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Duyse (1). La membrane pupillare persistante de cette classe a,le plus généralement, la forme d’nne bandelette opaque blanc grisätre, ou plus ou moins pigmentée, tendue au devant de la pupille, dont une partie reste cependant hbre. Cette bandelette peut être unique, ou séparée en un ou plusieurs lambeaux accessoires, qui lui donnent un aspect déchiqueté ; elle s’insère au petit cercle de lPiris par un nombre variable de racines d’aspect différent de la zône intermédiaire. En effet, tandis que celle-ci est le plus souvent grisâtre, ou peu pigmentée, les racines présentent presque loujours la même coloration que le stroma 1rien sous-jacent, ou sont même plus foncées. Ces insertions se ‘font dans la très grande majorité des cas au petit cercle de Piris, nous en avons vu les raisons en étudiant la vascularisaüon de la membrane pupillaire, et en montrant que le petit cercle n'existe pas avant la résorption de celle-ci, et représente la zone d’affrontement de ses vaisseaux avec la zône paracentrale de l'iris en voie de développement. Pour Cloquet le pelit cercle artériel représente les vaisseaux, qui se sont retirés de la membrane pupillaire.
Mais exceptionnellement, les racines d’insertion peuvent se fixer à la zône périphérique de l'iris ; cela concorde avec les idées de Jannulatos sur la /ame trido pupillaire, constituant primitivement une seule et même membrane, formant au centre la membrane pupil-
(1) Van Duyse. Contribution à l'étude des mémbranes pupillaires persistantes, Annal, d'Oculistique, T. 95, p. 12.
laire, et dans sa partie circonférencielle donnant naissance à l’endothélium de la face antérieure de Piris. Quelquefois, on trouve une adhérence à la cristalloïde ; quand la bandelette insérée à cette adhérence subsiste le diagnostic est facile ; mais dans les cas où 1l existe seulement un dépôt capsulaire {la bandelette s'étant résorbée) on peut méconnaitre son origine. Ces adhérences capsulaires sont bien plus fréquentes dans la catégorie suivante.
c. Tractus capsulo-pupillaires.— C’est, de beaucoup, la plus fréquente des formes typiques de membrane pupillaire persistante. Dans Pénumération générale nous en avons décrit les variétés principales ; ajoutons qu'on peut les rattacher à un même type. En effet la forme la plus complète de tractus capsulo-pupillaires est réalisée, lorsqu'il existe un filament allant d’un point du petit cercle artériel de liris à un autre point diaméiralement opposé, avec une adhérence médiane à la cristalloïde. Selon que l’une des insertions à l'iris ou la cristalloïde, où qu'une partie intermédiaire, manqueront ; on aura Chacun destypes que nous avons énumérés.
Les tractus capsulo-pupillaires (dénomination dûe à Stephenson) ont un aspect très variable ; d’une façon générale leurs caractères morphologiques sont analogues à ceux des bandelettes pupillaires que nous avons précédemment étudiées. Le bien moindre volume seul diffère. [ls se présentent sous forme d’un ruban aplali et très étroit à bords plus ou moins déchiquetés,
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ou encore d’un cordon membraneux, visibles à lœi nu. Mais très souvent, on n’observe qu’un fil excessivement ténu, ne tranchant pas sur le noir de la pupille ; nécessitant l'emploi de éclairage latéral et d’une forte loupe cornéenne. Nous en relatons des observations. Ces filaments S'insèrent au petit cercle artériel de l'iris, AL von Graefe, Talko, Rumchewitz ont noté des cas où ils s’inséraient plus à la périphérie, mais s'accordent à y voir une exception. Quand l'insertion se fait à la cristalloïde, c’est toujours dans la région correspondant au champ pupillaire. ettrès souvent à son sommet.
Dans ce cas si lé filament s’est résorbé et qu'il ne reste que l’opacité capsulaire, ce dépôt représente quelquefois des analogies avec ce que l’on est convenu d’appeler cataracte centrale pyramidale. Mais une forme, quil importe de bien distinguer, est celle où une mince membrane réunit l'iris à la cristalloïde et qui pourrait, au premier abord, être prise pour une synéchie postérieure consécutive à un iritis. Nous trañterons plus bas de ce diagnostic différentiel.
CONSTITUTION HISTOLOGIQUE. — L'examen histologique des filaments persistants n’a été pratiqué qu'un très petit nombre de fois, pour la raison que ne gênant pas ou très peu la vision ils ne nécessitent pas une opération, et que leur découverte, surles cadavres des amphithéâtres, est tout à fait accidentel.
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L'examen de Ponfick (1) a été pratiqué sur des filaments pupillaires persistants, excisés par Cohn ; à l’occasion d’une iridectomie : « Les filaments naissent de la face antérieure de Piris, par des espèces de procès situés à un liers de millimètre du bord pupillaire, procès se réunissant en un filement isolé. Ils sont sanpoudrés de granulations pigmentaires (amas de pigmeni sur un 3°). Les vaisseaux qui traversent les filaments proviennent des vaisseaux iriens. Les filaments ont la même structure que les procès qui leur donnent o6risine. On y trouve un lissu conjonctif à stries parallèles, légèrement ondulé aux points d’inflexion, parcouru par de nombreux capillaires qui se recourbent en anse pour suivre le chemin par lequel ils sont venus. Sur les deux faces on constate par places un revêtement épithèlial...»
Noions dans cet examen les granulations pigmentaires qui recouvrent les filaments ainsi que la nature des vaisseaux qui les parcourent. l'épaisseur de leur adventice caractéristique des vaisseaux de l’iris, d’après J. Arnold et Henle, a subi encore une hypertrophie considérable qui est la cause de leur défaut de r'ÉSOrption.
Wedl et Bock (2) ont pu examiner histologiquement des vestiges de membrane pupillaire persistante, trouvés accidentellement sur un cadavre : « Des filaments
(1) Ponfick. Centralblatt f. pr. Aug., 1881, p. 101, (2) Weld et Bock, Patholog. anat. des Auges, 1886.
pigmentés anastomosés, partent du petit cercle de Piris, pour se rendre à une membrane centrale insérée sur la eristalloïde antérieure. Les filaments correspondent à des vaisseaux collabés, dont la lumière est visible par places, et qui sont pourvus d’une gaine conjonctive épaisse, renfermant des cellules pigmentées. A leur point d'insertion sur la capsule antérieure, adhérent des cellules pigmentées, aplaties, pourvues d’un novau clair et de plusieurs prolongements ». Wedl et Bock rapportent également le défaut de résorption des vaisseaux au grand développement de leur adventice épaissie.
Le troisième examen histologique connu, de van Duyse(r1), concorde point par point à ceux de Ponfick, Wedl et Bock. Il a observé de plus que lPopacité centrale de la cristalloïde, à laquelle s’insèrent les filaments, est constituée par du tissu conjonctif à éléments très serrés, chargé de fines granulations pigmentaires. Il à également vu, que les filaments représentent des vaisseaux persistants, reconnaissables à leur adventice hypertrophiée, et à leurs noyaux endothéliaux.
En résumé, d’après ces lrois examens conformes, on voit que les résidus de la membrane pupillaire se composent de tissu conjoncuf condensé, à cellules ovalaires ou fusiformes rares, dans lequel on trouve des capillaires, à une seule enveloppe (adventice hypertrophiée),
(1) Vaa Duyse. Loc, cit. p. 18.
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qui contiennent des globules sanguins déformés et désagrégés. Tous ces éléments étant saturés de fines granulations pigmentaires.
Diacwosric. — M. le professeur Panas a très bien donné les éléments du diagnostic essentiel et différentiel de la membrane pupillaire persisiante, qui, dit-il, est chose assez délicate, difficile même, au premier abord; et ne peut se faire que par un examen approfondi. Ce diagnostic repose à la fois sur l’insertion, et l'aspect de la membrane. Nous avons vu que dans le cas de membrane pupillaire persistante, l'insertion se fait au petit cercle artériel de Piris, c’est-à-dire à une petite distance en dehors du bord pupillaire. La membrane elle-même dans ce cas présente assez souvent deux colorations, dans le trajet représenté par ses racines, siégeant au devant de l'iris elle est de même couleur que le siroma irien sousjacent ; tandis que la portion pupillaire est grisâtre, ou pigmentée en marron par de fines granulations. Si l’on insülle de latropine, la membrane n'empêche pas l'iris de se dilater, ou du moins que dans une très faible proportion.
Au contraire, dans le cas de synéchies postérieures consécutives à Piritis, qui ressemblent beaucoup aux ractus Capsulo-pupillaires, on observe tout d’abord que l’insertion se fait au bord même de la pupille. A cet endroit l’ourlet uvéen est devenu irrégulier et déchiqueté, parce qu'une partie du revêtement de pigmen-
lun nigrum disparu. Si lon emploie un mydiratique la pupille se dilate fort irrégulièrement, étant bridée par les pseudomembranes fibrineuses, devenues fibreuses et inextensibles.
D’autres anomalies congénitales coexistent fréquemment avec la membrane pupillaire persistante, ce qui est encore un élément de diagnostic : « Comme les arrêts de développement ne sont généralement pas seuls, on rencontrera souvent d’autres vices de conformation ; c’est ainsi qu'on a signalé la coexistence d’un pied-bot, d’un bec-de-lièvre, d'une encéphalocèle, où du côté de œil d'un côlobome palpébral ou choroïdien, d’une cataracte polaire congénitale, ou enfin très fréquemment d’une microphtalmie uni ou bilatérale. Or notre enfant n’est pas microphtalme, mais il est fortement hypermétrope et lPhypermétropie peut jusqu’à un certain point, être considérée comme un arrêt de développement de œil (1). »
… Fréquence. — Ici devraient prendre place des consi- . dérations pathogéniques et statistiques sur la membrane pupillaire persistante, mais il nous a paru préférable de reporter ce point important à la suite de l’étude la pigmentation de la cristalloïde, afin d'établir un parallèle entre les deux états. Nous ajouterons seulement, pour avoir dès maintenant un point de comparaison, que la
(1) Panas. Bulletin médical. 17 juillet 1887. Vices de conformation
de l'œil et de la paupière.
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persistance de la membrane pupillare est rare. Cobhn n’en reconnaissait que 5 cas avérés, de Wecker en 1867 en cite 18; en 1881 un lotal de 30 avaient été publiés, depuis une centaine d’autres s’y sont ajoutés, ce qui en regard du total des affections oculaires ne représente qu'une proportion lout à fait infime. Nous verrons au contraire que la pigmentation de la cristalloïde est d’une irès grande fréquence.