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Les Chénopodiacées sont une des familles où l’appareil conducteur montre avec le plus de netteté la persistance de son état primitif. Cet état primitif caractérisé, comme on sait 1 , par la disposition alterne des faisceaux criblés et vasculaires, se trouve conservé, chez la plupart des Chénopodiacées, jusque dans leurs cotylédons.
Ce fait doit être signalé, chez ces plantes, avec d’autant plus insistance, que les descriptions anatomiques les plus récentes ont servi à une interprétation qui le contredit.
En effet, dans son Mémoire 2 , M. Fron, confirmant d’ailleurs à ce point de vue l’opinion régnante, s’exprime ainsi :
« Le passage de la structure de la racine à celle de la tige s'effectue chez les Chénopodiacées en des points très différents de Taxe hypocotylé.
Dans les genres Atriplex , Salsola , Si\æda, le passage se produit dans la région inférieure de cet axe; au contraire, dans les genres Beta , Spinacia , il ne s’effectue que légèrement au-dessous de l'insertion des cotjTedons. Les genres Chenopodium , Blitum offrent des cas intermédiaires.
<( Les faisceaux normaux de la racine se transforment par division des faisceaux libériens et des faisceaux ligneux, puis par rotation de c derniers, de manière à former des faisceaux libéro-ligneux radiaux au nombre de quatre qui sont les faisceaux caulinaires de la tige.
,( Les faisceaux coty lé douaires prennent naissance sur les faisceaux caulinaires, en des points qui varient suivant les genres. Chez les Atriplex, Blitum, Beta, ils prennent naissance seulement dans le hau de laxe; chez les Salsola, Suæda, ils apparaissent dès la base. »
E Chauve AUD, Sur la persistance de la structure alterne dans les
cotylédons du Lamier blanc et de plusieurs autres Labiées. Comp.-Rend. Acad, des Sc., 21 mars 1904.
2. C. h ron , Recherches anatomiques sur la racine et la tige des Cheno- Podiacées. Ann. des Sc. nat. f VIII e Série, t. IX.
t. un.
(séances) 24
D’après ces conclusions, dans les Chénopodiacées les faisceaux des cotylédons seraient des faisceaux libéro-ligneux ou superposés qui naîtraient de faisceaux caulinaires ayant déjà acquis eux-mèmes cette disposition superposée. Par conséquent on ne devrait point trouver dans leurs cotylédons cette persistance de la disposition alterne ou primitive que nous annonçons.
Pour démontrer l’existence de cette disposition, nous étudierons le développement de l’appareil conducteur selon notre méthode habituelle, en considérant cet appareil en lui-même, sans admettre a priori , comme on le fait d’ordinaire, que la racine et la tige sont caractérisées par une structure originelle différente dont il s’agit d’expliquer le raccordement. Nous ferons cette étude sur des types déjà décrits, afin de justifier d’une manière plus probante la description nouvelle que nous proposons.
Comme premier exemple, nous choisirons la Betterave (Beta vulgaris ), parce que c’est la plante qui a donné lieu aux plus nombreuses observations.
Beta vulgaris.
Dès 1839, Dec Aisne montra* que le tubercule de la Betterave, dans la plus grande partie de sa longueur, rentre dans la structure des racines par tout ce qui dépend de la composition de ses différentes parties.
M. vax Tieghem donna de la racine proprement dite une description très précise*.
I n peu plus tard, M. Prillieux 3 étudia le développement de la plantule dans deux espèces de Betterave. Il trouva que le caractère essentiel de la racine, tiré de l’organisation du système vasculaire primordial et du mode d’apparition des vaisseaux, n’est pas dans la Betterave exclusivement propre au pivot et que la tigelle le présente aussi nettement que la