‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 329 sur 335 · EXTRAIT D'UN SYNODE TENU EN L'ILE DE CHYPRE , L'AN · texte numérisé non relu

EXTRAIT D'UN SYNODE TENU EN L'ILE DE CHYPRE , L'AN

A'os HUarion Ckada Dci et sanciœ sedis œcumenicœ Cyprinœ isepiscopus, ejnsdemqne sedis macjnus tlieolopus atque Orientalis Ecclesiœ generalis doctor, etc. Universis présentes noslras inspecluris alqne leclnris fidem facimns, qiiôd infra scripla capitula sunt ad verbum transc! ipla ex synodo Leurosiit celebralâ in coleberrimâ Cypri iiisul;e nietropoli 6 idus aprilis currentis anni, pra^sidenle reverendissimo archiepisc.opo tolins Cypri D. D. Nicephoro, consideiilibus \\V\. nielropolilâ Paphi domino Jlacario, et Circnes dooiino Niccpiioro, item cpiscopo JNemesi domino Gerasimo, nobis quoque el vicariis Famagn sténo, Arsinoensi, Curiensi, Solensensi, pluribusqne abbalibns, et presbyleris litulnlis , cnjns ncla apud nos slanl et asservantur, cujusque laîilùm capitula seu summarias asserliones post prolixam eorum doclrinam Iranscripsimus nos ipsi, elHigilantibus ac enixè roganlibus reverendissimo P. Francisco à Brisaco capucino sancta; niissionis capucinr.rum Lariiocye et sociis, ut infra.

Ex primi capituti doclrinn desavcOssimci Enclinristiâ. Si quis igitur dixcritpnnem elvintun h vero SMcerdole consecrnla, poslquàm sanclilioala fuerinl cerlis quibnsdam à Chrislo Domino cons!ilu;is vorbis, non esse idem ipsnm corpus cunidcmqiie ipsum sangninem re et subslanliâ Jcsii Christi Dei cl honiinis Salvntoris nostri, sedaut figuram et symbolum, aut servarecum ipso Sacranienlo subslaniiam panis et vini, et non illa

prorsùs destrui post consecraiionem remanentibus solùm pra>ter naturam reliquis accidentibus cum suâ quanlilate, ita ut fiât vera quidam, realis, et rigonîsa transsubstantiatio, boc est Iransmutalio tolius pra;cedcnlis sid)slanlia; panis et vini in lolam subslantiam corporis el sanguinis Domini ; aut non esse sacrificiimi proprièrationale, atque incruentum, propilialorium per seipsum pro peccalis vivorum in SacramcKlo Poenilenti;^, atque mortuorum ; aut ea Sacramenta non debere lalriiu ralione adorari, queniadmodùni et ille idem qui à dexlris a-lerni Patris considel Deus et houio paritcr Dominus Jésus Cliristus, is hœrelicus judicelur, el b?nreticorum censuris subjaceat.

Ex capilulo de episcopatu. >

Qnaproplor quicumque dixerit episcnpalum non à Chi islo Domino inslitulum fuisse, aul non ab bis qui .iccepcrunt nobis collatum et in posteros œqualiler confercndum, vel non tradi cerlo quodam consecralio;;is online, aut non esse ecclesiaslico sacro recimini necessarium, aut sacordolinm absque cpiscopi ordinatione posse pcrfici solo su/Tragio aut elcctione populi vel clcri, bi haîrcseos rei judicentur; quippe qni antiquam aposlolorum iraditionem dissolvunt, et ecclesiasiicum ordinem cverluni.

Ex tertio capilido de sacro Chrismale.

Adcôque si quis sacralissimum Chrisma non unum propriè fatcatur ex seplem Sacramenlis per traditinncm aposlolorum ab ipsomel omnium Rege Chrislo

inslilulis, iiovamquc graliam ac sanctificntionem propriam ex hoc lis qui innngnntur praestari per Spiritum sanctum velulicharacteremregalisspiritualisdignilatis coMsignantem in hœredilatem regni cœlestis, itcmqiie robur ac forliliidinem adversùs visibiles invisibilesque liostes, et odoreni sunvitalis ad Deum in bonis operibus, is inlegrilatem ecclesiaslicaî lollit pulchritiidinis, quam anlificans suani domum Sapientia per septem columnas pra^notavil, et lex anliqua per hicernas septem candelabri in lemplo, aliisque lypis prajfiguravit.

Ex quarto caphulo de jejunio.

Quamobrem et nos cuni sanclà Gangrensi synode pronuntianius : Si quis ob reput:Unm virlulis exercitium die dominico jejunaverii, vel prseter corporalem necessitatem tradita ab Ecclesià jejunia in commune servanda violaverit, anathema sit.

Ex (juinto capilulo de monaslico statu.

Si quis angelicum nionachornm institulum.oornmque professiones pacia et promissa inventa Salana; per blasphemiam dieat , seii virginilalem ac ccelibalum , seu paupertalem nulliusque rei possidendaî volunlalem , seu bumilitatem qua; reverà exaltât , ac obedieniiam , seu quaî circa vesiitum et cibum est duram disciplinam, vigilias, item humi cubaliones , et qu3R similia, ipse sese voliiptuosre ac deliciosse vit;ie variisque passionibus contabescentis cbaractere cauteriatum exhibet , ipseque in seipsum pari vel potiori ratione converlet analbema quodsancta synodusGangrensis adversùs virgines et abstinentes , qui conjugâtas ac ciborum utontes libertate prae superbiâ et cauteriatâ plané conscientià contemnebant, fulminavit. Ex sexto capilulo de veneratione sanctorum ac inler-

cessione eorum.

Quare eos qui dulise in sanclos venerationem reji-

ciunt, et eorum pro his à quibtis orantur intercessio-

res inseotantur, itemque bonorcm sanclarum imagi-

num,vasarum elreliquiarum, non minus nos rejicimus

et exccramnr quàm antiques illos agiomatos, ipsosqne sanctsc sepiimœ synodi execrationibus obnoxios, palernarnmque tradilionum inimicos denunliamus.et ab ortbodoxorum cœtu alienos declaramus.

Ex septîmo capilulo de suffragns erqa moriuos.

Ex quibus confidenler decernimus , quôd qui misericordiai opéra et oblaliones et similia , quse pro defunctis in fide et pœnitentià fiunt , tollunt , negantquo juvari his animas , qiiie in privatione atque dilalioiie bealitudinis versantur in doloribus , ad refrigerium et diminulionem dilationis, lii sanè orlhodoxorum partis alieni , apostolicarumqne ac palernarum traditionum praivarica tores judicentur.

Epilogus.

Haec est orthodoxa Ecclesiae Orienlalis fidcs. Hanc luentur quatuor sanctissimorum patriarcharum Orientalium venerabilium fratrum nostrorum et conuninislrorum sedes, Conslantinopolilana vidclicet, Alexandrina , Anliochena , et lîierosolymitana. Hanc caîlera; qu;ieque naticnes nobis ritu et communione conjimcta! profitenlur , inprimis amplissimum Moscorum imperium, Rhossorum longé lalèquc sparsi populi , itemque Bulgariye , Servis , Snperioris et Inferioris Mysi;ie , tum Epirotae , Arabes , ^:j;yptii , et, ne esteras Asioe et Europ;c génies enimieremus , quicumque seplimam œcumenicam synodnni acceptant et venerantur. Hanc etiam incorruplam et inviolatam hucusque servavit Dei beneficio hsc sancia noslra Cypriorum Ecclesià. Use nobis et universis fiât confessio in salutem in Jesu Christo Salvalore nostro , cui laus et polestas et adoraiio sit in secula secnlorum. Amen.

Datum Leucosiœ tei-liojunii anno salutis 1668.

Il y a plusieurs signatures dans l'original , quoique ce ne soit qu'un extrait de ce concile de Chypre. M. Claude qui demandait un concile de Grecs pour se rendre , doit être présentement satisfait.

Récit de ce que les Moscovites qui ont passé depuis peu à Paris, à la suite de V ambassadeur, ont dit en présence de monseigneur l'archevêque de Sens et de plusieurs autres personnes.

L'arrivée des Moscovites à Paris ayant donné à monseigneur rarchevêijue de Sens la curiosité de savoir les sentiments de ceux de leur communion sur l'Eucharistie à l'occasion de la contestation qui est entre l'aulenr de la Perpétuité et le ministre Claude , dont il avait une connaissance particulière par la leciure exacte qu'il avait faite de leurs livres , il envoya sur la fin du mois d'août prier l'interprète de l'ambassatieur de le venir voir. Mais n'ayant pu, cette première fois, être exactement informé par lui de tout ce qu'il désirait savoir, il l'alla chercher dans l'hôtel de l'ambassadeur. M. l'ambassadeur ayant su qu'il demandait 5 voir son interprèle le fit prier d'entrer dans sa chambre, il le reçut avec tout l'honneur qu'il lui put rendre : il le salua à la moscovite , c'est-à-dire , en lui présentant la main et l'embrassant , après quoi il le

fil asseoir. Ensui'.e M. l'archevêque de Sens lui parla du désir qu'il avait de voir leurs cérémonies ecclésiastiques , et de conférer avec quelqu'un des siens de la créance de leur église sur quelques points principaux. L'ambassadeur lui répondit que pour les cérémonies ecclésiastiques, il ne pouvait les lui faire voir, parce qu'on ne disait point la messe parmi eux hors des églises consacrées, et qu'ils ne l'avaient pas entendue depuis leur départ de Moscovie, se contentant de réciter tous ensemble tous les jours l'IIorologe , c'està dire, les heures canoniales . comme toutes sortes de personnes ont accoutumé de le faire en son pays ; mais qu'il lui enverrait un do ses prêtres pour l'informer de tout ce qu'il voulait savoir de leur créance. M. l'archevêque de Sens prit de là occasion de le prier de trouver bon que ce prêtre vint dîner chez lui. U

PIECES DIVERSES POUR LA CROYANCE DES ÉGLISES D'ORIENT

le lui accorda , et le vint conduire jusqu'au lieu où il lui fit dire par l'interprète qu'il mangeait bien peu,

avait conduit un officier de la couronne qui l'avait été "oir de la part du roi , et là il lui fit beaucoup d'ex cuses de ce qu'il ne l'y était pas venu recevoir , ne sachant pas d'abord qui il était.

Le iour que M. l'archevêque de Sens prit pour donner à dîner à ce prêtre moscovite fut le neuvième de septembre, qui était un dimanche. Il me lit l'honneur de m'envoyer quérir ; et plusieurs autres ecclésiastiques s'y rencontrèrent, comme M. Chéron , qui était grand-vicaire de feu M. l'arclievêque de Bourges, M. l'abbé de S.-Nicolas, M. Boileau, docteur de la maison de Sorbonne, M. Daignan, etc.

Le prêtre moscovite vint accompagné du secrétaire de l'ambassadeur et de deux valets de chaïubre. Le prêtre était un homme fort grave et sérieux , et dans lequel il paraissait beaucoup de sagesse et do bonne foi. Il était chanoine dans la grande église de Moscou. Le secrétaire était un homme de qualité qui paraissait avoir infiniment d'esprit , beaucoup de feu et de vivacité; de sorte qu'il se faisait presque entendre par ses gesies et par ses signes. Il paraissait aussi fort instruit dans sa religion, et jilein de grands sentiments pour Dieu et pour les vérités chrétiennes. Us avaient avec eux l'interprète de l'ambassadeur, dont il avait

qu'il le priait de prendre quelque chose où Ton n'avait pas encore touché : il fit signe qu'il n'avait garde de le faire avant lui , et dit assez agréablement, pour s'en excuser , ces paroles de Nolre-Seigueur dans l'Évangile : Le Fils ne fait rien qu'il n'ait vu faire à son Père.

Le secrétaire de l'ambassade , qui était au-dessous du prêtre, rendait au prélat les mômes civilités, et tous deux nous édifièrent extrêmement par leur modestie et par leur sobriété; car ils mangèrent et burent très-peu, quoique le prélat, pour les mieux régaler, eût fait servir les viandes qu'ils aimaient le mieux, et les eût fait préparer à leur mode et à leur goût. Ce qui nous ayant portés à témoigner à M. l'archevêque l'estime que nous faisions de leur modestie et de leur honnêteté, il le leur fit dire par l'interprète; à quoi ils répondirent d'une manière trèschrétienne, disant qu'ils étaient indignes de ces louanges, et qu'ils n'étaient que des pécheurs. Une des personnes mêmes de la compagnie trouvant que le secrétaire avait je ne sais quel air de ces S. -Jean qud l'on met à côté de la croix, et tout le monde ayant témoigné approuver ce qu'il disait, finterprèie lui dit à qui on le comparait, ce qu'il reçut avec une très-pro-

bien voulu se priver ce jour-là pour obliger M. l'ar- fonde humilité, soupirant, frappant sa poitrine, et

chevêque de Sens.

Ce prélat alla au-devant d'eux jusqu'à son antichambre, et les reçut à la moscovite, c'est- à-dire,ainsi que je l'ai déjà remarqué , en leur présentant la main et en les embrassant. Le prêtre et le secrélairc reçurent ses civilités avec un très-profond respect ; et le prêtre particulièrement, dans tout le temps qu'il fut avec M. l'archevêque, fit bien voir que les prêtres moscovites ont une très-grande vénération pour leurs prélats. Car M. l'archevêque ne put jamais le forcer à prendre le pas devant lui, et il lui fallut faire des instances incroyables, et lui faire même dire par l'interprète qu'il voulait absolument qu'il se couvrît, pour lui faire mettre son bonnet ; encore le plus souvent l'ôlait-il pour répondre aux demandes que le prélat lui faisait par le moyen de l'interprète, faisant toujours signe qu'il devait ces soumissions et ces déférences à son caractère.

Comme ils étaient arrivés fort tard, on ne s'arrêta pas beaucoup à les qnesiionner ; mais après que M. l'archevêque eut reçu les compliments qu'ils lui firent de la part de M. l'ambassadeur, il les conduisit au lieu où il fallait dîner.

Jamais il ne fut possible à M. l'archevêque de faire mettre le prêtre à sa droite, quoique ce fût une table ronde, parce qu'il se figurait qu'd aurait été au-dessus de lui, et il fut contraint de le faire mettre à sa gauche, sur ce que l'interprète lui dit, qu'il croirait avoir iaii un grand péché s'il s'était mis à l'autre place. Il 06 voulut point aussi loucher à quoi que ce fût que le prélat n'y eût touché le premier, ni boire qu'après lui ei debout, lui faisant avant que de se ra.sscoir une profonde inclination. Et sur ce que M. l'ai^hôvêque

P. DE LA F. I

élevant ses yeux au ciel, en disant qu'il était infiniment éloigné de la vertu de ce grand saint , et qu'il n'était qu'un pécheur.

Après le dîner on se retira dans la chambre de M. l'archevêque, où l'on commença à former avec eux une assez longue conversation sur les différents usages et les différentes cérémonies de leur église ; touchant la com.munion de leur patriarche avec les autres patriarches grecs, le jeûne, le célibat, la prière la liturgie, etc. Mais enfin M. l'archevêque en voulant venir au principal point sur lequel il avait dessein d'être éclairci, pria rinierprèlc de leur dire mot pour mot ce qu'il allait leur demander, et de lui redire aussi mot pour mot leur réponse sans y rien ajouter.

Après avoir pris cette sage précaution, il les pria de lui dire ce qu'ils croyaient touchant le sacrement de l'Eucharistie. Le prêtre moscovite répondit saus hésiter le moins du monde (ce qui nous surprit un peu, car il avait jusqu'alors toujours été sur ses gardes, comme s'il eût eu peur de s'engager trop avant dans quelque point de controverse et de n'en pas sortir à son honneur) que c'était le véritable corps et le véritable sang de Jésus-Christ, et qu'après que le prêtre avait prononcé ces paroles de Noire-Seigneur : Ceci est mon corps , le pain était changé au corps de Jésus- Christ, et après qu'il avait prononcé sur le calice ces autres paroles t Ceci est mon satig , le vin était changé en son sang. Quand l'interprèle eut dit ceci, M. l'archevê[ue lui dit : Je vous prie, dites-moi mol pour mot les mêmes paroles qu'il a dites. L'interprète dît au prêtre moscovite ce que ce prélat exigeait de lui, ce qui l'obligea de rc,(éti;r ce qu'il vcn.nil de dire, et

(Treute-neuf.J

l'interprète répéta les mêmes paroles pour la seconde faire mieux comprendre ce qu'il disait , se leva pour

fois. Et comme il y ajouta que le pain et le vin étaient nous faire voir de quelle manière ils se prosternaient

iranssubstanliés au corps et au sang de Jésus-Christ, pour adorer Jésus-Clirist , qui est en faisant le signe

on lui demanda si le prêtre moscovite s'était servi d'un de la croix, se mettant à genoux, et touchant la terre

mot qui dans sa langue eût la force de celui de trans- de leur front tout le corps courbé contre terre,

substanlié dans la nôtre. 11 répliqua que ouï , et ré- Et parce que M. l'archevêque leur témoigna une

péta le mot moscovite qui signifie cela , en regardant grande joie de ce qu'ils étaient, en ce qui regarde le

le prêtre et le secrétaire , qui tous deux flrent signe sacrement de l'Eucharistie, si conformes aux Latins,

que ce mot était propre dans leur langue, et signiflait un changement de substance.

On leur demanda ensuite ce qu'ils pensaient de certaines gens qui étaient parmi nous (on ne voulut pas exprès les appeler hérétiques afin de ne prévenir point leur esprit, et de leur donner toute liberté d'exprimer leurs sentiments, en ne marquant point le jugement que nous en portions ) qui niaient que le corps et le sang de Jésus-Christ fussent réellement dans l'Eucharistie, et qui prétendaient qu'ils n'y étaient qu'en figure. Alors le prêtre, témoignant beaucoup de aèle et d'indignation sur son visage, dit sans s'arrêter: Ce sont des hérétiques , des excommuniés et des démons.

On ajouta : Mais n'y a-t-il jamais eu personne parmi vous qui ait enseigné la même chose, et qui ait dit que le corps de Jésus-Christ n'était point dans l'Eucharistie après la consécration? Le prêire et le secrétaire s'écrièrent que non , qu'on ne les souffrirait point ; mais que s'il y avait quelqu'un assez téméraire et assez impie pour avancer une semblable proposition, qu'on le ferait mourir, qu'on le brûlerait, et qu'on l'écraserait; ce qu'ils accompagnèrent de gestes si significatifs, qu'ils nous firent comprendre à tous ce qu'ils disaient avant que l'interprète nous l'eût expliqué. A quoi le prêtre , pour faire voir que ces erreurs n'avaient jamais paru parmi eux , ajouta que depuis les apôtres jusqu'à présent ils avaient toujours gardé le dépôt de la foi sans altération , et toujours cru que Jésus-Christ était réellement dans l'Eucharistie ; que c'était la. foi apostolique.

On leur demanda s'ils rendaient quelque culte particulier à Jésus-Christ dans l'Eucharistie, et comment ils en usaient lorsqu'on disait la messe. Ils dirent que lorsque l'on montrait l'hostie consacrée, tout le monde se mettait à genoux et se prosternait pour l'adorer. Et le secrétaire de l'ambassade , pour nous

et de ce qu'ils croyaient comme nous la réalité et la transsubstantiation; le secrétaire de l'ambassade, pour augmenter sa joie et nous confirmer dans les sentiments que nous avions de la pureté de leur foi; nous rapporta une histoire , et nous dit qu'un hommo de leur pays , qui était à genoux à la table de la communion et près de recevoir le corps de Jésus-ChriSt, ayant commencé à douter en lui-même qu'il pût être sous les espèces d'un si petit morceau de pain, et que l'on reçût dans ce sacrement la chair véritable du Sauveur, avait vu en même temps l'hostie se changer en une chair d'homme véritable; mais que cela lui ayant fait horreur il était rentré en lui-même , de sorte qu'après avoir demandé pardon à Dieu avec beaucoup de douleur de son incrédulité, il l'avait prié que cette chair reprît les espèces du pain , sous lesquelles auparavant elle était voilée, afin qu'il y pût participer, et que cela étant arrivé de la sorte, il avait ensuite communié en rendant gloire à Dieu de cette nierveille.

En se séparant ils promirent à M. l'archevêque de lui envoyer une attestation authentique de leur foi sur ce mystère ; ce qu'ils exécutèrent après être partis de Paris , comme on le verra par l'attestation suivante.

Nous, archevêque de Sens, avons lu celte relation, dans laquelle nous n'avons rien trouvé que de trèsexact et de très-véritable ; en foi de quoi nous avons signé. A Paris, ce 2 octobre 1668.

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