Bruno Gebhardt, Die Einfûhrungy etc
plus la méthode pestulozzienne en Prusse. En outre, le gouvernement ouvrit, le 15 mars 1809, une école normale centrale a l'orphelinat de Konigsberg, sous la direction de Zeller. Mais, comme le déaixait Siivern, ce fut moins l'application mécanique que l'esprit de la méthode qui prévalut dans cette école. Il n'y eut pas besoin d'une longue expérience pour faire rejeter certaines pratiques auxquelles Pestalozzi attachait évidemment trop d'importance, telles que les exercices sur les rapports démesure et les tableaux des nombres. En revanche, on s'appliqua à conserver la partie féconde de l'idée de Pestalozzi, c'est-à-dire, suivant les termes mêmes de Zeller, « à instruire l'élève de telle manière qu'il apprît à développer graduellement et jusqu'à la perfection, d'après sa propre nature, avec une activité consciente et indépendante, chaque objet du savoir et du pouvoir, depuis les premiers éléments ».
Enfin, pendant longtemps on ne l'a pas assez remarqué *, Tun des propagateurs les plus actifs de la doctrine de Pestalozzi en Allemagne fut Herbart lui-même. Si l'on songe en effet que ce philosophe, séduit dès le début par les idées de Pestalozzi sur V intuition , qu'il commenta aussitôt *, et sur le processus naturel de l'en-* seignement, devait édifier sur cette' base ce qu'on a appelé en Allemagne la pédagogie scientifique, ce que nous appelons plus justement la science de V éducation, que Pestalozzi avait entrevue ^ et dont personne aujourd'hui ne conteste plus l'existence et l'importance, on ne saurait méconnaître que c'est là un titre de gloire qui, à lui seul, suffirait déjà pour immortaliser l'œuvre et le nom de Pestalozzi. C'est dans ce sens que peut se justi-
1. C'est le mérite de M. Theodor "Wiget d'avoir le premier appelé l'attention sur ce fait capital, dans son ouvrage intitulé : Pestalozzi und Herbart, Dresden, 1891-1892, auquel on regrette de ne pas voir une conclusion.