‹ Persistance de l'infection gonococcique de l'urètre due à des cavernes prostatiquesChapitre 10 sur 22 · TS · texte numérisé non relu

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Les clichés seront pris tandis qu’on pousse le Lipiodol dans l’urètre; il faudra auparavant qu’une certaine quantité de liquide opaque ait pénétré dans la vessie, On pousse alors un peu plus énergiquement et l’on prend le cliché tandis qu’on fait l'injection, cela est capital.

L’injection sera faite sous contrôle radioscopique qui nous renseignera sur la qualité de Lipiodol à injecter pour arriver à la vessie. Elle est variable : chez certains sujets 5 ou 6 centimètres cubes suffisent pour y arriver et même moins; chez d’autres, il en faut bien plus. Habituellement, on en injecte 10 centimètres cubes. On ne dépassera pas cette quantité. On sera pourtant autorisé dans certains cas à pousser encore 1 ou 2 centimètres cubes de Lipiodol, mais de façon très précautionneuse. Un spasme invincible du sphincter membraneux peut empêcher la pénétration du liquide dans l’urètre postérieur, et, si non renseigné par la radioscopie, on forçait la pression, le liquide opaque pourrait passer dans la circulation, réalisant une injection intra-veineuse dont les conséquences pourralent être graves, surtout quand le liquide opaque est non miscible au sang.

« Les nouveaux écrans dont nous disposons désormais au Pavillon Albarran. dit M. le Professeur Chevassu, rendent cette observation des plus facile,

&« J’estime de toute façon, ajoute-til, que chez un

sujet chez lequel on n’est pas parvenu à dépasser le sphincter membraneux après avoir injecté 12 centimètres cubes, la sagesse est de renoncer à l’exploration de l’urètre postérieur. Mais de pareils cas sont tout à fait exceptionnels. Le spasme cède le plus souvent si l’on sait attendre un peu, et si l’on recommande au malade de faire le même geste que sil cherchait à uriner. Ainsi ouvre-il Le plus souvent son sphincter. »

L’ampoule est située au-dessus de la table et sa distance au film est de 1 mètre.

On prend un premier cliché : de face. Le malade est placé en décubitus dorsal, le rayon normal centré sur le bord supérieur de la symphyse pubienne; on tire fortement sur la verge, parallèlement aux cuisses, on prend ainsi l’urètre en enfilade.

Puis un deuxième cliché est pris; celui-ci en oblique antérieure droite. Le sujet sera couché en décubitus latéral gauche, exactement couché de trois quarts sur le côté gauche, la cuisse gauche fléchie sur le bassin, la droite étendue, en adduction et rotatiou externe, Le rayon normal sera centré sur la ligne médiane du sujet, à sept centimètres au-dessous d’une ligne joignant les épines iliaques antéro-supérieures droite et gauche. La hauteur de l’épine iliaque antérosupérieure droite au-dessus du plan de la table sert de

point de repère à l’obliquité du sujet. La hauteur moyenne est de 22 centimètres. Elle peut être de 20 à 28 centimètres. Cette fois la verge sera tirée dans un plan horizontal perpendiculaire à l’axe du corps.

M. le D’ Thévenard conseille de prendre un cliché de l’urètre qui s’est vidé; l’ombre de l’urètre ne se superposant plus à celle des cavernes, leur image est plus nette et plus complète surtout dans leur portion juxta-urétrale. De plus, cette urétrographie en « déplétion » aurait encore l’avantage de renseigner sur l’état d’élasticité de l’urètre postérieur.

Il nous semble que ces clichés « en déplétion » ne s'imposent pas. En effet, la position oblique est destinée à déplacer latéralement l’ombre de l’urètre postérieur et à exposer aux rayons ce que l’opacité de l’urètre leur voilait dans le cliché pris de face.

Quant à la rigidité des parois de l’urètre postérieur, on en jugera à l’urétroscopie.

Au Pavillon Albarran, on ne prend que deux elichés, l’un de face, l’autre de profil. Le D' Heïtz-Boyer, qui s’occupe particulièrement de la question des cavités intra-prostatiques, préconise de faire un troisième film de profil opposé :

« Je crois indispensable pour un diagnostic précis d’avoir ces trois vues, qui seules permettront de ne pas laisser échapper une lésion, et surtout de les ca-

ractériser rigoureusement comme forme, direction et

profondeur, ce qui est indispensable en vue d’une intervention chirurgicale... »

Dans le service de M. le Professeur Chevassu, jusqu’à présent on se contente d’une facon générale de deux clichés pris dans les positions sus-indiquées, et l’on ne recourt à un troisième que lorsque la nécessité s’en fait sentir. Cette méthode donne entièrement satisfaction.

LES CAVERNES A L’'URETROGRAPHIE

« La révélation capitale de l’urétrographie postérieure, c’est celle des cavernes prostatiques et de leur extrême fréquence. »

(M. le Prof. CHEvVASSU, Société belge d’Urologie, juin 1934.)

Elles se présentent sous des formes différentes, mais on peut les rapporter à un schème qui permettra toujours de les reconnaître.

On voit, partant de l’urètre, un petit tracé opaque qui aboutit à une tache arrondie : c’est la caverne et le canal qui la réunit à l’urètre.

Ce canal est plus ou moins sinueux et de longueur variable mais il est, le plus souvent, très étroit, princi-

palement dans sa portion juxta-urétrale,

Les contours de la caverne sont irréguliers. Elle peut avoir diverses formes qui expliquent les comparaisons faites avec les « grappes de raisins, une chevelure éparse au vent, une plume d’oiseau avec sa

nervure axiale et ses barbules ».

Les cavernes siègent généralement à la hauteur du Véru Montanum à droite ou à gauche, sans prédilection, parfois un peu au-dessus, ou un peu au-dessous, en un mot, elles sont limitées à la partie glandulaire de la prostate et respectent ainsi la région du col et du sphincter interne.

Les cavernes, dans beaucoup de cas, sont situées symétriquement par rapport au Véru. Elles peuvent communiquer entre elles.

Leur profondeur, par rapport à l’urètre, est variable. Elles sont plus ou moins en pleine prostate.

Enfin, elles peuvent se diriger soit parallèlement à l’urètre, soit prendre une direction différente; en général, les trajets sont dirigés en haut et en dehors.

Exceptionnellement, les cavernes peuvent passer inaperçues à l’urétrographie, soit que le canal, en raison de sa ténuité, n’ait pas permis le passage du Lipiodol, soit que le canal de communication avec l’urètre ait été obstrué, soit enfin que la caverne remplie de pus mastic n’ait pu être injectée. Le fait s’explique par la faible résistance du sphincter interne

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