‹ Persécution et souffrances de l'église catholique en RussieChapitre 1 sur 28 · RUE DU POT-DE-FER-SAINT-SULPICB · texte numérisé non relu

RUE DU POT-DE-FER-SAINT-SULPICB

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Ud écrivain protestant de notre époque*, doué du rare et double mérite de beaucoup d'érudition et de beaucoup de bonne foi, a prouvé, à Taide de l'histoire et de documents irréfragables, que le saint pontife Grégoire VII est non-seulement très-justifiable de ce qui a été si souvent qualifié d'excès dans sa lutte aussi constante qu'héroïque contreles empiétements et les prétentions des empereurs de la maisoii de Souabe; mais qu'il doit être mis au premier rang des bienfaiteurs du genre humain, pour avoir opposé une barrière io franchissable à la plus intolérable et à la plus absurde de toutes les tyrannies : celle de la réunion dans la même main du pouvoir spirituel et de la puissance politique *.

S'il est quelqu'un qui révoque en doute cette

* Histoire du pape Grégoire VII, par le professeur Voigt. 3 Cette proposition, pour être parfaitement vraie, doit être entendue dans le sens même que lui donne son auteur. La puis

s INTRODUCTION.

incontestable vérité, qu'il jette un coup d'œil sur les peuples nombreux que s'est soumis Fimposteur arabe, à laide de son Coran, joint à la terreur de ses ariues. I^à se voit, dans &e$ conséquences extrêmes, toute l'horreur de cette tyrannie. Là le sultan, réputé calife, c est-à-dire vicaire du prophète, définit, ou fait définir, suivant sa volonté, par un moufti, élevé par lui et tremblant devant les pilons du sérail, les doctrines et les interprétations du Coran, et toute opposition expire devant le tranchant de soft cimeterre. Faut-il chercher ailleurs lés causes dià sérvile abrutissement des musulmans, et en seràit-il autrement en Europe, si les monarques honorés du titre d'empereurs romains avaient réussi à s'ériger eii maîtres absolus des souverains pôntifeS, et par conséquent de tout le clergé, ainsi dépouillé du droit d'enseigner et de gouverner librement^ dans Tordre spirituel, le troupeau de Jésus- Christ?

Le problème social qu a si parfaitemetit tésolu Tâuteur de Touvrage que nous avons cité, ne Test

sance politique peut très-bi^ être exercée^ comnU accessoire^ ptff Tautoritë eobl^iditi({Ue ; t^moiii le gourernement romain, et ceux des ci-devant princes ecclésiastiques de l'empire germanique, QÙ rpp disait proverbialemei^t : Sçus la crosse il fait bofl vivre, n en est tout autrement là pu la puissance politique s'arrqge l'empire des consciences : c'est ce que prouvera l'ouvrage que nous entreprenons.

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[)as moitis clairement par la situation religieuse de la Russie; car, comme nous le verrons, l6 gouvernement asiatique de ce vaste empire, en tout analogue à celui des sultans, n'en diffère, quant à rexérclce du souverain pouvoir qu'exerce le tzar sur son Église nationale, que par ^absence du fatal pilon. Là vous voyez, avec les antiques formes hiëfarchiques, moins un pontife suprême, un clergé resplendissant à l'extérieur de plaques et de cordons, mais en réalité tellement asservi, qu'il dépend de la volonté du prince de déposer le prélat le plus élevé en dignité ; de le reléguer dans quelque monastère, choisi par le niattre, en le réduisant à la condition de simple moine. Là, Tordre sacerdotal, sans parler de son défaut radical d'instruction, est dégradé au point d'y voir punir les fautes du clergé séculier, en réduisant les prêtres coupables au rang des soldats, et son^ vent même à celui de denscMky ou valet d'offîociers.

Et c'est avec de pareilles institutions, c'est courbé sous un joug si déshonorant, que le synode russe se vantera (comme on le verra dans les àx^ cumenls émanés de lui) d'avoir conservé dans toute leur intégrité les principes, les institutions et les pratiques de la primitive Eglise! Il fëlicitem les prélats apostats de la réunion à l'Eglise romaine, d'être rentrés sous son Qt)édience, lorsqu»

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