DU BAPTÊME ET DE LA CONFIRMATION
dans sa Confession. Ainsi nous nous restreindrons ans articles nécessaires, pour l'aire voir la coulormité do créance qui est entre l'église orientale et rocc!d(;n-, la!e sur ce sujet.
Les protestants, et particulièrement les caivuiislfS, reconnaissent à la vérité deux s 'CremeuSs, mai'- d'une manière si diliérentu di; la iliéohgie des Grecs, qu'il n'y a rieii de plus (Moigia». Car, cornm* on ît <,a ^ntr
les témoignages de leurs auteurs, ils croiciii que les sacrements sont opérés par le Saint Esprit comme cause primordiale, et pir les évoques ou par les prêtres comme causes minislériales et inslrumcntales; qu'ils ont leur effet , pourvu que celui qui les reçoit n'y mette point d'obstacle, et non pas que le sacrcroent ne soit opéré et n'ait son effet que par la foi de celui qui l'administre et de ceux qui le reçoivent. Les Grecs croient encore moins que les sacrements ne îîont que des signes ou des sceaux des promesses divines pour exciler la foi, mais ils les considèrent i^omme des signes sncrés qui produisent efficacement la grâce qu'ils signifient, c'est îi-dire, ex opère operato, comme on parle dans les écoles.
Ainsi, quoique les proiestanls appellent sacrements le baptême et l'Encharislic, ce n'est p;is dans le sens de l'église orientale, qui est persuadée qu'ils n'ont point la vérital)le idée dessacremenls évangc;iqnes, et que dans leur baptême, parce qu'il est silon la forme prescrite par l'Église, il y a plus qu'ils ne prélendent, puisqu'il donne la rémission des pécîiés indépciidamnienl de la foi dans les cnfanls; ( t que ce qu'ils appellent le sacrement de l'Euchatislie n'est rien qu'un nom en l'air, puisqu'ils n'y reconnaissent pas le ciiangement réel du pain cl »lu vin au corps et au sang de Jésus-Christ; et (jue quand ils l'y reconnaîtraient, ils se tromperaient, puisqu'ils manquent de ministres véritablement ordormés, et qu'ils i:e suive-sl pas la forme dont l'Église a toujours célébré les sacrés mystères. C'est pourquoi le patriarclie Jérémie leur reproche avec raison, dans sa troisième répense, qu'ils conservent à la vérité quelques sacrements, n)ais en se t(onip;\nt, et en cliaitgcant et perveriissanl le sens des paroles de l'ancienne et de la nouvelle doctrine pour les accommoder à leur dessein. Il n'y a donc aucune conformité de doctrine sur les sacrements , pas même sur le baplcme, entre les Grecs et les protestants.
Le principal point de foi qui concerne ce sacrement est sa nécessité absolue, fondée sur ces paroles de Jésus Christ : Nisi quis renatns fueril ex a(]uà et Spirilu sanclo, non polesl introire in recjnum Dei. i Si quelqu'un n'est régénéré par l'eau et par le Sainl-Espil, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. > Les Grées, conformément à toute l'ancienne Eglise, n'ont jamais entendu ce passage autrement que de la nécessité du bajdênie; c'est pourquoi ils oilt loujour^ cru que sans ce sacrement il n'y avait point de salut. Les calvinistes ont cru au cohlraire (jtl'il n'était pas absolument nécessaire, surioiit aux enl'ants ; prétendant, i)ar une interprétation forcée d'un passage de S. l*aid, (|uc les enfanls des chrétiens étalent saints et conqiris dans l'alliaiicé; nouveauté inouïe à toute ' l'auliquité, et directement contraire à la piatiqne de l'Église. Aussi trouvent ils beaucoup de diflicullé à prouver le baptême des eiiAints, que plusieurs d'entre eux ont rejeté; et quand on exandne les preuves dont les ministres se servent commtinément contre les anabaptistes, elles se trouvent inlinimenl plus faibles
SDR LES SACREMENTS. 724
que les objections de leurs adversaires, puisqu'il ne faut chercher d'autre fondement de cet usage que Ja discipline et la tradition.
C'est aussi sur ce fondement que les Grecs et tous les Orientaux croient la nécessité absolue du baptême, entendant de même que les catholiques les paroles de Jésus-Christ : Si quelqu'un n'est régénéré de l'eau et du Saint-Esprit, ii n'entrera pas dans le royaume de Ùicu. Ils ont ignoré la distinction frivole du royaume de Dieu et du royaume des cieux, inventée par les calvinistes, comme si le premier signifiait l'Église, et l'autre le ciel; et ils citent indifféremment ce passage de deux manions, ainsi qu'ont fait plusieurs anciens. Mais ils ont très-bien su ce que ceux qui font tant valoir leur érudition hébraïque oiit ignoré ou dissimulé, que, dans le style ordinaire des Juifs, le royaume des cieux et le royaume de Dieu sont la même chose. C'est ce qu'on a prouvé très-clairement dans la Défense de la Perpétuité, où on a fait voir que S. Justin, S. Jean Chrysostôme et presque tous les anciens ont entendu ces paroles, non pas de l'Église visible, mais de la béatitude , qu'on entend ordinairement par le royj'iume des cieux.
Jérémie n'a pas traité fort au long cette tnatiére, parce que les luthériens, avec lesquels il disputait, ne sont pas dans la même erreur sur la nécessité du baptême; et il l'établit sur les paroles de Jésus-Christ, que celui qui ne sera pas baptisé n'entrera pas dans le royaume des cieux; de même qu'elles sont citées dans la Confession orthodoxe, et dans le synode de Jérusalem , et par la plupart des anciens et des modernes. 11 y a aussi peu de conformité de doctrine entre les calvinistes et les Grecs sur cet article que sur la plupart des antres. Car chacun sait que jamais il n'y a eu de variété sur ce sujet entre les églises; et dans TOccident, ainsi que dans l'Orient, les saints Pères ont prêché la même doctrine. Quoique très-souvent plusieurs personnes différassent assez longtemps leur baptême, les unes comme quchpies grands saints, pour s'y préparer plus sérieusement ; d'autres, et en plus giand nombie, par une négligence peu excusable, il y avait dans ce temps-là même deux maximes certaines et tmiversellement établies. La première, que les catéchumènes n'étaient pas en voie de sahit, de sorte qu'on n'offrait pas le sacrifice pour eux comme pour les autres chrétiens, et les Pères ne leur donnaient aucune espérance d'être sauvés. L'autre, que les enfants morts sans baptêiue étaient regardés comhie exclus du royaume des cieux. C'est pouniuoi S. Augustin (lib. 1 de Grat. et Arbilr., c. 2-2, !25), voulant rendre sensible la miséridorde gratuite de Dieu, et marquer en même temps que ses jugements sont lnq)é!iélrables, se sert de l'exemple de plusieurs enfants de barbares , qui, ayant été pris, avaienS reçu le baplême, pendant que les enfants de quelques fidèles étaient souvent raoris avant qu'on le leur pût administrer.
Dans les siècles moins éloignés de nous, lorsqu'on commença à dresser les collections des canons oeni-
ié$