UN PRIX RÉMUNÉRATEUR ASSURÉ L'OPPOSITION COLLECTIVE A LA BAISSE
SECTION I
Le problème théorique.
$ 1. — NÉCESSITÉ DE VALORISER LES PRIX DE VENTE 1° Les causes de baisse anormale des prix. — Parmi
les causes de baïsse des prix, les unes sont profondes et tiennent à l’excédent de l’offre par rapport à la demande, excédent qui contraint les industriels à de lourds sacrifices pour pouvoir amortir au moins partiellement leurs installations, d’autres sont plus artificielles et proviennent des estimations fausses que peuvent faire certains producteurs.
Les premières ayant déj à été analysées, elles ne sont Tappelées ici que pour mémoire. Les secondes, qui peuvent paraître moins importantes, ne sont cependant pas négligeables. ÿ
Parfois l'incapacité d’un chef d'entreprise suffit à expliquer un cours anormal. Qu’une maison importante tombe entre les mains d’un directeur qui sous-estime ses prix de revient, elle pratiquera pendant un temps plus ou moins long des cours anormaux, sur lesquels devront s’aligner ses concurrentes, dont certaines épuiseront peut-être avant elle leurs possibilités de résistance.
Mais souvent, des entreprises se font un tort réciproque en employant des méthodes de calcul de prix de revient parfaitement justiciables, mais simplement différentes. M. Detœuf à ramarquablement démontré comment deux fabricants dont chacun fait deux articles similaires à ceux de l’autre arrivent à vendre tous leurs produits à perte, uniquement parce qu’ils imputent différemment leurs frais généraux !.
Si l’on ajoute à cela les nombreux cas de concurrence déloyable, d'autant plus faciles que le consommateur apprécie plus aisément et plus vite une différence de prix qu’une différence de qualité, on comprend que bien des producteurs risquent de voir leurs prix de vente passer en dessous de leurs prix de revient, ou du moins ne pas leur laisser
de bénéfices substantiels.
20 Répercussion sur l’évolution technique. — Or, l'intérêt définitif du consommateur n’est pas de payer toujours le plus juste prix. Une industrie qui ne fait pas de bénéfices ne peut pas améliorer son outillage et reste techniquement stationnaire.
C’est en jouant sur le poste amortissements qu’elle parvient à vivre sur sa trésorerie, alors que pratiquement elle perd de l’argent. Elle se trouve un jour contrainte de prolonger l’utilisation d’un matériel périmé faute de posséder les réserves suffisantes pour le transformer.
Ainsi voit-on à la suite d’une longue crise des usines obligées de faire face à de lourdes dépenses d'entretien trop longtemps différées, et se trouvant sérieusement handicapées par rapport à la concurrence étrangère.