‹ Persecution et souffrances de l'Église catholique en Russie; ouvrage appuyé de documents inéditsChapitre 28 sur 35 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Pendant que notre ouvrage était sous presse , quelques journaux annonçaient un nouvel oukase, en vertu duquel le calendrier julien devrait remplacer, dans le royaume de Pologne, le calendrier grégorien. Si ce fait, qui ne nous paraît pas encore suffisamment constaté, était vrai , il constituerait un nouvel attentat envers la situation de TEglise catholique et une infraction nouvelle aux conditions qui ont û\é rétat politique du royaume de Pologne.

Nous ne nous arrêterons pas à la singulière manie de TEglise de Russie de conserver un almanacb démenti par le cours annuel de la terre, uniquement parce qu'une réforme, indispensable pour Texactitude de la chronologie historique et civile, a été établie en Europe et dans le monde chrétien par Vautorilé pontificale, 11 semblerait que, par une si étrange singularité , la Russie tienne à prouver qu'elle et son Eglise dite orientale pratiquent un christianisme particulier, et par conséquent bien opposé à leur prétention à la catholicité; et que, sous ce rapport comme sous plusieurs autres, la Russie aime à déroger à la situation qu'elle affecte envers la grande famille européenne. C'est encore une de ces fantaisies auxquelles nous n'avons rien à redire.

Ce qui serait moins innocent , ce serait d'empiéter, par un acte d^aotorité impériale , sur la discipline de l'Eglise catholique de Pologne, dans l'intention bien manifeste de la faire descendre de l'état de religion dominante dans le royaume, à celui d'Eglise dissidente et simplement tolérée, conséquence qui découlerait de l'adoption forcée du comput ecclésiastique de l'Eglise de Russie. Ce serait encore découvrir l'une des pierres d'attente depuis longtemps placées pour relier à son Eglise schismatique l'Eglise catholique romaine de Pologne.

On nous observera peut-être que le même élat de choses subsiste depuis longtemps en Russie sans qu'il en soit résulté aucun inconvé- Bientpoor l'Eglise romaine. Nous répondrons que le fait en lui-même est vrai, mais qu'il y subsiste en vertu d*un induit du Saint-Siège , qui a autorisé les évêques catholiques à se conformer , pour la célébration des fêtes, non pas au calendrier de VEglise russe, mais à Valmanach ctdl de l'empire. En Russie l'Eglise catholique est en effet dans la siteation d'un culte étranger , et il aurait d'ailleurs de bien graves in- CinTénients à ce que les catholiques s'y montrassent formellement

séparés, comme le soni les juifs , de la pratique du culte commun , principalement quant à la pâqne et aux fêtes mobiles qui en dcpen^ dent. En Pologne , les choses se présentent sous un aspect dififércni et même opposé, puisque dans le royaume le catholicisme était dominant à répoque où il fut livré à la Russie , et que les Grecs schismatiqoes y étaient en état de dissidence. Nous avons déjà fait voir que le maintien du statu quo religieux a été réservé et Test toujours, nonaeulcment de fait , mais de droit , toutes les fois qu'un pays, par droit de conquête, de cession ou d'hérédité passe sous un sceptre étranger. Nous avons aussi vu Tinanité des motifs en vertu desquels la Russie prétend se dégager des conditions , onéreuses à ses yeux , auxquelles elle a acquis la majeure partie du royaume des Jagellons.

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