Cf. Piettre. Evolution des ententes industrielles, p
par l'entente de la soie ; en Angleterre, elle fut pratiquée méthodiquement par la « Lancashire Cotton Corporation » qui supprima la moitié des usines en ne gardant que les mieux outillées *. Il s’est trouvé, certains industriels qui ont exploité cette - situation. Ils ont monté ou menacé de monter de nouveaux ateliers ; généralement c’étaient'des clients des ententes, qui auraient été leurs propres consommateurs. Le Cette opération tout à fait légitime, quand il faut se | défendre contre des prix abusifs, à tourné dans quelques cas à un véritable chantage ; on a installé des machines ou simplement dressé des plans, pour amener l’entente à racheter ou à verser une somme importante, pour que l’on m’exéeute pas le projet. : | Heureusement, cette manœuvre est assez difficile et dangereuse à réaliser. S’il en était autrement le système de l'interdiction pure et simple serait inévitable.
39 La destruction concertée du vieux matériel. — IL faut enfin signaler la pratique qui consiste à supprimer le matériel périmé, non plus au gré de chacun et à la dernière extrémité, mais suivant un plan général préétabli.
Le problème est d’ailleurs assez complexe ; si l’on garde le vieux matériel, il ne donne pas tous les avantages du nouveau, mais par contre, étant amorti, il permet parfois de maintenir les prix très bas. Dans les transports, le fait est particulièrement caractéristique. Si une vieille machineoutil peut devenir ruineuse parce qu’il en existe qui rendent plus à main-d'œuvre égale, un vieux wagon ou un bateau démodé continuent à rendre le même service que neufs, mais
1. Cf. Jeramec. « La production industrielle », Revue d'Economie Politique, mai-juin 1935.
dls seront :moins confortables et moins sûrs. L'usager »se ‘plaintde-leur vétusté, mais:il.n’est pas disposé-àipayer-le supplément ‘qu’entraînerait run ‘renouvellement. Entre la désaffection du client pour un matériel inconfortable, et son sbstention devant les transports trop:ehers, ily aun équilibre’à.chercher qui est üne question:de pur fait.
Par'ailleurs, si l’on conserve trop'longtemps le: matériel ancien, on peut se trouver un jour dans lobligation de de remplacer entièrement'dans un ‘délai très bref entraînant ‘des difficultés de:trésorerie peut-être insurmontables. Les ‘entreprises qui prévoient ‘ce danger ne doivent pas être ‘entravées par larconcurrence de celles :qui ‘prétendent ne réformer que ce quine peut plus:rendre-aucun service.
Le cas s’est produit pour les compagnies anglaises de: mavigation lorsque, pour aider la ‘marine :marchande, fut ‘élaborétun plan quiprévoyait la destruction-de deux'tonnes de navires vieux, pour une tonne de:neufs.
« I?applieation de l’ensemble du plan à été rendue difficile par la rareté du tonnage à démolir. Peu d’armateurs
ont,pu.faire détruire leur propre tonnage (6 navires sur 97) ; les autres ont dû acheter des navires pour les démolir ou les vendre à des chantiers de démolition,; mais comme il n’y avait, jamais beaucoup de navires à vendre, ils ont dû payer plus que le prix du navire à la ferraille, et ce surprix à, luimême, augmenté dans des proportions. considérables par la suite. :
L'existence de ce surprix créa immédiatement des diffi- -cultés » 1.
Eneffet, ce furent des armateurs étrangers qui purent se défaire de leurs vieux navires à des prix inespérés, leur per-