L EDUCATION PUBLIQUE BT L EDUCATION PRIVEE
JD^ailIeurs, si la vie domestique a pour les enfants isolés, notamment au point de vue du caractère et de rinnocence, leà plus grands avantages, en revanche la vie en commun d'un grand nombre d'enfants offre, au point de vue du développement des facultés et de la vérilé de la vie, des avantages difficiles à obtenir dans le cercle étroit de la faucille, cr Ne peut-on pas combiner ces derniers avantages avec les premiers? Je sais que c'est difficile, mais je sens aussi que cette combinaison doit être le but d'un bon établissement d'éducation : c'est aussi le nôtre. Je n'ignoré pas que nous en sommes encore éloignés, mais nous nous efforçons d'y atteindre, et, malgré l'énorme difficulté, nous avons conscience de la possibilité d'y arriver. »
L'ÉCOLE. — L'école est un des meilleurs moyens qui existent, et dont l'humanité a besoin pour adoucir les conflits même de la vie domestique et reconstituer en quelque sorte parmi les hommes le sens domestique qui leur fait défaut.
A quelque* poipt de vue qu'on se place, celui qui se sent par la pensée et en réalité le frère de cent autres, est sup^ieur au frère le plus tendre d'un seul. Et si un établissement d'éducation s'élève pour développer ce sentiment, il est assuré d'une prospérité sans bornes.
Tel est le but, difficile à atteindre sans doute, mais auquel a tendu Pestàlozzi dès sa jeunesse *.
Doit-on envoyer l'enfant à l'école? — Avant de répondre à cette question, il importe de déterminer les conditions que doit remplir l'école.
Conditions que doit remplir l'école. — L'école doit maintenir l'esprit de l'éducation donnée à la maison paternelle, et ajouter au savoir et au pouvoir de l'enfant ce que les circonstances n'ont pas permis à la vie domestique de lui donner. St.'école fait-elle cela? Maintient-elle l'eûfant dans le chemin de l'innocence, de la foi et de l'amour, qu'il a suivi aux côtés de sa mère?