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membrane d’enveloppe choroïdo-scléroticale ; mais la disposition la plus intéressante se trouve dans le tissu mésodermique interposé entre le cristallin et lectoderme. Là, les assises mésodermiques sont puissamment épaissies, et par la production d’un espace en forme de fente dans leur épaisseur, commencent à se diviser en deux feuillets inégalement puissants, la fente en question représente l’origine de la chambre antérieure. Le feuillet le plus puissant qui la limite en avant forme la cornée, le feuillet plus mince qui la limite en arrière forme le corps de liris et la membrane pupillaire. Cette description de l'œil du lapin au dix-huitième jour est presque mot pour mot la description de l’œil de la lamproie. Il nous reste peu de chose à dire pour achever l'étude de ce parallélisme ontogénique et philogénique, la membrane pupillaire riche en vaisseaux subsiste longtemps chez l'embryon humain ; où par suite liris forme au devant du cristallin un diaphragme imperforé ; mais vers le septième mois de la vie intra-utérine, les vaisseaux de cette membrane commencent à disparaitre, et la membrane s’amincit et se perfore, par atrophie du centre à la périphérie. Alors modifié par disparition de la partie centrale, et par différenciation bien accusée de la choroïde et de la sclérotique : le schéma de l'œil du fœtus humain de sept à huit mois nous donnerait un aspect tout à fait semblable au schéma de l’œil des poissons osseux (1). »
1) Math. Duval, L’évolu lion de l'œil. Conférence transformiste. 1885
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C'est Kôlliker qui a montré que la membrane pupillaire provient de la lame mésodermique enclavée entre la couche la plus externe de la cornée et l’ébauche du cristallin, qui dérivent de l’ectoderme.
Ce mode de développement a été très bien étudié depuis par Real y Beiro (1) et Jannulatos (2). Ce dernier s’est attaché à obtenir des coupes sériées sur des yeux aux différents âges de la vie fœtale, provenant d’embryons de l’homme ou des animaux. Ses expériences ont montré toutes les phases du développement et de l’atrophie de la membrane pupillaire. Si l’on pratique une coupe antéro-postérieure de Pœil d’un embryon de lapin de 13 jours et demi, on ne trouve encore aucune trace de membrane pupillaire ; on remarque seulement que le mésoderme qui s’est insinué entre le cristallin et la couche la plus externe de la cornée est en voie de prolifération. À quinze jours, les choses sont encore dans le même état, la prolifération du mésoderme est seulement plus prononcée. A dix-sept jours, on constate qu’une fissure s’est produite dans le mésoderme, qui s’est divisé en deux couches : l’une antérieure et la plus épaisse formera le parenchyme de la cornée, l’autre postérieure et plus mince est directement appliquée contre la face
(1) Real y Beyro. Contribution à l'étude de l’embryologie de l'œil. Thése, Paris 1885.
(2) Jannulatos. Recherches embryologiques sur la formation de la chambre antérieure chez les mammifères et chez l'homme, Thèse Paris, 1896.
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antérieure du éristallin. (est cette dernière portion de mésoderme, dénommée par Jannulatos lame irido-pupillare, qui donne naissance dans sa partie centrale à la membrane pupillaire et à sa périphérie à l’endothélium de la face antérieure de l'iris. La fissure mésodermique qui produit la chambre antérieure ‘el ses parois antérieure et postérieure, se forme par un glissement, un clivage des cellules. Au moment de ce clivage, les cellules qui primitivement étaient éloilées deviennent rondes, vésiculeuses, el entrent en voie de résorption. C'est sur uue coupe de Pœil dun embryon de lapin de 13 jours, qu'on peut le mieux reconnaître a nature de la membrane pupiilaire, constituée par une conche relativement épaisse de tissu mésodermique, de même origine que le parenchyine de la cornée. Ce n’est done pas seulement une très mince cuticule, une simple expansion vasculaure. Cest une véritable membrane de tissu conjonétif, dans laquelle on ne trouve que quelques cellules ovalaires éparses et de rares noyaux.
Chez l’homme, en faisant là coupe de l'œil d'un embryon de 42 jours, on ne constaté pas encore la formation de la membrane pupillure, et, si le mésoderme s’est déjà insinué entre la couche la plus externe de la cornée et le cristallin, il ne s’est pas encore séparé en deux feuillets. Cet état ne se rencontre qu'à quaire mois et demi, à ce moment lacoupe esttout-à-fait comparable à celle arte sur Pœil d'un embryon de lapin de dix-sept jours.
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Etant parvenus au stade où la membrane pupillaire a atteint son complet développement, nous allons nous occuper de son caractère le plus important, et décrire son système vasculaire.
VAscuLaARisaTION. — Le réseau vasculaire de la membrane pupillaire prend son origine dans l'artère hyaloïde. Ce vaisseau issu de larière centrale du nerf optique, traverse d’arrière en avant le corps vitré, et affronte le pôle postérieur du cristallin. Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaitre, que dans ce trajet, Partère hyaloïde n’est pas accompagnée de veines; seul Liebreich (1) dans un cas d’arière hyaloïde persistante, signale une veine enroulée comme une spire autour de l'artère. Arrivée à la face postérieure du cristallin, artère hyaloïde se divise en un grand nombre de fins ameaux, qui courent dans la tunique vasculaire, suivant un trajet radiaire jusqu'à léquaieur de la lenülle. En cet endroit, ls contourneut son bord pour gagner la face antérieure, où ils se dirigent tous vers Île centre de la membrane Bupillaire, sans cependant ‘atteindre. Cest alors qu'ils se reconrbent en décrivant des anses vasculaires dont les convexités forment une sorte de couronne polveyelique circonserivant la portion centrale de la membrane qui, elle, esttoujours dépourvue de vaisseaux, Ces anses vasculaires ont été décrites la
première fois par Cloquet, qui avait cependant méconnu
(4) Liebreich. Transactions London Path. Soc. XXIT, p. 220,
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leur origine. Mais il existe également une circulation provenant de l'iris, qui se compose de capillaires artériels en moins grand nombre que ceux fournis par l’hyaloïde, et surtout de veines. En effet des examens microscopiques ont montré à Kôlliker que les vaisseaux qui relient l’iris à la membrane pupillaire où ils s’anastomosent avec les capillaires artériels issus du système hyaloïdien, sont des veines. Il s’en suit, lartère hyaloïde dans tout son trajet n’étant pas accompagné de veines, que le sang qui a assuré la nutrition du cristallin est ramené au cœur par les veines de liris. M. le professeur Panas, dans son Traité, a fait observer que le réseau artériel qui unit la membrane pupillaire à l'iris a une grande importance ; car il permet à cette ‘membrane de dévier de son type normal, indépendamment de l'appareil vasculaire du cristallin, et inversement. Thiersch'a obtenu des injections colorées des vaisseaux de la membrane pupillaire. Ces préparations sont des plus délicates, et très difficiles à obtenir réussies; la grande difficulté étant de pousser l’injection avec une extrême lenteur pour ne pas briser l'enveloppe unique de ces fins vaisseaux, le liquide remplissant alors la chambre antérieure, et rendant tout examen impossible. Mais bien avant Thiersch, Cloquet avait annexé à son mémoire de très belles reproductions d’injections semblables, obtenues au moyen d’un vernis à l'alcool très fluide, coloré au vermillon. En outre, les collections du Musée Orfila comprennent des préparations de mem-
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branes pupillaires, exécutées par Richet, au concours du prosectorat de 1843. Les injections de Thiersch ne méritent donc nullement la mention d’uniques, qu’on leur attribue souvent, à tort. | INSERTION À L’iRIS. — (loquet avait observé qu’elle se faisait un peu en dehors du bord pupillaire, et il concluait de ses recherches que le petit cercle artériel de Piris était le reste de la zone d'insertion de la membrane pupillaire. Ce fait est admis de tous aujourd’hui, et prend une grande importance, comme nous le verrons plus bas, dans le diagnostic des filaments persistants de la membrane pupillaire. l'examen de Piris montre qu'à une petite distance de lPorifice pupillaire et concentriquement, existe un léger relief festonné, formé par des anastomoses de fins vaisseaux : c’est le petit cercle artériel de l'iris de Mascagni. Ce petit cercle est situé en dehors de la zone sphinctérienne, ce qui permet le libre jeu de la pupille dans les cas de persistance de la membrane pupillaire. Kénigstein après avoir figuré les anses vasculaires de la membrane pupillaire, écrit qu'on peut les voir sur les fœtus nés à sept mois, apres avoir dilaté la pupille au moyen d’un mydriatique. Et à ce moment le petit cercle artériel de l'iris n’existant pas, il lui semble qu'il pourrait bien être un reste des vaisseaux de la membrane pupillaire. Cest ce qu'avait affirmé Cloquet bien avant lui « … on voit chez adulte ces vaisseaux se diviser, leurs branches s’écarter et s’anastomoser de chaque côté avec
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les branches voisines, pour donner naissance à un autre cercle vasculaire plus petit, voisin de la pupille, et duquel naissent des rameaux capillaires qui vont à cetie dernière ouverture. Chez le fœtus on trouve une disposition différente. Avant la desiruction de la membrane pupillaire, le petit cercle artériel n'existe pas, et les rameaux qui naissent de la concavité du grand cerele, au lieu de se terminer vers le pourtour de la pupille, en s’anastomosant réciproquement pour le former, comme on le voit chez l'adulte; se prolongent entre les deux feuillets de la membrane pupillaire... Ils s’avancent presque vers le centre de la pupille, en représentantant des anses fléxueuses dont la concavité répond au centre de cette ouverture. Ces anses, qui sont fort nombreuses, ne s'anastomosent pas avec celles qui leur sont opposées damétralement, de sorte que le centre de la membrane pupillaire est dépourvu de vaisseaux... Chez le fœtus, le peut cercle artériel de Piris, qui se forme aux dépens des vaisseaux de la membrane pupillaire, et qu'on peut appeler pupillaire; se trouve placé sur le bord même de la pupille : souvent même, chez Penfant nouveau né, quelques-uns de ces vaisseaux S'avancent encore au delà de celte ouverture; chez Padalte, il est au contraire entièrement situé sur la face antérieure de liris à quelque distance de son ouverture centrale. On peut le vérifier expérunentalement sur l'iris de foœtus et d'adultes. Les
vaisseaux qui couvrent la face antérieure de liris n’ont
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paru plus flexueux après la rupture de la membrane pupillaire. » (1)
On voit que Cloquet faisait provenir de l'iris les anses vasculaires de la membrane pupillaire ; à Pexception de cette inexactiiude, sa description a fixé ce point d’anatomie oculaire,