‹ Pertes par le feu au Canada [microforme]Chapitre 65 sur 87 · GARDIENS · texte numérisé non relu

GARDIENS

Les gardiens sont reconnus indispensables comme moyens de protection contre le feu et le vol, dans toutes les manufactures et les établissements de commerce. La prudence ordinaire conseille de ne pas laisser les édifices et leur contenu sans surveillance durant les nuits du samedi et du dimanche. Un gardien intelligent est sans doute très utile pour la protection des édifices, mais il arrive parfois que les hommes chargés de ce devoir se montrent négligents. Une visite chaque heure de toutes les parties d'un édifice ou d'une manufacture devrait découvrir la plupart des commencements d'incendie. Cependant, on sait par expérience que les gardiens les manquent souvent. S'ils les découvrent, ils ne font pas ce qu'ils devraient pour les éteindre avant de lancer un appel aux pompiers. Les gardiens qui fument sont souvent la cause de feux par leur négligence avec les allumettes.

En supposant même que le gardien soit intelligent et soucieux de remplir son devoir, il ne peut pas être partout à la fois. S'il est

négligent, il peut mettre de côté ses visites de l'édifice. Afin de remédier en partie à ces défectuosités, on emploie généralement, trois méthodes pour savoir si un gardien fait son devoir: (1) le vigilographe portatif; (2) le vigilographe stationnaire, et (3) le poste d'appel central. Les deux premiers systèmes indiquent le lendemain les visites que fait le gardien aux diverses parties d'un édifice et certifient sa vigilance et sa régularité. Le système de poste central possède l'avantage de vérifier immédiatement si le gardien fait ou ne fait pas régulièrement sa ronde. Un certain nombre de boîtes, semblables à celles des avertisseurs d'incendie, sont placées à divers endroits d’un édifice, lesquelles, mises en fonction par la pression d’un bouton, enregistrent un appel au poste central. Le gardien est tenu de se rendre à ces appareils à des heures spécifiées: s'il néglige ses visites, un messager part du poste central pour se rendre compte de ce qui manque. S'il est trouvé que le gardien est en défaut, ou malade, ou victime d’un accident, le poste central le remplace par un autre homme.

Les chiffres suivants relevés des rapports d’une année de surveillance, dans la ville de Toronto, par une compagnie d'appareils de surveillance, énumèrent plusieurs manquements de gardiens: endormis, 150; oublis, 780; abandons de l'édifice, 163; occupés à autres choses, 707; malades, 77; vigilgraphes défectueux, 202: refus d'explication, 134; raisons diverses, 430; total des manquements, 2,686. Un des gardiens fut trouvé insconscient par suite d’une fuite de gaz; un autre s'était fracturé une jambe en tombant dans un puits Deux furent frappés de mort subite, un de maladie de cœur, l’autre en tombant dans un puits d'ascenseur. Les avantages d'un poste central de surveillance sont incontestables, mais coûteux, et ne peuvent être employés que dans les grandes villes. Les vigilographes portatifs et les stationnaires sont les seuls systèmes de surveillance possibles dans les établissements et manufactures de campagne.

Métier de Tous les grands établissements, situés à une grande hydrautes distance d'un service de protection public, ou à des particuliers

endroits qui en sort privés, devraient être pourvus d'un système de hydrautes. Ils devraient aussi pouvoir compter sur sur une ample provision d'eau d'une station de pompes à incendie ou d’autres sources et être pourvus d’une quantité suffisante de boyaux à incendie. Dans les cours à bois, les hydrautes devraient être distribués de façon à diriger un jet d'eau sur chaque pile de planche que le feu peut attaquer. On se montre généralement trop peu généreux en hydrautes et l’on compte trop sur ia longueur des boyaux dans les cours à bois: c'est une fausse économie. Un

tuyau de six pouces de diamètre, qui fournit 600 gallons d'eau à la minute, sous une pression de 110 livres à la station de pompes, donnera une pression de 75 livres aux hydrautes à 1,000 pieds de distance, et 60 livres de pression au bec de chacune des lances de deux boyaux de 50 pieds. La même pression aux pompes ne fournira que 190 gallons d'eau à la minute par un boyau de 1,000 pieds de longueur, et la pression au bec de lance ne sera que de 25 livres. Mille pieds de tuyau de fonte, un hydraute à deux bouches et deux boyaux de 50 pieds de longueur, y compris les pièces d'attache coûtent approximativement $1,650 et sont virtuellement inefficaces pour fournir un jet suffisamment puissant en cas d'incendie. k On protège les propriétés extérieures au moyen d'un ph ar système de projection d'eau que l'on appelle des moniteurs, par exemple dans les cours à bois, les entrepôts de marchandises et les remises à wagons. Il est très difficile de manœuvrer les boyaux à incendie en pareils endroits. Il arrive souvent qu'il est impossible de se rendre aux hydrautes, par suite du voisinage et de l'intensité de la chaleur du feu. On obvie à ces difficultés par l'installation d'un système de moniteurs qui consiste en plateformes de vingt-cinq à trente pieds de hauteur. chacune pourvue d'un moniteur avec bec dirigeable en tous sens ct capable de lancer à distance un puissant jet d’eau. La simplicité du dispositif est telle qu'un seul employé peut, en ouvrant une valve au pied du moniteur et en montant sur la plateforme, diriger un jet d’eau sur le feu, fixer la lance, et mettre ensuite en action un deuxième moniteur, en cas de nécessité. Un dispositif placé sur la plateforme permet de mettre automatiquement en fonction une pompe à incendie, si une plus forte pression est requise. Les moniteurs sont généralement installés à 90 pieds les uns des autres dans les cours à bois.

Les avantages de cette forme de protection sont les suivants: (D les moniteurs sont toujours en place et prêts à fonctionner immédiatement; (2) l'installation st virtuellement indestructible: il s'ensuit que les frais d'entretien sont pour ainsi dire négligeables: (3) un seul homme peut s'occuper d'une douzaine de moniteurs, et éviter le traînage de tout un attirail de boyaux, de fourgons à extincteurs chimiques et autres appareils sur le lieu de l'incendie: (4) ces appareils une fois mis en action, se passent de tout secours humain et continuent à verser de l'eau sur le centre même du feu.

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