CHAPITRE II
NEUFIOF
I. L'Orphelinat (1771-1780). — Installation ù Ncuhof. — Nouveaux embarras. — Fondation d*un orphelinat pour les enfants pauvres. — Éducation et travail industriel. — Existence pénible de Pestalozzi. — Fermeture de l'orphelinat.
II. PÉRIODE d'activité LITTERAIRE (1780-1798). — Premiers écrits de Pestalozzi. — Léonard et Gertrude. — Importance de cet ouvrage pour la notoriété de Pestalozzi. — Il est fait citoyen français. — Relations avec Nicolovius, Klopstock, Wieland, Goethe, Herder et Jacobi. — Visite de Fichte.
Au printemps de 1771, Pestalozzialla avec sa famille s'installer dans sa nouvelle demeure , qu'il appela Neuhof.. Des hommes compétents envoyés par le banquier Schulthess pour constater sur place l'état de l'entreprise, durent reconnaître qu'elle marchait de plus en
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plus mal, par suite de Timprévoyance et de Tincapacité de Pestalozzi *. Cette foiç, Schulthess se retira définilivement de l'affaire, avec une perte de cinq mille florins.
Loin de se décourager, Pestalozzi résolut de continuer avec ses seules ressources. Accablé de dettes, il aggrava encore sa situation^Q^ adjoignant à son exploitation agricole une filatîîr? diecoton. Mais iT n'avait pas plus ce gu'il fallait pour réussir dans l'industrie que dans Tagrî culture : « Il manque d'ordre, d'hal^ileté et de patience », écrivait un de ses beaux-frères, Henri Schulthess, qui lui était venu en aide pour cette nouvelle entreprise, « et ne sait pas avancer par degrés. Il faut qu'il renonce au commerce et à la fabrication, sous peine j d'être un tourment et une honte pour lui-même et pour notre famille. 9 Lui-même disait plus tard : « La cause de l'insuccès de mon entreprise n'était pas en elle-même, elle était ^essentiellement et exclusivement en moi et dans mon incapacité absolue pour tout genre d'entreprise e^eant des qualités éminemment pratiques*. » Au bout de peu de temps, les dettes de Pestalozzi s'élevaient à la somme de quinze mille florins, et ce ne fut que grâce à la générosité de ses beaux-frères, qui renoncèrent à leur part d'héritage, qu'il échappa à la ruine complète.
Toutes ces difficultés ne l'empêchèrent pas de s'occuper lui-même de l'éducation de son (ils, Jacques, dont il tint au commenoemeirt de 1774 un journal très régulier, où nous voyons déjà en application les principes essentiels du grand rénovateur de la méthode intuixive '.
C'est aussi à cette époque qu'il conçut le projet d'organiser, par voie de souscription, une maison d'éducation pour les enfants pauvres, orphelins ou abandonnés, alors confiés en général à des paysans qui, le plus sou-