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pas conforme aux faits. Il n'est survenu aucune conflagration extraordinaire de 1912 à 1915, et l'on pense que cet intervalle représente, d'une manière assez précise, la situation normale actuelle des pertes causées par le feu au Canada.
Total des Les cités, villes et villages incorporés, dont on a ie ge reçu des rapports, ont une population totale de les campagnes 3,982,968, et ont éprouvé une perte totale de destruction de propriété qui s'élève à 853,767,310 au cours des quatre années 1912-1915. Pendant le même intervalle, les townships et les localités rurales, d'une population de 3,773,532, ont subi une perte approximative de $31,227,327.
La perte moyenne annuelle dans les villes était donc de $13,441,827, soit $3.37 per capita,* et celle des compagnes de 87,806,841, soit $2.06 per capita. On peut donc dire, d’une manière assez approximative, que les pertes par le feu au Canada pendant les années 1912-1915 se sont élevées à $84,994,677, ce qui constitue une perte annuelle moyenne de $21,248,660, ou 82.73 par membre de la population.
En plus de cette grande destruction de propriété, il faut ajouter 789 pertes de vies et au moins 2,103 qui ont souffert de blessures graves ou d’autres accidents causés par le feu.
L'assurance La perte moyenne annuelle de $21,250,000 repréle mené P#S cente le gaspillage d'une somme d'argent, équi-
valente à l'intérêt que rapporterait un capital de $425,000,000. En d'autres mots, elle s'élève à une somme quotidienne d'environ 859,000, non compris les déboursés de vastes sommes pour les frais d'entretien des services d'incendie. Les mots ‘‘gaspillage”’ ou ‘‘perte”’ sont bien appropriés, car c'est une perte irréparable.
L'argent que déboursent en indemnité les compagnies d'assu- ‘ance ne couvre pas les pertes totales subies. Les opinions se partagent sur la proportion de la valeur des immeubles assurés; quelques assureurs disent que l'assurance couvre une valeur de 75 à 85 du total; d’autres que l'assurance ne représente que de 50 à 60 pour cent. En prenant les pertes de l’année 1914, par exemple, on voit que les compagnies d'assurance licenciées par le Dominion ont payé $15,347,284 et celles licenciées par les provinces $2,273,562 pour réclamations, soit un total de $17,620,846. Si l'on omet les assureurs non licenciés, dont on ne connaît pas
* Le chiffre donné à la page 24, 82.96, s'applique seulement à 56 cités et ne contient pas les petites municipalités urbaines.
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les chiffres, il semble que l'assurance couvrait au moins 80 pour cent de la perte totale.
Cette proportion est appuyée sur les rapports faits par les chefs des services des incendies du Canada, qui ont entrepris de recueillir de tels renseignements. D'après leur. registres, il appert que l'assurance couvrait 94 pour cent des pertes causées par le feu en 1914, dans les villes dont la population excédait 5,000 âmes. On n'a pu se procurer tous les chiffres des petits villages et des campagnes, mais les renseignements, fournis par les compagnies d'assurance et les évaluateurs, prouvent qu'au moins 60 pour cent des pertes étaient couvertes par l'assurance.
Pertes au Canada La véritable signification des pertes au Canada ep ; se révèle peut-être mieux à l’aide d'une compaautres pays raison avec les pays étrangers. En prenant les chiffres fournis par le Bureau national des assurances contre l'inendie, on voit que les pertes per capita du Canada excèdent celles de tous les autres pays. Le diagramme suivant en est une com-
paraison:
Canada $2-73 United States $ 2:26 Spain $1:86 Belsium $1-02 Russia $0:97 France $0-74 England $0-64 Norway $0:55 Italy $0-53 Japan $0:51 Sweden $0:42 Austria $0:32 Germany $0-28 Switzerland $0:13 Netherlands $0:11
AVERAGE PER CAPITA FIRE LOSS IN CANADA ENGLAND AND FOREIGN COUNTRIES, 1912-15
Une comparaison établie entre les pertes totales du Canada et celles du Royaume-Uni est encore plus significative. Les chiffres durant la période de la guerre, d'août 1914 à décembre 1916 sont les suivantes:
CANADA ROYAUME-UNI Août-décembre 1914 $ 7,605,090 $ 7,116,250 Janvier-décembre 1915 19,022,332 17,457,000 Janvier-décembre 1916 25,400,000 16,821,/50 852,027,422 $41,395,000
Fire, le journal officiel de la National Fire Brigades Union de la Grande-Bretagne, écrivait récemment ce qui suit, à propos des pertes très minimes causées par le feu au Royaume-Uni, pendant cette période:
“Les pertes moyennes causées par le feu à la propriété sont notablement inférieures à celles qui ont précédé la guerre, malgré les nouveaux dangers créés par de nouvelles industries + l'emploi de travailleurs inexpérimentés, inhabitués à manier des matériaux très inflammables. Quand on tient compte de ces faits, on constate que la Grande-Bretagne ne s'est pas seulement montrée à la hauteur de sa tâche sur les champs de bataille, mais qu’elle, a établi contre les incendies le système le plus efficace qui existe au monde.’’
Pers en La classification des chiffres des pertes, causées chaque par l'incendie en chaque province, n'a pas grande province
utilité, mais vu que l'on semble s'intéresser beaucoup aux chiffres comparatifs de cette nature, le tableau suivant en indique la situation, pendant les années 1912-1915:
TABLEAU No. 4.—NOMBRE DE FEUX ET SOMME DE PERTE DE PROPRIÉTÉ INDIQUÉE PAR PROVINCE
Nombre de
6 Valeur totale | Nombre
Province À gr de la propriété | de vies
propriétés détruite perdues
DT a D SO RO 3,694 88,082,118 87 . RTE EE EL 2,565 5,165,920 60 MÉOBS ete nrrsrmesNns ie 416 1,477,166 19 SusatChEWAR. 2er sure 583 1,498,044 28 PA a TS A ARR RE 398 960,835 12 Colombie-Britannique................. 524 1,605,394 7 Nouvelle-Ecosse...................... 242 1,339,602 8 Nouveau-Brunswick.................. 213 898,493 6 Ile du Prince-Edouard................ 47 À 2
Ganada, 1912...::.. eee 8,682 21,083,819 229
His |
TABLEAU NO. 4—Suite
=. — 4 Re — me = EE
Nombre de | 4 IN ! Nombre de | 4: jeur totale ! Nombre
Province | À + de de | de la propriété | de vies | propités | detruite | perdues 1913— | OMIS rares renrencent rentes | 3,743 | 88,179,626 79 LR D OO D RP TE | 2,914 | 5,254,760 56 PROS ur mena ir rose 457 1,461,422 | 2 DORE EEE ns ire eue | 629 1,772,675 36 AS ne AD. | 437 2:409,520 | 13 Colombie-Britannique. .............. 651 1830,741 | 21 Nouvelle-Ecosse.....,...,,......:,... | 265 1,263,889 15 Nouveau-Brunswick.................. 249 845,531 6 Ile du Prince-Edouard................ | 38 278,244 1 CR EU ee du ein | 9,383 23,305,408 | 234 OMAN necrosis cete 4,196 87,831,333 68 Te TR D ET Cr LS OR re RU 3,007 4,767,321 30 PARDON de ne an co 445 1,595,460 14 SRMRICHEMR rues mere ieldeie uen 6% | 1,652,350 43 ADO CN NO To 387 1,377,417 11 Colombie-Britannique................. | 793 | 1,732,187 6 NOUVOR CON: re renonce | 226 ! 945,531 2 Nouveau-Brunswick.................. 207 1,586,270 3 Ile du Prince-Edouard................. 53 95,249 3 | (on M Li COOP 0 10,010 21,583,118 180 1915— | OO re ere io eue 4] 3,206 $6,884,317 51 CE Re TR TE | 2,873 3,976,901 35 Mano 6 rentes tentes | 402 1,403,442 20 SAR CHONAE Sn ie aie 472 1,973,024 17 Pi re. NN RE Re 415 904,677 10 Colombie-Britannique................. 686 1,407,674 7 Nouvelle COM 15 escorte 186 986,270 2 Nouveau-Brunswick.................. | 171 | 1,393,531 3 Ile du Prince-Edouard................ | 39 | 92,496 1 Canndn, 1N5 1, trees 8,550 | $19,022,332 | 146
Le tableau qui précède indique la moyenne de la perte per capita en chaque province (la population étant basée sur le recensement du Dominion en 1911): Colombie-Britannique, $4.19; Alberta, $3.77; Saskatchewan, $3.50; Nouveau-Brunswick, $3.36; Manitoba, 83.26; Ontario, 83.07; Québec, 82.39; Nouvelle-Ecosse, 82.30 et Ile du Prince-Edouard, $1.39. Le nombre des feux signalés par 10,000 de population était de: Colombie-Britannique, 17; Ontario, 15; Québec, 14; Saskatchewan, 12; Alberta, 11; Manitoba, 9; Nouveau-Brunswick, 6; Nouvelle-Ecosse, 5, et l'Ile du Prince- Edouard, 5.
On conclut de là que nulle loi fixe ne gouverne la localisation des feux. Le montant de la perte et le nombre des feux sont entièrement indépendants de la latitude. On a souvent dit que les pertes étaient plus accentuées dans l'Ouest que dans l'Est du Canada. C'est probablement vrai, au moins jusqu'à un certain point, parce qu'en général la qualité de la construction est inférieure et les valeurs mobilières et immobilières plus élevées. Cependant les incendies ne sont pas plus fréquents dans l'Ouest qu'ailleurs, et rien ne prouve que les habitants so::t plus négligents ou plus indif. férents, comme on le prétend quelquefois,
Effet du On attribue généralement une grande partie des climat feux aux conditions climatériques. La carte No. 2 montre que cette conclusion mérite quelque considération. La courbe À, représentant la somme totale les pertes par intervalles mensuels, indique qu'en chaque année il y a deux points culminants qui reviennent à des intervalles comparativement réguliers. Ces pertes maxima périodiques prouvent indubitablement que le climat exerce une influence indiscutable sur les feux. Les premières ont lieu en janvier ou février, et les secondes en juin, juillet ou plus tard, le mois exact dépend généralement de la longueur et de la somme de chaleur de l'été et du manque de précipitation. Les notes indiquent que pendant l'été les plus grandes pertes surviennent après une période de sécheresse prolongée. Les feux par contact sont nombreux dans les petites villes, les villages et les campagnes, et il survient d'énormes pertes dans les scieries et les cours à bois. Pendant les mois d'hiver, le surchauffage et les systèmes d'éclairage sont la cause de beaucoup de feux. Une vague subite de froid extrême donne souvent naissa: . » à de nombreux commencements d'incendies, par suite du sur uffage des appareils producteurs de chaleur. Les services des ...cendies sont aussi grandement gênés en leur travail par ie maux :s état de la voirie, les hydrautes congelés et la difficulté de manier les boyaux en hiver; il s'ensuit que le feu se propage et cause de lourdes pertes.
La courbe B, de la carte No. 2, représente la perte mensuelle, non compris les feux où les dommages excèdent 810,000. Bien que les mouvements de cette ourbe soient pour ainsi dire simultanés à ceux de la courbe A, le degré de variation est moins prononcé. Il est donc évir “it que les grands incendies modifient beaucoup es pertes totales ‘ un mois à l'autre. Ces feux ont donc pour cause la chaleur de l'été et les dangers particuliers inhérents à l'occupaüon en hiver. Le nombre de feux particuliers en est la preuve et montre que les plus grandes pertes surviennent l'hiver dans les
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établissements manufacturiers et mercantiles des cités et des villes,
et l'été dans les 4, ‘étés isolées et sans protection. Bien qu'il faill: reconnaître que le climat contribue à grossir le nombre des perti< causées par le feu, on peut se demander si les | températures extrêm: mt responsables de leur fréquence au Canadu. Si les feu es défectueux de chauffage et d'éclairage sont la source l'a sat de feux qu'on le suppose, le nombre de ceux- ; ci devrait être “de b'aucoup, quand ces facteurs sont grandement éliminés d uinution devrait être sensible surtout dans les villes où Le: 161x jui éclatent ainsi sont le plus nombreux. Cependant, les fa 1: n lent pa: appuyer cette supposition. En prenant les stat: si villes de Montréal, Toronto, Hamilton : î et Vancouver, per at quel ‘‘:», le pourcentage des tocsins 3 | pour chaque m: . suit: Janvier, 8.7; février, 8.2; : Î mars, 8.2; avril, ? +; ma juin, 8.0; juillet, 9.3; août, 9.4; sep- ! tembre, 7.4; octobie, 7.8; ve bre, 8.0; décembre, 8.8. Le nombre À des tocsins n'a gère var juidant l'année, excepté en juillet et août, quand il était au maximum. On voit donc par là que le chauffage et l'éclairage ne sont pas la cause d'autant de feux qu'on est porté à le supposer, ou que les dangers spéciaux ont été contrebalancés par d'autres et par ceux de l'été.
Les statistiques d'autres pays montrent que les conditions :
climatériques ne jouent qu'un rôle insignifiant dans la fréquence des feux. En certaines parties de l'Europe, où les basses températures prédominent, et les habitations en bois et les systèmes de chauffage sont primitifs, les chiffres montrent que le nombre moyen de feux par 10,000 âmes sont les suivants: Stockholm, 7.1; Moscou, 6.0, et Christiania, 11.6. Dans les villes de Tokio, Manille et Valparaiso, où prédominent les hautes températures et les constructions inflammables, les feux par 10,000 de popuiation sont en moyenne de 2.7 et 12 respectivement. La seule conclusion que l'on puisse tirer d'une comparaison de ces statistiques avec la moyenne de 29 dans les villes canadiennes, est que des facteurs autres que la température entrent dans la situation, et que l'on ne peut rendre les conditions climatériques responsables de la majorité des feux qui éclatent au Canada.