‹ Personnalité et Discipline dans l'Organisation des ProfessionsChapitre 20 sur 77 · NÉCESSITÉ DE GARANTIR LE DROIT SYNDICAL · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE GARANTIR LE DROIT SYNDICAL

1° Le droit au travail. — Du précédent chapitre il ressort que les essais de limitation du temps de travail n’ont pas réussi à supprimer radicalement le chômage. Si l’on parvenait même à corriger le système, en profitant de toute l’expérience acquise et à réaliser la législation la plus parfaite qu’on puisse concevoir, il n’en restera pas moins une réserve irréductible de chômeurs. Il n’y à pas de raison pour que tel ou tel ouvrier soit spécialement condamné à en faire partie, en dehors de sa valeur professionnelle. Et si la théorie libérale pouvait s'appliquer intégralement, ce serait en effet le seul facteur dont dépendrait l'emploi d’un travailleur.

Mais dans l’état actuel des rapports sociaux, l’ouvrier peut posséder dans l’usine une influence nouvelle en tant que militant syndicaliste. Cette influence peut avoir des conséquences plus ou moins graves sur les conditions générales d’exploitation de l’entreprise. Et il est humain que l'employeur la prenne en considération et cherche à s’en affranchir.

On ne saurait cependant admettre que les idées philoso- phiques ou politiques de l’ouvrier auxquelles son activité syndicale est étroitement mêlée, puissent avoir pour effet de le priver de son droit de travail. |

D'autant plus que le syndicalisme est devenu pour lui une nécessité.

20 Le syndicalisme, nécessité moderne. — En effet, la concentration des capitaux à rétréci considérablement le marché de la demande, et accru le déséquilibre entre les forces économiques des contractants. Le chômage persis- tant pourrait même permettre une réduction extrême des salaires déjà les plus bas. Le contrat de travail devient dans ces conditions un contrat d'adhésion pour l’ouvrier, qui peut devenir le principal élément de concurrence. Ces considérations seront d’ailleurs reprises avec plus de détails au chapitre suivant *.

Dans ces conditions, les syndicats restent les seuls organismes capables de défendre utilement les intérêts du tra- : vail, Les excès qu’ils ont pu commettre, les incursions qu’ils se sont parfois permises dans des domaines qui n’étaient pas les leurs, ont pu justifier une certaine hostilité à leur égard, mais il faut reconnaître qu’ils sont indispensables ; on peut désirer la réglementation de leur AeUIVILe, mais non désirer sa fin.

3° Le contrôle de lembauchage. — Au système de liberté absolue, on à donc proposé de substituer un principe de réglementation assurant l'égalité de devant le droit au travail.

L'idée directrice serait la suivante :

— Au moment d’embaucher, obligation de prendre les

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