‹ Perséphone; poèmeChapitre 7 sur 8 · SUPPLIQUE AUX OMBRES HÉROÏQUES · texte numérisé non relu

SUPPLIQUE AUX OMBRES HÉROÏQUES

O jeunes hommes, vous qui chérissez la Lyre Et de qui l'idéal fut un vers bien sonnant, De par le feu qui gronde et le jer qui déchire La Terre au sein glacé vous garde maintenant.

Au Temple que jadis vous eût bâti la Grèce, On aurait vu, toute d'ivoire et toute d'or, Héhé le front paré d'une grave allégresse, S'avancer en chantant au-devant de la Mort.

pi:rsi-1phosf. jo

Quel destin que celui qui pour vous se termine ! Quand Hellas fut sauvée et le Mède vaincu, Sophocle adolescent dansait à Salamine ; Sophocle fut moins grand : il avait survécu.

Pour vous, le monde était une immense merveille ; Vos sens en saisissaient les plus rares frissons ; J'ous saviez conquérir, de l'œil et de l'oreille, Un frémissant butin d'images et de sons ;

Vous étiez des élus, puisque la Douleur même Semblait vous réserver ses gestes les plus doux, Elle qui compensait par le don du poème Le mal qu'elle avait fait en s'abattant sur vous ;

Et maintenant... — Pourtant, ne cherchons pas la rime Du vers interrompu par le bruit des canons ; Vos livres commencés ont une fin sublime, La clarté la plus noble est liée à vos noms ;

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La mort a vainement élevé sa barrière ; Vous êtes près de nous, vous nous parlez tout bas ; Vos œuvres, à nos yeux, ruissellent de lumière, Vos phrases ont des sens qu'on ne soupçonnait pas.

L'écho des mots jaillis de vos cœurs sans reproches Nous paraît, au delà des terrestres instants. Comme un hymne pompeux et sacro-saint de cloches. Résonner jusqu'au bout de l'Espace et du Temps...

Veillez sur nous du fond des Plaines-Elysées, Veillez sur nous du haut du Paradis chrétien, Que votre illustre exemple inspire nos pensées, Reste notre conseil et soit notre soutien !

On se confie à vous ; c'est sur votre mémoire Que ceux qui Sîtrvivront se jurent, désormais, De diriger les cœurs vers cette pure gloire Dont vous avez, d'un coup, occupé les sommets ;

PERSÉPHOXE 32

Vous leur inspirerez les grands vers nécessaires, Fiers, virils, présageant les triomphes certains ; Vous étiez autrefois nos égaux et nos frères, Vous êtes à présent nos héros et nos saints,

Car ceux de qui le chant vous tresse une couronne, 0 poètes-soldats, ont garde d'oublier Que, sauf dans la bataille, oii le laurier foisonne. Un poète, en ce jour, n'a plus droit au laurier.

DESINE FUNESTIS ANIMUM, PROSERPINA, CURIS... AMISSUM NE CREDE DIEM : SUNT ALTERA NOBIS SIDERA ; SUNT ORBES ALII, LUMENQUE VIDEBIS PURIUS, ELYSIUMQUE MAGIS MIRABERE SOLEM... EST ETIAM LUCIS ARBOR PRiEDIVES OPACIS, FULGENTES VIRIDI RAMOS CURVATA METALLO : H/EC TIBI SACRA DATUR : FORTUNATUMQUE TENEBIS AUTUMNUM ...

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