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« son vénérable auteur », et en apprendre non seule*| ment, les différentes parties isolée», mais encore « en saisir tout l'ensemble dans ses rapports les plus divers et ses liens les plus profonds ».
Dès que Pestalozzi eut donné sa réponse et fait connaître son avis sur le choix de ces délégués, un ordre de cabinet désigna trois jeunes gens : Preuss, Kawerau et Henning, — ce dernier se trouvait alors à Baie, — pour se rendre comme pensionnaires à Yverdon, et « y être formés pour l'enseignement dans les Etats prussiens ». Il fut alloué une pension de 350 thaiers à chaouji^
Les trois élèves-maîtres arrivèrent à Yverdon dans le courant de mai 1809; un quatrième vint en septembre, et il accourut bientôt de toutes les parties de TAUemagne une foule d'autres jeunes gens que leur patriotisme poussait vers la vocation d'éducateurs. On comprend la joie de Pestalozzi, non moins que son ardeur à répondre à ce qu'on attendait de lui, et le travail surhumain qu'il s'imposa pour satisfaire ses visiteurs. Levé dès deux heures du matin pour écrire, il exigeait le même zèle de ses collaborateurs, et surtout des maîtres qu'il était chargé de fdrmer, et à qui il imposait les mêmes charges qu'au personnel de la maison, les obligeant à fendre du bois, à allumer les feux le matin, à faire de la copie, etc., aux heures où ils n'avaient pas d'enseignement. « Il y eut des années », raconte Ramsauer, <( où aucun de nous n'était trouvé dans son lit après trois heures du matin, et où l'on travaillait été et hiver de trois à six heures. »
Un des maîtres de l'institut, Blochmann, nous dit également que les élèves se levaient à cinq heures, les maîtres à quatre et même plus tôt, et que pendant plusieurs années ces derniers étaient astreints à un service de nuit, de manière à ce que l'un d'eux fût toujours debout pour garder la maison et réveiller Pestalozzi à deux heures, et les autres suivant ses indications. Et il ajoute :
€ De six heures à sept heures, les élèves travaillaient, puis Pestalozzi faisait la prière du matin, à laquelle assistait tout
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enfant, tantôt passionné, et même parfois violent à tel point ^ qu'il lui arrivait de s'élancer dehors en jetant la porte à la ^briser; mais souvent, à la vue d'un visage d'enfant joyeux et
paisible, il revenait bientôt à lui, redevenant aimable et se
grondant lui-même d'avoir pu s'abandonner à une telle •
violence » *.
Nous ne pouvons citer tous les témoignages d*élèves' qui nous restent sur cette période importante de la vie active de Pestalozzi, et qui sont déjà connus : il nous suffira donc d'y renvoyer le lecteur *.
L'affluence énorme d'élèves envoyés à Yverdon par des parents qui ne se souciaient guère de Vidée de f éducation élémentaire, mais qui voulaient tout simplement faire instruire leurs enfants le plus rapidement possible, et d'autre part le mélange des élèves français et allemands, avaient obligé Pestalozzi à suivre une tout autre voie que celle qu'il s'était tracée. C'est alors qu'il fallut, comme il le dit lui-même, a travailler pour la montre », sans s'occuper de la méthode tant prônée.
Il faut attribuer cette contradiction à l'influence d'un des principaux maîtres de l'établissement, Niederer, qui, par son intelligence vive et perspicace, et sa culture académique, devait exercer un grand ascendant sur ^ Pestalozzi et prendre une place prépondérante dans l'institut. Chargé, outre l'instruction religieuse dans les classes supérieures, de faire des conférences sur la méthode, il collaborait aussi aux travaux littéraires du maître. Mais, s'abandonnant à ses tendances idéalistes, il suivit bientôt sa voie propre et, comme le fait remarquer Pestalozzi, « se créa à lui-même un système particulier sur l'idée de V éducation élémentaire y) , par lequel il exerça une puissante action sur l'esprit de tous les