LIV. M. CRÉANCE DISTINCTE DE LA
les (knitcs qu'ils ont connus, connne nous l'avons montré.
Ces gens demeuraient longtemps dans ce doute. Or, pendant qu'ils y demeuraient, ils ne pouvaient expliquer le langage de l'Église, et les expressions ordinaires des fidèles, que dans le sens de la présence réelle, puisqu'ils ne connaissaient point encore les deux clés de figure et de vertu , que les ministres ont inventées pour éloigner celle idée.
M. Claude suppose aussi témérairement qu'ils trouvaient la solulion de leur doute, en apprenant que rEucliarisiie est la (igure de Jésus-Christ, et qu'elle en contient la vertu. Carde qui auraient- ils appris celte solution ; puisque , comme nous l'avons fait voir, les Pères n'ont combaltu les doutes sur l'Eucliarisiie que par les paroles mêmes de Jésus-Christ, et par les effcls de sa toute-puissance , sans janiais parler de celle venu?
El comme cet ordre de M. Claude s'élcnd au septième et au huiliènie siècles connnent les fidèles y auraient-ils pu trouver ce prétendu dénoûmenl, puisque l'on y faisait profession, et en Orient et en Occident, comme nous le montrerons, de croire au contraire que l'Eucharistie n'est pas la figure , mais le corps même de Jésus-Christ, et qu'ainsi la clé de figure si nécessaire aux ministres y était formellement rejetée , et la clé de vertu aussi par une consé(iucnce nécessaire?
Enlin , quand on lui accorderait comme véritable tout ce qu'il suppose sans fondement et contre la raison, il prend si mal ses mesures, qu'il n'aurait encore rien de ce qu'il désire, et qu'il accorderait au contraire à son adversaire tout ce qu'il prétendr Car, supposé que ces gens se persuadassent enfin , après beaucoup de recherches, que l'Eucharistie est le signe de Jésus- Christ, et qu'elle en contient la vertu, sans concevoir rien autre chose, ils concevraient par cela même l'absence réelle; ce qui suffit à l'auleur de la Perpétuité, qui ne prétend rien aulre chose, sinon que les fidèles ont toujours été dans l'une ou dans l'autre de ces deux créances, de la présence ou de l'absence réelle; mais ce qui ne suffit nullement à M. Claude, qui s'est engagé mal à propos à le contredire en tout, et à lui contester les choses du monde les plus claires , sans aulre dessein que de chicaner et d'embrouiller celle dispute parla mulliinde des petits diflérends qu'il fait naître, afin de faire perdre de vue le différend général, qui est le seul qui importe à l'Église et à ceux qui en sont séparés.