CHAPITRE Il
Littré présenta à l’Académie des Sciences en 1707, un jeune homme de vingt-deux ans ‘dont la pupille était fermée par une membrane mince, un peu opaque, qui élail attachée à toute sa circonférence. En 1728, Cheselden pratiqua sur un jeune garçon de F5 ans, aveugle depuis le jeune âge, l’excision d’une membrane pupillaire, et non labaissement de la cataracte, comine où l'avait cru. Opération mémorable, relativement surout aux sénsations graduellement développées chez l’opéré, et qui fournirent, à cette époque, des sujets de discussions métaphysiques. En 1365, Wrisberg, en praliquanut Pautopsie d'un enfant de trois ans et demi, mort de la variole; s'aperçut (Pœil ayant été préalablement injecté) que la pupille légèrement contractée était plus pâle que de coutume, mais ce n’était pas cependant l'aspect d'un œil cataracté. Outre cette pâleur, on
pouvail apercevoir quelques vaisseaux très ténus qui
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passaient d'un bord de la pupille à Pautre. I incisa ensuite la cornée, et vit l'iris à nu se continuant avec la membrane pupillaire, dont les vaisseaux étaient remplis d'injection. Cette membrane, un peu plus forte dans les endroits qui soutenatent les vaisseaux, était sous tous les autres rapports semblable à la membrane pupillaire du. fœtus. Le cristallin était parfaitement transparent.
Nous avons vu que la parte centrale de la membrane ‘pupillaire n’est jamais vascularisée, les anses qui la circonscrivent n’envoyant pas d’anasitomoses à celles diamétralement opposées, ce qui fait que cette zône dépourvue de tout vaisseau se résorbe toujours la première. Wrisberg, signalant dans le cas qu’il a observé anatomiquement quelques vaisseaux qui passaient d’un bord de la pupille à Pautre, il est possible que cette disposition pathologique ait été la cause de la persistance de la membrane.
Les trois cas certains que nous venons de rapporter demeurèérent ignorés pendant plus dun sièele et demi car nous ne les avons {trouvés mentionnés par aucun auteur récent ayant écril sur cette question, (est en général, la descripuon de Weber, en 1861 (1), que lon cite eomine la première, ayant fixé la constitution et le diagnostié de Panomalie congénitale qui nous vecupe. Avant lui, on l'avait souvent confondue avec les affecüons pathologiques de Pœil les plus diverses ; mais
(1) Weber. Graele Archiv, T. VII, 4, p. 337. Eine membraua pupillaris perseverans.
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surtout avec les synéchies postérieures consécutives à une iriuis, les pseudo-membranes provenant d’une inflammation du segment antérieur ; et quand on reconnaissait qu'il s'agissait d’un état congénital, on prenait souvent les cataractes capsulaires, dûes à une perforation intra-utérine de la cornée pour une forme de membrane pupillaire persistante.
Vers la même époque Al. von Graefe (1), Horner (2), publièrent chacun un cas. n 1867 Edansla premuière édition de son Traité, de Wecker mentionne qu'il existe dans la littérature ophtalmologique environ 18 cas publiés par les auteurs que nous venons de citer ainsi que par Cohn (3), Wharton Jones, (4), Pagenstecher et Mooren, de Wecker ajoute trois cas. Depuis, les observations sur ce sujet, sont devenues relativement plus nombreuses sans toutefois enlever à cette affection son caractère tout à fait exceptionnel.
Formes. — Le terme générique de Membrane persistante englobe plusieurs formes de cette affection, que l’on peut diviser en trois classes principales pour ses formes typiques ; car nous rangeons à part la piymenlation punctiforme de la cristalloïde que Schubert (5)
(1) AI. von Graefe. Graefe Archiv., T XI, p. 208. Ueber membrana pupillaris perseverans und polycoria.
(2) Horuer. Klinisch. Monats, f. Augenh., 1866, p. 259.
(3) Cohn. Graefe Archiv, 1867, p. 62.
(4) Wharton Jones : Treatise. p. 444, 1865.
(>) Schubert. Ueber Pigmentpunkte auf der vorderen Kapsel Klinische Monatsblatter für Augenheïlkunde, 1891.
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rattache à la persistance de la membrane pupillaire.
Dans la première catégorie, se rangeraient les cas où celte membrane persisterait dans son entier et à l’état de complet développement, fermant alors complètement la pupille et constituant l’atrésie pupillaire congénitaile. I n’en n'existe pas d'exemples certains. A cette classe se rattache également le cas remarquable rapporté par M. le professeur Panas, dans lequel il s'agissait d’un anneau membraneux complet inséré à lPiris et le doublant comme un « avant-mur » ; ainsi que celui décrit par Collins :r) sous forme d’une couronne polycycelique étroite insérée au petit cercle de l'iris.
La deuxième classe comprend les cas ou la membrane pupillaire n’est pas insérée à Piris sur tout son pourtour, mais présente l'aspect d’une bande allongée, plus ou moins large, iraversant la pupille sans la fermer complètement ; et s’insérant à deux parties diamétralement opposées du petit cercle artériel de Piris.
Les tractus capsulo-pupillaires, forment la troisième catégorie. Ce sont des filaments grisätres ou pigmentés plus ou moins volumineux, mais en général extrêmement ténus, imsérés soit au petit cercle rien, soit à la cristalloïde antérieure ; ou bien insérés à leurs deux extrémités au petit cercle de.Piris avec une adhérence médiane à la cristalloïde ; ou bien encore libres par une dé leurs extrêmités qui flotte dans l'humeur aqueuse.
(1) Collins. Royal London opht. Hospital Records, p. 195, 1558.
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a. Membrane pupillaire complète, avant-mur 1rien. — In'a pas été publié de cas où la membrane pupillaire persislait dans son entier, à l'exception de ceux rapportés par les anciens auteurs, et sur lesquels des réserves peuvent être faites, au point de vue de Pintégrité de la membrane.
Voici la relation par M. le professeur Panas du cas d’avani-mur irien qu'il a observé : &« Une disposition singulière, que nous avons observée chez une femme de 56 ans, examinée antérieurement par Dufour (de Lausanne), consistait en une sorte d'iris double du côté droit. A linspection, on apercevait au centre un plan profond constitué par la portion pupillaire de Piris, et présentant une mobilité complète. Tout autour existait un second plan, délimité par un bord nettement frangé, et dépourvu de contractilité. Nous pensons, que dans ce cas, toute la périphérie de la membrane pupillaire s’est fusionnée avec Je voile irien, qui des lors à évolué d’une façon anormale. Il serait curieux de savoir comment se comportait le feuillet uvéen. Toujours est-il que l’orilice pupillaire était pourvu de son hseré pigmentaire, et que cette malformation n'entrainat aueun trouble fonctionnel (1). »
b. Membrane pupillaire incomplète. — On se trouve en présence. dans ce cas, d’une toile membraniforme qui barre le champ pupillaire. Un cas type en est
fournr par lobservation | du mémoire de van
(1) Panas. TFrailé des maladies des yeux, Il vols., 1894,