‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 193 sur 335 · L!V. M. CRÉANCE DISTINCTE DE LA · texte numérisé non relu

L!V. M. CRÉANCE DISTINCTE DE LA

toute la masse du corps en est altérée et corrompue , ainsi ce corps immortel, étant dans ceux qui le reçoivent, les change tout entiers en sa nature. El ensiiile : // faut considérer comment il se peut faire que ce corps unique, qui est distribué à tant de milliers de fidèles dans toute la terre , soit tout entier dans chacun d'eux par la partie de l'Eucharistie qu'ils en reçoivent, et qu'il demeure néanmoins entier en lui-même. C'est la question que ce Père propose, qu'il résout ensuite par les paroles déjà rapporlées dans la Perpétuité : La même vertu qui faisait qnedan^ le corps de Jésus-Christ le pain qu'il mangeait était changé en la nature de son corps divin, fait aussi la même chose dans l'Eucharistie. Car comme la puissance du Verbe changeait celle substance dans son saint corpSj qui se nourrissait et s'entretenait de pain , et qui est ainsi pain en quelque manière , de même ici le pain est sanctifié, comme dit l'Apôtre, par la parole de Dieu et l'oraison , ne devenant pas le corps du Yeibe par le moijen du manger et du boire , mais étant changé tout d'un coup au corps du Verbe par le Verbe, selon ce qui a été dit par le Verbe même : Ceci EST MON cuBPS. A quoi il ajoîile que c'est par cette raison que, par une dispensation de grâce, il entre par sa chair dans ceux qui croient, et qui ont coutume de soutenir leur corps par du pain et du vin se mêlant dans les corps des fidèles , afm que l'homme devienne participant de l'incorruptibilité par l'union avec ce qui est immortel.

Je n'ai pas besoin de produire ici un plus £;raiid nombre de passages, puisqu'il n'est pas question de les examiner à fond , et que ceux que j'ai cités , tant dans ce livre que dans la Réfutation de la première Réponse, ne sont que trop suni>a!its pour faire voir qu'il n'est pas possible qu'on ne soit frappe de l'idée de la présence réelle par ces ^.'xpressioiis ; et qu'ainsi ce dernier ordre de M. Claude, composé de gens qui n'apercevaient dans tous les pass;iges des Pères aucun autre sens, sinon que le saciemcnt était le corps de Jésus-Ciirist on ligure et en vertu, et qui n'y voyaient poitit le sens liitéral, ni pour le rejeter, ni pftur l'admetlre, est non seulement un ordre ciiimérique , contraire à la raison et au bon sens , mais que M. Claude ne pouvait mieux faire voir le peu d'égard qu'il a à la sincérilé et à la bonne fui, qu'en avançant nne cbose qui! est impossible qu'il se mette lui-même dans l'esprit, pourvu qu'il y fasse réflexion.

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