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Pendant les années 1912-1915, les pertes s'élevant à $51,895,831 ont été causées par 2,104 incendies: les dommages de chacun se chiffrant à plus de $10,000. Des feux autres que ceux mentionnés, au nombre de 34,512, ont détruit une valeur de 833,098,846. On a signalé aussi 11,741 feux sans pertes appréciables. A ne prendre que les propriétés mercantiles et manufacturières, on trouve que 1,782 incendies ont causé des dommages évalués à $43,286,210, soit plus de 50 pour cent de la perte totale au Canada.
En continuant l'analyse, on trouve que 297 feux de maisons ont causé des dommages évalués à plus de 850,000 chacun et que les pertes en propriétés détruites ont été evaluées à 826,231,840, soit plus de 30 pour cent de la perte totale au Canada. Quatrevingt-dix-neuf de chacune de ces pertes auraient pu être évitées, et l'on doute que le dommage total de tout le nombre eût atteint plus de 5 pour cent de ceux signalés, si chaque maison avait été pourvue d'erroseurs automatiques. En se basant sur le coût moyen, on aurait pu les protéger moyennant une dépense d'environ $1,250,000. L'économie indirecte qui eût résulté pour le peuple canadien aurait excédé $25,000,000, et l'épargne directe réalisée par chaque propriétaire, par la réduction d'environ 80 pour cent des primes d'assurance, aurait payé l'installation complète dans la période des quatre années couvertes par le tableau No. 15.
Etant donné que la masse des pertes, causées par l'incendie au Canada, provient des grandes propriétés, dont le nombre est restreint, la plus simple méthode de réduire ces pertes est de prévenir les feux qui les détruisent. On ne s'attend pas à une amélioration radicale immédiate, mais des efforts communs accompliront des résultats notables. Quand les propriétaires seront persuadés que la protection con." l'incendie est une économie, on aura bientôt réduit considérablement les pertes. Il faut donc se rappeler
que plus de 60 pour cent des pertes totales sont l’œuvre de moins de 5 pour cent du total des incendies, et que plus de 30 pour cent des pertes sont le résultat de moins de 1 pour cent des feux. La réalisation de ce fait doit former la base de toute cam;agne destinée à réduire sensiblement les dommages sans perte de temps ni d'efforts.
Compilation Ce chapitre contient autant de données statisdes statistiques tiques que l’on a pu recueillir sur les pertes causées ps par l'incendie. Vu la rareté des chiffres dignes de foi et le manque d'uniformité dans les registres municipaux qui existent, il est très difficile de compiler des données d'une exactitude même approximative. On est donc sous l'impression que l'on devrait demander à chaque province d'enregistrer systématiquement les nertes causées par l'incendie, enregistrement qui serait
fait soit au bureau du Commissaire des incendies, soit ailleurs. Chaque province devrait aussi autoriser de tels fonctionnaires à coopérer avec des officiers nommés à cette fin dans les autres provinces et avec une organisation du gouvernement du Dominion, telle que par exemple la Commission de la Conservation, en
(a) Etablissant une classification uniforme des causes des feux et des propriétés qui en ont souffert:
(b) Recueillant des données complètes et uniformes sur tous:
(c) Classant et analysant de telles données, et en déterminant et publiant les meilleures méthodes de prévenir ces feux sous diverses cor ‘itions et circonstances.
La classification initiale pourrait être faite avec les données que possèdent la Commission de la Conservation, les Commissaires d'incendie provinciaux, les départements et compagnies d'assurance, classification qui serait agrandie de temps à autre suivant la nécessité. Les divers services provinciaux, de concert avec le bureau fédéral, devraient analyser et étudier les données, afin de déterminer les causes et les méthodes de prévention, pour qu'il y ait uniformité d'action dans tout le Canada.