Ibid
3. Voir ce journal dans la nouvelle édition des Œuvres coni" plètes de Pestalozzi^ par Seyffarth, vol, III, pp. 224 et suiv., et l'extrait que nous en donnons plus loin, p. 139.
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vent, ne faisaient qu'exploiter leur travail^ans se soucier de leur éducation, quand ils ne les obligeaient pas à mendier sur les routes. Il se proposait donc de recueillir chez lui des enfants indigents, et tout en les faisant travailler à la filature pour leur entretien, de leur donner une éducation conforme à leur état, afin de les préparer à une vie active et utile, en les préservant de la misère et de la corruption morale. Pour lui, le vrai moyen de venir en aide à ces malheureux n*était pas de leur faire Taumône par pitié ou par commisération, « mais bien de développer et de mettre en action la force que possède chaque homme pour satisfaire ses besoins et accomplir les travaux et les devoirs que comporte sa situation * ». Aussi , dans son plan, l'éducation figurait-elle en première ligne.
A une époque où les idées philanthropiques étaient si répandues, un pareil dessein ne pouvait manquer d'attirer l'attention. Grâce au concours actif d'amis convaincus, tels que le pasteur Schinz de Zurich, Lavater, Fiissli, de quelques riches habitants de Bâleet de Berne, et surtout du philanthrope Iselin, disciple de l'économiste Quesnay et de Rousseau, dont la passion pour le bien social et l'éducation populaire devait faire un protecteur tout naturel de Pestalozzi, ce dernier reçut de tous cotés d'importantes souscriptions, et même un prêt d'argent sans intérêts. Il put ainsi ouvrir sa maison, dès la fin de 1774, à une cinquantaine d'enfants pauvres ou abandonnés, dont quelques-uns avaient été recueillis par lui-même dans la rue. L'œuvre fut placée sous la surveillance du bailli Millier de Marnen.
Pestalozzi ne négligea rien pour développer les facultés de ces petits malheureux, et tenta de faire à la fois leur éducation intellectuelle, morale et religieuse, en associant au travail manuel des exercices de lecture, d'écriture, de calcul, et des entretiens édifiants. Malheureusement, la plupart de ces enfants étaient déjà trop atteints par le vice pour pouvoir profiter de cette bien-