Paul de Rousiers
successivement tous les producteurs. La perte éventuelle de la ristourne oblige donc le bénéficiaire à réfléchir avant de changer de fournisseur, et lui permet de le faire si c’est utile.
La clientèle étant plus stable, il est plus facile de prévoir ses besoins et de développer ou de limiter en conséquence les moyens de production.
20 Difficultés de généralisation. — C’est donc en definitive une formule assez peu ambitieuse, mais saine : on peut s'étonner qu’elle n’ait pas connu plus de succès.
C’est qu’elle à le grave inconvénient d’être difficile à réaliser. On sait à quel point le contrôle des adhérents d’une entente s’est révélé délicat ; à plus forte raison, celui de leurs clients.
C’est pourquoi on s’est contenté de procédés commerciaux, tels que celui de la prime de consommation ou du timbre prime du commerce de détail.
Mais leurs effets sont nettement moins certains pour le vendeur et plus gênants pour l’acheteur. |
Celui-ci est favorisé en fonction de son importance plus que de sa fidélité ; celui-là, agissant seul, augmente le prix
de vente initial sans avoir la certitude que ses collègues
feront de même ; il est done poussé à compliquer le marché et à faire perdre le plus possible à son client le sens exact de la valeur du produit qu’il reçoit.
Il est regrettable que le système des ristournes différées ne soit pas susceptible de plus d’extension. Il constitue,
ainsi que le partage en secteurs, une mesure tout à fait comparable à l'indemnité de licenciement sur le plan ouvrier. De même que le patron qui licencierait à la légère un de ses salariés lui devrait une compensation, le client qui
abandonne une entreprise -est privé de sa ristourne. L’in-
demnité est précomptée. Quant aux solutions qui placent è | :
entre les parties un tiers organisme, elles méritent les
mêmes réserves qui furent faites au sujet des projets de
contrôle de l’embauchage. Leur valeur est fonction de la part de responsabilité dont on pourra charger l’intermédiaire ainsi créé.
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