‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie (volume 2)Chapitre 205 sur 323 · LIV. II. DU BAPTÊME ET DE LA CONFIK.MÂTiON · texte numérisé non relu

LIV. II. DU BAPTÊME ET DE LA CONFIK.MÂTiON

leriiiaux, parmi les péchés auxquels on prescrivit une rude pénitence, on trouve celui d'avoir laissé mourir un enlanl sans baptême, pour lequel non seulement les pères cl mères, mais aussi les prêtres, quand il y avait de leur faute, étaient obligés à dos jeûnes et à «.''autres œuvres laborieuses. Jean-le-Jeûneur impose j.ux jjarenls une pénitence de trois ans. On peut voir fiur cela le Nomocanon de M. Colelier et d'autres péaitculiaux.

B. seiait encore plus inutile de perdre du temps à prouver que les Grecs ne croient rien de tout ce que les calvinistes enseignent sur le baptême des enfants, et sur rcffel rétroactif qu'ils lui attribuent à l'égard des adultes pour effacer tous leurs péchés ; car, comme chacun sait que ces opinions ne sont pas plus anciennes que Calvin, on ne doit pas s'imaginer que les Grecs en aient eu ia moindre connaissance, sinon dans les derniers temps par la Confession de Cyrille. Le jugement qu'en (il le synode de Partliénius-ie- Yieux est ainsi marqué dans le seizième article : Il reconnaît deux sacrements, mais dans les chapitres suivants il n'expose pas sainement leur effet et leur puistance. Car il croit que par le baptême celui qui le reçoit est justifié, en sorte qu'il ne peut périr en quelque manière que ce soit, ne se souvenant pas que ceux qui ne tant pas conservé sans tache, et qui n'ont pas persévéré dans la foi jusqu'à la fin, n'ont tiré aucun fruit de cette ablution, et sont condamnés à des supplices éternels.

On a des preuves incontestables de réloignoment qu'ont toujours eu les Grecs d'une nouveauté aussi étrange, et ce n'est pas sans raison que Syrigus et d'autres théologiens ( Epist. ad fralr. Inf. Germ. ) ont dit que les calvinisies reconnaissaient de parole ic baptême, mais que dans le fond ils en détruisaient toute la substance. On ne trouvera pas que parmi tant de disputes sur la religion, qui ont agité l'église grecque, il ail jamais été mis en question si le baptême était nécessaire aux enfants , ni si l'usage de le leur administrer eiail par honneur, ou par une nécessité absolue , comme le reproche Érasme aux premiers auteurs de ce dogme insoutenable, et inconnu à toute l'antiquité. Car les pélagiens niaient la nécessité du baptême, parce qu'ils niaient le péché originel. Mais ceux qui reçoivent les anciennes décisions de l'Église contre ces hérétiques, n'ont jamais pensé que les enfants mêmes des fidèles naquissent autres qu'enfants de colère, et ils n'ont jamais compris qu'ils entrassent dans l'alliance des fidèles auiremenl (pie par le baptême. C'est en ruiner toute la force, comme dit Syrigus, que de le restreindre à la simple qualité de sceau et de signal de la foi ; et ce p;incipe faux étant ruiné parla discipline constante de l'Église, qui a toujours baptisé les enfants, et qui leur a prêté la langue de leurs parrains pour confesser la foi, on ne pourrait le soutenir que par une erreur encore plus pernicieuse, puisqu'elle a coûté le salut éternel à tant d'enfants que les calvinistes ont laissés mourir sans baptême.

Il est aisé de reconnaître qc.e le seiziènie ariicle de

la Confession de Cyrille renferme, quoique d'uûe manière peu développée, do pour d'offaroucher les esprits, toutes les erreurs que les calvinistes ont inventées sur le baptême. Nous croyons, dit-il, que le baptême est un sacrement institué par Jésus-Christ, avec lequel celui qui ne reçoit pat le baptême n'a aucune communication; puisque c'est de la mort, de la sépulture et de la glorieuse résurrection de Jésus-Christ que toute la vertu et l'efficace du baptême sort comme de sa source. C'est pourquoi nous ne doutons point que les péchés ne soient remis à ceux qui sont baptisés, ainsi qu'il est prescrit dans l'Évangile, c'est-à-dire, le péché originel, et tous ceux que celui qui a reçu le baptême peut avoir commis, etc. Il ne sera pas inutile de rapporter la censure de Syrigus sur cet article. On reconnaît, dit-il, manifestement par ces paroles, que les sectuteurs de Calvin boitent des deux côtés, même sur le baptême, quand ils l'appellent sacrement, et quand ils disent qu'il est nécessaire pour avoir communion avec Jésus-Christ, et qu'ils accordent que ceux qui le reçoivent so}it par ce sacrement régénérés, purifiés et justifiés ; car ils ne pouvaient pas soutenir la lumière foudroyante de l'Ecriture, Mais par une fausse interprétation (ju'ils donnent ensuite à ses paroles, ils se rétractent en quelque manière, lorsqu'ils disent que le baptême n'est pas nécessaire aux enfants des chrétiens, qu'il esl simplement un signe de la grâce qu'ils avaient déjà.; qu'il n'efface pas absolument les péchés, rendant innocent celui qui a reçu le baptême, mais qu'il les couvre seulement, Dieu ne les imputant point ; qu'il ne produit aucune grâce, et qu'il n'imprime aucun caractère dans les baptisés ; que les paroles qui sont prononcées dans l'administration sont des paroles magiques ; que l'eau n'est pas nécessaire, et qu'à sa place on peut se servir de vin, de lait, de miel, ou de toute sorte de matière liquide ; qu'il peut être conféré indifféremment par un prêtre ou par un particulier fidèle ou infidèle, homme ou femme, tels qu'ils soient, il n'importe; que les cérémonies anciennes de ce sacrement sont des idolâtries. C'est ainsi qu'ils ne se mettent pas en peine de contredire l'Écriture sainte, ni de se contredire euxmêmes. Mais comme Cyrille en ce chapitre-ci n'expose pas ces blasphèmes, et qu^il ne cite pas les passages d'où ils croient pouvoir les tirer, nous interpréterons favorom blement le reste de cet article, et nous en examinerons seulement un point. C'est lorsqu'il dit que tous ceux qui reçoivent le baptême sont justifiés ; car ce qu'il entend par- là, c'est qu'aucun d'eux ne peut périr ^ quand il te voudrait, comme étant déjà prédestiné de Dieu et recevant le baptême comme une marque de sa prédestination. H est tombé dans celte opinion, pour n'avoir pas bien entendu ces paroles de Jésus-Christ : Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, et celai qui ne croira pas sera conda'nné, qu'il rapporte dans ses témoignages. Car quiconque croit et est baptisé ^ sera sauvé, mais pourvu qu'il conserite sa foi inébranliibie | jusqu'à la fin, qu'il conserve auési son bàptêrne sans ta- ; che, de sorte qu'il puisse dire avec S. Paul : i'*i cofft- •; battu courageusement, j'ai consommé ma course, i

^j PERPÉTUITÉ DlfLA FOI

fai conserva la foi; du re4c la couronne de gloire m'est réservée. Celui qui ne persévère pas anns la sainteté du baptême, et qui ne s'est pas dépouillé parfaitement du vieil homme, qui est encore soumis à la servitude du prince de ce monde, qui ayant mis la miin à la charrxie, retourne en arrière, n'est pas propre au royaume des deux, et n'es' pas sauvé, ce que prouvent CCI mêmes paroles, lui effet. Judas, Sicolas, prosélyte (fAtaioclie, Simon-te-Magicien , Alexandre rouvrier en cuivre , Dcmas, Hymenée, Pliitélus et plusieurs autres, avaient reçu ta foi cl le baptême , mais ils déclmrenl du salut, n'ayant pas conservé ce qui était comme une conséquence de la foi, et rayant abandonné par leur apostasie. 11 montre ensiiil»- que tous les liéiésiarqnes avaient été de même, ei que la foi qu'ils avaient confessée ne leur servait de rien, non plus que le baptême qu'ils avaierit reçu.

11 paraît qu'en quelipies uns de ces articles Syrigus n'a pas été l)ieu iul'ornié , surtout pour ce qui regarde le l)ai)tênie administré par des laïques et même par des fenmies ; car ceux qui ne reconnaissent pas la nécessité al)S()lue du sacrement, ne peuvent en laisser indillëreumient la célél)rali(«n à toute su-te de personnes. 11 est vrai que quelques tlié logiens anglais ont cette opinion, qui csl plus conforme à l'usage de l'Église (Voss. de Bapl., p. -153) ; mais elle n'est pas selon les principes de la prétemiue réforme. Car Calvin , après avoir reconnu que dejiuis plusieurs siècles, et même dès le commencement de l'Église, il était éialili par l'usage que les laïqui-s baptisassent en péril de mort, a eu la bardiesse d'ajouter (Inslit. 1. IV, c. 15, §20) qu'il ne voyait pas quelle bonne raison on pouvait cmpbtyer pour le soutenir Mais ces Grecs, qu'on leprésente eonunc si peu capables dans les matières de religion, ont tonjoiirs regardé comme des blasphèmes de pareilles propositions. Ainsi ils rejelleni avec raison celle qui établit que le baptême peut être doni.é avec toute sorte de liqueurs, qui est de Hèze.

Ils ont aussi rem rqué judicieusement, que , outre ces ei reuis siu- l'essjMice du sacrement , sur sou efticaco ei sur trauires joiiUs, les ealvi isles n'erraient pas nM)ins s-w la forme, q'ie les anciens appelaient verbnni , et qui , jointe à la matière ou élément, produit le seremenl par l'opération du S tint-Esprit , l'entendant de la prédicalicui que fait leur ministre, listent voir l'absurdité de celte nouvelle lliéologie, qui altriliue tout à la loi, et ils montrent, par la réfuiation de ce qu'ils en ont vu dans la Confession de Cyrille, que rien n'est plus éloigné de la créance de rév;bse grecque , de la tradition cl de la pratique ancieiuie ; et |»ar conséquent ils r< gardent comme hérétiques ceux (jui rejettei.t l'mie et l'autre.

Ou ne s'étendra pas dava. tage sur cet article , puisque la n at ère csl sulTisauunenl éclaircie, surtout depuis (|ue les Grecs mdépendamment de toute 8oUiciiaiion . ont fait imprimer en Moldavie les œuvres de Siiué:iu de Thes^alonique , VEncliinaion ae Dwiihée» sa Réfutaiiou de Jean Garyophylle el celle

de Cyrille par Syrigus, outre ce qui se trouve dans la Confession orthodoxe et dans tous les auteurs qui ont écrit depuis deux cents ans.

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